Quelques enfants fuyant les quartiers de Goma au Nord-Kivu.
La République démocratique du Congo comptait près de trois millions de personnes déplacées internes, à la date du 31 aout 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les responsables de la sous-délégation du HCR à Goma, qui ont livré cette information à la presse, ont affirmé vendredi 3 septembre 2021, que ces personnes sont les plus touchées par le mouvement forcé de populations. Ils disent avoir adopté une approche communautaire pour une réponse efficace à cette situation.
Dans le rapport partagé aux médias, le HCR indique que les deux provinces, du Nord et Sud-Kivu, à elles seules, comptent environ 2,8 millions de déplacés internes sur les 5,2 millions qu’il y a actuellement sur l’ensemble du pays. Pour le coordonnateur terrain du sous-bureau du HCR à Goma, nombreux de ces déplacés étant dans des familles d’accueil, l’approche communautaire a été jugé plus efficace.
Henri Sylvain Yakana remercie toutes les familles qui apportent les premiers secours aux déplacés, avant l’intervention des humanitaire :
« C’est ici l’opportunité de pouvoir remercier des milliers des familles d’accueil qui apportent les premiers secours à des populations qui sont affectées, sachant que plusieurs d’entre elles se sont déplacées déjà plusieurs fois. Nous avons mis en place tout ce système de monitoring de protection qui nous permet d’évaluer les besoins et de pouvoir apporter les premières réponses, mais aussi, en collaboration avec toute la communauté humanitaire, nous essayons un peu de renforcer l’appui au près des communautés d’accueil, surtout dans le domaine des abris pour qu’ils puissent mieux prendre en charge les familles qu’ils hébergent ».
Le HCR exécute en plusieurs projets au Nord-Kivu, notamment celui de la coexistence pacifique à Beni et Masisi, deux territoires les plus touchés par les violences armées.
Ce projet consiste entre autres en une promotion de l’agriculture communautaire pour les personnes déplacées et la population hôte.
PATRICE ÉMERY LUMUMBA (30 juin 1960): « NOUS AVONS CONNU DES EXILÉS DANS LEUR PROPRE PATRIE »
« Nous avons connu le travail harassant exigé en échange de salaires qui ne nous permettaient ni de manger à notre faim, ni de nous vêtir ou de nous loger décemment, ni d’élever nos enfants comme des êtres chers. Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. Nous avons connu les souffrances atroces des relégués pour opinions politiques ou croyances religieuses : exilés dans leur propre patrie, leur sort était vraiment pire que la mort même. Nous avons connu qu’il y avait dans les villes des maisons magnifiques pour les Blancs et des paillotes croulantes pour les Noirs; qu’un Noir n’était admis ni dans les cinémas, ni dans les restaurants, ni dans les magasins dits européens; qu’un Noir voyageait à même la coque des péniches au pied du Blanc dans sa cabine de luxe ».
Avec RO/CR