Politique

RDC : un Premier ministre à l’image du changement voulu

Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), M. Tshilombo Tshisekedi Félix, a le devoir de passer au peigne fin les parcours des candidats Premier Ministre qui lui sont présentés. Certains noms symbolisent une violente répression des citoyens, d’autres représentent la violation du droit au salaire des centaines des milliers des travailleurs des entreprises publiques et d’autres encore entretiennent, jusqu’à ce jour, des réseaux internationaux organisant des fuites des capitaux de la République Démocratique du Congo (RDC) vers des paradis fiscaux.

Il revient que la visite du 17 février 2019, de l’ancien Président, le Sénateur Kabila Kabange Joseph au Président Tshisekedi, à la Cité de l’OUA, avait porté sur la désignation du Premier ministre. Certes, les deux artisans de la passation de pouvoir « de manière civilisée » et des consultations politiques observées, sont à saluer.

En effet, le mérite de l’avènement du nouveau Président de la République est la forme utilisée par les acteurs politiques, pour arriver à cette finalité : une stratégie pacifique et non violente.

Cependant, cet évènement ne peut avoir de sens, au fond, que s’il se matérialise par la nomination aux postes de Premier ministre et de membres du Gouvernement, des nouvelles personnalités disposées à élaborer des nouvelles politiques au bénéfice de la population.

Une commission de vetting, peut se servir des rapports d’organisations des droits de l’Homme, du Panama Papers, des Memos des travailleurs des entreprises publiques, notamment de la Gécamines / Société Générale de Télécommunication (SOGETEL), ainsi que de la liste des sanctions ciblées de l’Union Européenne et des Etats Unis.

Il convient de rappeler que le changement à la tête de l’Etat n’a pas été de gaieté de cœur des dirigeants de l’ancien régime. De même qu’il est de notoriété publique que la majorité fictive, qui se dessine à l’Assemblée Nationale, a été le fruit d’une machination savante du Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui l’avait préparée, en prévision de la reprise effective de tout le pouvoir, à travers le Parlement et les assemblées provinciales.

Plaise au Président de la République de surprendre agréablement l’opinion

L’état de choses actuel, tel que décrit ci-dessus, est encore toléré du fait de l’espoir nourri par la population qui attend de reprendre une vie normale, dans la paix et la sécurité. Au cas contraire, la facilitation d’un come-back des politiciens véreux, honnis, déchus et clairement rejetés par la population, ne laissera de choix aux syndicats, mouvements citoyens, ONG des droits de l’Homme et autres organisations de la société civile que de reprendre la contestation citoyenne à travers des manifestations pacifiques, dans la rue.

Plaise au Président de la République de surprendre agréablement l’opinion nationale et internationale, en désignant un Premier ministre qui reflète effectivement l’image du changement tant attendu. Une nouvelle personnalité de bonne réputation bénéficie de plus de chance de communier avec le peuple souverain, par rapport à un cacique de l’ancien temps.

Me Tshiswaka Masoka Hubert
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