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RDC-Sud Kivu : le colonel Abbas Kayonga, ex-chef anti-corruption, devant la justice militaire pour « rébellion »

L’ex-chef du service de la lutte contre la fraude minière dans le Sud-Kivu, (Est de RD Congo) région riche en or, a comparu lundi 6 novembre 2017 devant la justice militaire à Bukavu, dans l’est du pays.

Ex-chef du service de la lutte contre la fraude minière dans le Sud-Kivu, région riche en or et en coltan, le colonel Abbas Kayonga, ancien officier des Forces armées de la RDC (FARDC), sont est poursuivi avec 29 co-accusés pour « rébellion, assassinat (…), détention illégale d’armes et munitions de guerre, incitation de militaires à commettre les actes contraire à la loi », a déclaré le colonel Roger Wavara à l’ouverture du procès.

La garde de l’ancien officier s’était violemment affrontée dimanche aux forces de sécurité, faisant « six morts dont 3 militaires et 3 civils » et une dizaine des blessés, selon le parquet militaire.

  1. Kayonga a été suspendu de ses fonctions le 2 novembre pour « manquement grave », selon un arrêté de Claude Nyamugabo, le gouverneur du Sud-Kivu.

Le colonel Roger Wavara a indiqué que « dix armes lourdes, trois armes légères et plusieurs munitions » ont été trouvées dans la résidence de M. Kayonga, lors d’une perquisition.

Après les affrontements, M. Kayonga s’était rendu à la Mission de l’ONU en RDC (Monusco). Il a été remis aux autorités judiciaires militaires avec 15 de ses hommes, en présence du gouverneur du Sud-Kivu, quelques heures plus tard.

Procès Kayonga: la défense demande au tribunal militaire de se déclarer incompétent

Le tribunal militaire de garnison de Bukavu a procédé mardi 7 novembre 2017, lors du procès en flagrance ouvert lundi contre le responsable du service antifraude du Sud-Kivu Abbas Kayonga et ses complices, à la constitution et validation des parties en conflit.

Au cours de l’audience de mardi, les avocats de la défense, une dizaine,  ont notamment exigé que le tribunal militaire soit jugé incompétent, au motif qu’il y a parmi les prévenus une vingtaine de civils, la plupart des agents de la cellule antifraude au Sud-Kivu.

De son côté, le tribunal a fait appel à un expert militaire pour décrire les armes trouvées au domicile du prévenu Kayonga dimanche.

Il s’agit, selon cet expert, des lance-roquettes, des PKM 7.65 mm, des roquettes,  des fusils mitraillettes et des caisses de munitions  dont des cartouches et des caisses de cartouches blanches pour les exercices militaires.

Le général Karawa dresse le bilan des affrontements avec les hommes de Kayonga

Le général Louis second Karawa,  commissaire divisionnaire adjoint de la Police au Sud-Kivu a fait le point, quelques jours après des incidents graves qui ont semé la panique dans la partie Est de la ville de Bukavu, le dimanche 5 novembre.

Le général Louis second Karawa a dressé le bilan humain de ces affrontements :

« La ville de Bukavu a vécu une situation inédite avec l’insécurité dans le quartier Muhumba. Nous pouvons dire que tout s’est bien passé, parce qu’on pensait qu’on allait enregistrer plusieurs morts. On a enregistré du côté militaire deux morts, deux blessés graves et plusieurs blessés légers. Du côté de la population, il y a trois morts : un jeune garçon de 22 ans, une femme et un bébé. Du coté de M. Kayonga, il y a eu un morts et trois blessés graves et quelques blessés légers   », a détaillé le général Louis second Karawa.

Il a établi aussi un bilan matériel.

« Sur le plan matériel, sur l’avenue, il y avait quelques véhicules. Ils ont connu des endommagements graves parce qu’il y a avait des tirs sur cette avenue. La population a confondu la maison de l’ancien gouverneur Léonce Muderwa à la maison de M. Abbas Kayonga, parce que ils sont voisins. Ils ont dépouillé la maison.», renseigne le commissaire divisionnaire adjoint de la Police au sud-Kivu.

Abbas Kayonga, ancien coordonnateur de la cellule anti-fraude démis de ses fonctions,  aujourd’hui aux arrêts  détenait dans sa résidence un arsenal militaire notamment des armes lourdes et légères et des caisses de minutions.

Ce qui lui a permis de tenir tête toute la matinée aux éléments de FARDC venus pour l’arrêter dimanche dernier.

« On se pose des questions par rapport à la circulation d’armes légères et lourdes dans la province. C’est une province post-conflit. Il y a beaucoup d’armes en circulation. Peut-être que c’est comme ça que M. Kayonga a profité de la situation pour se procurer des armes. Un bon citoyen ne peut pas se permettre d’avoir des armes lourdes comme ça chez lui. Cela prouve qu’il avait d’autres intensions », commente le général Louis second Karawa.

 

 

BBC/AFP/RO/CR

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