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ET SI ON ENVISAGEAIT UNE CONFEDERATION D’ETAT REUNISSANT LA R.D. CONGO ET LE RWANDA (Par Innocent Bugandwa, Libre penseur)

Le Rwanda est un pays économiquement et financièrement non viable. Et la situation est loin de changer. Au lieu de mener des guerres de pillage qui pourraient conduire à son anéantissement (quand les congolais en auront vraiment marre), le Rwanda ferait mieux de négocier avec la RDC pour qu’on envisage ensemble de mettre en place une confédération d’Etat, qui, à long terme pourrait aboutir à son annexion par la RDC.

Déjà, lors du tracé des frontières par la convention de Bruxelles du 11 août 1910, approuvée par la loi du 4 juin 1911, il avait été demandé aux Rwandais qui voulaient vivre définitivement en RDC de traverser avec leurs familles et tous leurs biens dans notre pays. Les ressortissants de Kasha et des localités avoisinant Bukavu seraient issues de cette vague de migration rwandaise vers la RD Congo.
Bien plus tard, si le Rwanda, malgré ses problèmes démographiques, a tenu entre 1918 et 1960 le jour de l’indépendance, c’est justement parce qu’après la défaite de l’Allemagne en 1918, et à la suite de l’accord Orts-Milner du le 30 mai 1919 signé entre la Belgique et le Royaume Uni et accepté par le Conseil suprême des Alliés et Associés le 21 août 1919, la Belgique acquiert le droit d’administrer le Ruanda-Urundi.

Dans sa tentative d’annexer et d’élargir ainsi sa colonie, la Belgique va appliquer à ces deux entités, le Rwanda et le Burundi, les lois et les politiques qu’elle appliquait à sa colonie à savoir le Congo. Elle va donc administrer les trois entités comme si elles étaient un même Etat colonial.

La RDC va ainsi aider à résoudre les nombreux problèmes démographiques, économiques et financières de ses deux voisins.
Le franc congolais est imposé aux trois pays dès 1920. Bien plus, par sa loi du 30 juin 1922, la Belgique met en place une sorte d’union douanière et financière entre les deux territoires sous mandat et le Congo, sa colonie.

En effet, les marchandises sortant et rentrant au Ruanda-Urundi via la RDC seront exemptées de droit de douane. Par ailleurs, la circulation des personnes est tout autant libre. Ce qui permet de faire bénéficier ces entités d’énormes potentialités économiques du Congo
Le Rwanda a toujours été un pays surpeuplé avec une forte densité de la population par mètre carré. Pour résoudre ce problème, les colons ont mis en place la MIB en 1937 (Mission d’Immigration des Banyarwanda) qui a transplanté des Rwandais et des Burundais à travers toute la RD Congo. Ces transplantations de Banyarwanda se sont étendues non seulement au Nord et au Sud Kivu mais aussi jusqu’au Kongo Central, dans le Tanganyika, dans le Haut Katanga, voire même dans le Grand Kasaï.

La MIB voulait ainsi résoudre le problème démographique du Ruanda, et l’insuffisance de la main d’œuvre congolaise (construction des chemins de fer, exploitation minières, construction des logements etc). Bien plus, c’est la famine qui a sévi au Rwanda qui justifiait les opérations de transplantation des années 1949 à 1953.

On peut dès lors comprendre pourquoi Mobutu a permis que les deux pays pauvres, membres de la CEPGL ne contribuent chacun qu’à hauteur de 25% alors que la RDC apportait 50% au budget de cette organisation.
Selon toute évidence, le Rwanda veut toujours plus. Apparemment, la participation du Rwanda au côté de la RDC à de nombreux regroupements économiques régionaux ne suffit pas à résoudre ses problèmes économiques. Le Rwanda craint par exemple d’être isolé par l’adhésion de la RDC à la Communauté de l’Afrique de l’Est. En effet, si la RDC contourne les frontières rwandaises et renforce ses échanges avec le Kenya en passant par la Tanzanie et l’Ouganda, les dirigeants rwandais seraient aux abois. Ils ne sauront plus répondre aux demandes de plus en plus croissantes de sa fourmillante population.

La pauvreté quasi congénitale du Rwanda persiste aujourd’hui. Et les guerres de pillage ainsi que les aides au développement ne sont que des solutions à court terme.

Déjà, la communauté dite internationale est en train de se lasser de garder ce malade incurable sous perfusion et sous oxygène depuis des décennies. Elle en a marre de toujours suppléer au budget de ce pays en y versant chaque année des centaines des millions des dollars sous la forme d’aide au développement.

Aujourd’hui, on a l’impression que cette communauté dite internationale se réjouit du fait que les pillages de la RDC peuvent aider le Rwanda à se développer au détriment de son voisin dont la gouvernance politique et économique laisse à désirer. Cela leur donne un moment de répit et permet à ce voisin belliqueux de survivre, de garder la tête hors de l’eau pendant que les Occidentaux s’occupent des ukrainiens. Elle donne l’impression d’encourager le Rwanda dans sa dynamique malfaisante contre la RDC.

En restreignant les possibilités d’accéder à un armement plus performant et en fermant les yeux depuis 25 ans aux violations graves des droits de l’homme des massacres des congolais, aux pillages de ses ressources, aux déplacements internes de population. On sait d’ailleurs que les bénéficiaires finaux des pillages des matières premières sont ces Etats occidentaux.

En RDC, cette communauté dite internationale préfère gérer les conséquences de la guerre notamment en distribuant de l’aide dite « humanitaire » aux victimes de la barbarie et des prix à quelques congolais qui les aident à se voiler la face.

Mais un jour la RDC retrouvera sa puissance économique et militaire d’antan et les pillages ne seront plus possibles. Il convient d’ores et déjà de réfléchir sur des solutions plus structurelles et qui s’attaquent aux causes. Les causes superficielles comme la prétendue protection du régime rwandais aux tutsi congolais, la prétendue présence des génocidaires dans les rangs des forces armées congolaises etc. qui servent de prétexte aux agressions ne suffisent plus. Ces alibis ne cachent plus suffisamment le besoin du régime rwandais d’utiliser les guerres pour satisfaire aux demandes de sa population.

La seule solution serait de nous convaincre de créer cette confédération d’Etat. Peut-être que dans ce cadre, la RDC pourrait envisager de trouver des solutions idoines au problème de pauvreté endémique et de surpopulation de ce pays.
La Confédération est un mode d’association d’Etat indépendants mais ils concluent entre eux un accord par lequel ils se lient afin de gérer en commun certains de leurs intérêts. Ce qui aurait pour avantage que les deux Etats peuvent travailler ensemble avec plus d’engagement sur leurs intérêts communs, en tout cas mieux qu’ils ne le font dans le cadre la coopération bilatérale, encore moins dans le cadre des organisations internationales dont ils font partie.
Dans ce cadre, les deux Etats pourraient signer des traités notamment sur les échanges économiques entre les deux pays. Ils pourraient s’entendre également sur la libre circulation des personnes entre les deux Etats. Ils pourraient envisager d’aborder ensemble les questions sécuritaires, s’il en existe encore. Ils pourraient s’accorder des facilités pour l’accès à l’emploi dans les deux Etats etc.
Cela comporte un autre avantage. La Confédération étant souvent une transition soit vers la séparation de deux Etats ou la fusion en un seul Etat, cela laisse au Rwanda la possibilité d’envisager son annexion à la République Démocratique du Congo en tant que 27e province de ce pays.

Bref, l’idée d’une confédération d’Etat pourrait aider à viabiliser, au-delà des apparences, le Rwanda dont la situation financière et économique est pour le moins exécrable et embarrassante pour le régime. Cette solution permettrait d’arrêter les guerres pour une économie aussi faible. La guerre n’apportant que des réponses non durables.

Aux gouvernants rwandais de réfléchir sur cette proposition et d’approcher les dirigeants congolais pour négocier. La RDC s’entourera des mesures de précautions pour se mettre à l’abri des atteintes à sa souveraineté et à son intégrité territoriale.
Dans tous les cas, le belge ne l’avait pas envisagée à l’époque coloniale que pour s’encombrer d’un territoire peu rentable. S’il a géré le Rwanda non pas comme une entité sous mandat ou sous tutelle mais plutôt comme une colonie, c’était pour donner à ces pays l’accès aux multiples opportunités économiques qu’offre la République.

Pourquoi pas. En tout cas, prenez le temps d’y réfléchir.

Innocent BUGANDWA ZIGABE, Libre penseur (contact: +243817115529, bugandwa@yahoo.fr )

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