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Kinshasa dénonce des « propos haineux de la part de certains lobbies étrangers »

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé lundi 19 juin 2017 des propos, « depuis quelques mois, des propos aigres-doux, voire haineux de la part de certains lobbies et de quelques acteurs étrangers ».

« En plus d’afficher ouvertement leur hostilité envers lesdites Institutions, ils n’hésitent plus le moins du monde à instrumentaliser des organisations internationales et régionales et même la Justice de certains pays pour lui coller une image de paria », a déclaré le ministre congolais de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, au cours d’un point de presse à Kinshasa..

POINT DE PRESSE DU MINISTRE DE LA COMMUNICATION ET MEDIAS

Depuis quelques mois, la RDC en général et ses Institutions en particulier sont l’objet d’une avalanche de propos aigres-doux, voire haineux de la part de certains lobbies et de quelques acteurs étrangers qui, en plus d’afficher ouvertement leur hostilité envers lesdites Institutions, n’hésitent plus le moins du monde à instrumentaliser des organisations internationales et régionales et même la Justice de certains pays pour lui coller une image de paria.

Conduits par la Belgique qui ne parvient décidément toujours pas à faire le deuil de la décolonisation des structures économiques de son ancienne colonie-phare

et qui ne cesse de se revendiquer comme le propriétaire éternel de notre pays, ces officines se distinguent dans des campagnes de dénigrement et de fragilisation systématiques de la RDC dans lesquelles elles embarquent quelques technostructures des Nations-Unies dans une tentative délibérée de les détourner de leur objectif avoué de stabiliser ce pays post-conflit.

A cela s’ajoutent depuis peu les rumeurs, les campagnes d’intoxication et des pressions de plus en plus grossières, œuvre de quelques adeptes du chaos, sinon de la disparition de la RDC au profit de leurs intérêts particuliers.

Ainsi, après les sanctions unilatérales contre plusieurs personnalités politiques et militaires congolaises, ces officines en sont venues à présent à imaginer des incriminations virtuelles répandues non seulement sur les réseaux sociaux, mais aussi dans des médias traditionnels ayant pignon sur rue pour condamner sans aucune forme de procédure des patriotes mis à l’index dans le seul but de nuire à leur réputation et aggraver de la sorte la fragilité de l’Etat congolais qu’ils servent.

La dernière rumeur en date qui a défrayé la chronique a fait état d’une interpellation purement imaginaire du Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux Alexis Thambwe Mwamba dont certains commentateurs malveillants se sont laissés aller à annoncer l’embastillement à Bruxelles alors qu’il faisait escale dans cette ville, en route pour une mission officielle à Genève en Suisse où il était attendu pour, entre autres, délivrer un message ainsi que la position officielle du Gouvernement au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU ; message se rapportant aux graves événements qui ont endeuillé la RDC en général et deux des cinq nouvelles provinces issues du grand Kasaï en particulier et qui font par ailleurs l’objet de la publication d’un Livre Blanc .

Mesdames, Messieurs de la presse,

Avant de vous livrer la substance de ce Livre Blanc qui est en train d’être présenté en ce moment même aux membres du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU par une délégation gouvernementale conduite par le Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux et comprenant notamment la Ministre des Droits Humains, j’aimerais au préalable me faire l’écho de l’indignation de notre Gouvernement et de l’incompréhension de beaucoup de patriotes de ce pays qui sont estomaqués de voir qu’il se trouve des Congolais pour applaudir et féliciter ceux qui s’acharnent à réduire l’autodétermination de leur propre peuple

et à vilipender systématiquement ceux qui sont accusés d’un seul tort : la défense de la RDC et de ses Intérêts Nationaux.

C’est l’occasion de rappeler aux uns et aux autres que le patriotisme n’est pas un complot contre quiconque ni un mécanisme destiné à exercer une quelconque vengeance pour quoi que ce soit. C’est simplement ce devoir sacré de revendiquer, défendre et protéger en permanence les Intérêts Nationaux et la souveraineté du pays dont on est le citoyen.

C’est un droit consacré par les dispositions pertinentes de la Charte des Nations-Unies qui, en ses articles 2 alinéa 1er et 4, réaffirment tour à tour le principe de l’égalité souveraine de tous les Etats-Membres et stipulent que lesdits Membres des Nations-Unies doivent s’abstenir, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations-Unies.

L’appui que des Etats-Membres peuvent volontairement apporter à un Etat-Membre dans le cadre du principe de la solidarité et de la complémentarité ne doit pas se transformer en ce cirque politico-judiciaire qui amène les premiers cités à vouloir carrément se substituer à ce dernier ou à le soumettre à leurs propres intérêts en réminiscence d’un passé impérial ou colonial révolu.

Certains chroniqueurs nous opposent des faits peu ragoûtants chez nous qui, selon eux, seraient « plus éloquents que les diplomates ». Nous savons d’expérience que quelle que soit la gravité des problèmes qui nous assaillent, aucun des diplomates étrangers qui s’agitent pour imposer ou faire imposer leurs solutions à nos problèmes ne peut aimer le Congo plus que les Congolais. Après avoir souffert le martyr de l’esclavage et du colonialisme consécutifs à l’extranéité de la gouvernance, l’Afrique est aujourd’hui en proie à un fléau beaucoup plus vicieux qui procède du chaos causé par des ingérences et des fausses solutions venues d’ailleurs.

La Lybie prospère du Colonel Kadhafi, le Mali, la Centrafrique, la Somalie, le Soudan du sud qui sont déjà tragiquement sonnés par les coups de massue de ces solutions non régaliennes et prêt-à-porter sont autant d’exemples qui devraient nous inspirer tous.

De ce qui précède, tout patriote a l’obligation de s’opposer à ce droit que s’octroie un pays européen, toujours le même, de s’ingérer de manière

ridiculement agressive dans les affaires intérieures de la RDC, en poussant l’outrecuidance jusqu’à prétendre régir à son gré le fonctionnement intime de ses institutions politiques.

Mais le plus grave est ailleurs. En effet, alors que le Congo belge a laissé la place depuis le 30 juin 1960 à un Etat indépendant et souverain, que des Congolais banalisent de tels événements et les laissent glisser sur la carapace de leurs ambitions petite-bourgeoises ou simplement de l’indifférence, cela pose un sérieux problème et soulève une profonde inquiétude quant à la survie de la Nation congolaise.

Pendant que des messes noires réunissent loin des rives du fleuve Congo des nostalgiques et des néocolonialistes autour du sort de leur pays, ces Congolais, qui se recrutent essentiellement au sein des élites sociales et politiques, s’abîment dans la quête des prébendes auprès de ceux qui ne peuvent croire ou faire croire être des acteurs plus ou moins significatifs de la scène internationale qu’en projetant une pseudo-expertise des affaires de la RDC lorsqu’ils ne sont pas englués jusqu’au cou dans des querelles politiciennes et dans une course effrénée aux postes alors qu’un danger réel pèse sur l’existence même de la terre de leurs ancêtres. Seule les préoccupe, la participation au banquet politique et aux noces d’une certaine tontine situationniste.

Mesdames, Messieurs,

Le temps est largement venu pour les Congolais de prendre la mesure de ce danger réel qui menace l’existence même de la RDC car il appert de plus en plus clairement aujourd’hui que les velléités de balkanisation de ce pays, dénoncées en son temps par Patrice-Emery Lumumba n’ont jamais cessé. Depuis 1960 en effet, malgré le changement des animateurs à la tête des institutions congolaises, les mêmes assauts s’observent de manière récurrente de la part des mêmes acteurs au-delà des générations.

Venons-en à présent au Livre Blanc du Gouvernement qui est en train d’être présenté ce jour au Conseil des Droits de l’Homme à Genève. C’est une coproduction des Ministères de l’Intérieur et Sécurité, de la Justice et Garde des Sceaux et Des Droits Humains, et est intitulé : « Éléments d’information liés au phénomène Kamuina Nsapu ».

Cette compilation qui en est à son premier tome est une synthèse des péripéties ayant conduit aux événements tragiques connus sous l’étiquette de phénomène

Kamuina Nsapu, un phénomène que d’aucuns ont voulu considérer comme une « simple manifestation politique » jusqu’au terrible drame de l’assassinat dans des conditions particulièrement atroces de deux experts des Nations-Unies dont l’un fut tout simplement décapité.

Subdivisé en neuf chapitres, ce document balaye les différents aspects de ce phénomène depuis la localisation du groupement rural Kamuina Nsapu dans le secteur de Dibataïe en territoire de Dibaya au Kasaï-Central, l’identité et la situation administrative de l’individu qui lui a donné naissance jusqu’aux remèdes politiques et institutionnels apportés par le Gouvernement lorsque les choses se sont aggravées, en passant par les causes tant endogènes qu’exogènes, sans oublier le caractère terroriste du mode opératoire ainsi que les conséquences tant humaines, économiques que socio-culturelles dudit phénomène .

Destiné à l’opinion tant nationale qu’internationale, ce Livre Blanc se donne pour objectifs, d’une part, de rétablir la vérité sur les événements dramatiques qui ont endeuillé la RDC et particulièrement les Provinces du Kasaï-Central et du Kasaï et d’autre part de rendre justice à toutes les victimes de cette barbarie sans précédent dans notre pays. Au-delà, il s’agit de réaffirmer à la fois la souveraineté de la RDC et la volonté de l’Etat congolais de poursuivre et juger tous les acteurs, quels qu’ils soient, des crimes allégués en rapport avec ce phénomène à travers des enquêtes transparentes, impartiales et crédibles conduites par les instances judiciaires congolaises avec la collaboration ou l’appui de toutes les bonnes volontés à l’intérieur du pays ou à l’étranger, y compris les Nations-Unies dont deux enquêteurs ont trouvé la mort en faisant leur travail dans cette partie du territoire national.

En clair et comme il est écrit dans le Livre Blanc, la République Démocratique du Congo apprécie l’offre de collaboration des Nations-Unies dans la lutte contre les violations graves des droits de l’homme dans les provinces du Kasaï, mais elle n’est pas disposée à accepter l’idée du déploiement sur son territoire d’une commission d’enquête internationale qui travaillerait en vase clos et parallèlement aux instances judiciaires nationales comme si elle était devenue un Etat néant.

A cet égard, seule la feuille de route que le Gouvernement a proposé depuis le 24 mai 2017 demeure la base des discussions sur la collaboration qui est hautement souhaitée avec la MONUSCO et le BCNUDH en dépit des réticences

exprimées par le Haut-Commissaire des Nations-Unies aux Droits de l’Homme, Monsieur Zeid Ra’ad Al Hussein dont on comprend maintenant le refus d’accuser réception de ces propositions qui lui avaient bel et bien été transmises.

S’agissant des actions entreprises par l’Etat congolais et ses institutions pour le règlement de ce conflit et le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans les zones perturbées de l’espace kasaïen, il importe de rappeler qu’en plus des enquêtes judiciaires en cours, le Chef de l’Etat a décidé de la mise sur pied en mars 2017 d’une zone opérationnelle militaire à Kananga. Cette initiative a permis, entre autres, de freiner l’expansion des groupes terroristes qui ont essaimé dans cette région.

Concomitamment, des négociations ont été menées par le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’intérieur et Sécurité. Elles ont conduit à des mesures politiques, administratives et sociales parmi lesquelles: la remise effective des restes du défunt Chef Kamuina Nsapu, l’initiateur du phénomène décédé lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à sa famille biologique ; la désignation et l’installation de son successeur ; la reddition d’un grand nombre de terroristes et la récupération d’armes de guerre grâce notamment à l’implication des confessions religieuses et la reconstruction des villages.

En conclusion, contrairement à ce qu’affirment de mauvaises langues habituées au ‘Congo bashing’, le Livre Blanc rendu public ce jour à Genève apporte la preuve que les autorités congolaises n’ont pas dérogé à leurs missions régaliennes d’œuvrer au rétablissement de la sécurité au Kasaï, de contribuer à la manifestation de la vérité sur ces atrocités indicibles et humainement inacceptables afin que justice soit rendue à toutes les victimes de l’entreprise terroriste qui y a été déclenchée.

Sous d’autres cieux, les velléités terroristes sont traitées avec beaucoup plus de disproportion que cela n’a été le cas dans notre pays. L’indignation à géométrie variable et la commisération de certains membres de la communauté internationale face à la barbarie du Kasaï ne doivent pas occulter les souffrances des premières victimes que sont le peuple congolais et les institutions démocratiques de la RDC. Inutile donc de chercher à terroriser l’Etat congolais et les animateurs de ses institutions en tapant du poing sur la table comme je l’ai lu dans certaines de vos livraisons en essayant de le rendre coupable d’une entreprise criminelle dont il est une des premières victimes.

Je profite de cette opportunité pour rassurer les populations du Grand Nord-Kivu inquiètes de la recrudescence des bruits de bottes. La vigilance de la population et la solidarité avec les forces de l’ordre qui ont déjà par le passé aidé à venir à bout des M23 sont indispensables pour stopper toute velléité de résurgence d’une nouvelle aventure déstabilisatrice de la part des ennemis de la paix. Que nos compatriotes soient rassurés que le Gouvernement et les FARDC seront toujours à leurs côtés jusqu’au recouvrement rapide et définitif de la paix.

Je vous remercie.

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre de la Communication et Médias

Porte-parole du Gouvernement

 

Angelo Mobateli

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