Le ministre de l’Economie, Jean-Marie Kalumba Yuma, lors d’une séance de travail sur la pénurie du carburant. Kinshasa, le 19/01/2022.
Le gouvernement va annoncer, dans 48 heures, une nouvelle structure des prix pour faire face à la pénurie du carburant et juguler la hausse du prix du carburant à la pompe dans les zones Sud et Est de la RDC. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Économie, Jean-Marie Kalumba Yuma, à l’issue d’une séance de travail avec son collègue des Hydrocarbures Didier Budimbu, mercredi 19 janvier 2022.
« Nous demandons aux pétroliers d’être calmes, parce que le gouvernement s’est engagé à stabiliser leur secteur et dans 48 h on aura une nouvelle structure des prix et chacun va relancer ses activités », a annoncé Jean-Marie Kalumba.
Il a fait remarquer que le problème de stock et de manque à gagner est à la base de cette pénurie. Néanmoins, le gouvernement a engagé le dialogue avec les opérateurs économiques du secteur.
« Ce sont des problèmes que l’on va régler. Dans 48h on va trouver une solution. Hier nous avons eu une réunion avec des opérateurs économiques de secteur pétrolier. Nous sommes en train de réajuster des structures du prix. Le problème que nous avons est celui du stock. Au Katanga, il n’y a pas de stock et c’est tout à fait justifié. Le problème de stock est lié à l’augmentation du prix moyen frontière. Nous avons aussi le problème de la paie des pertes et manque à gagner. Nous sommes en train de travailler là-dessus. D’ici là on va payer les pertes et manques à gagner », a promis Jean-Marie Kalumba.
Les parties Est et Sud du pays font face à la pénurie et à la hausse des prix de carburant. De longues files d’attente se font devant les stations pour trouver l’or noir. Cette pénurie a un impact sur le transport en commun et d’autres activités économiques qui dépendent du carburant.
La hausse du prix de carburant impacte le transport en commun à Goma
Un litre d’essence, qui se vendait à 2 150 francs congolais (1,075 USD) il y a une semaine à Goma (Nord-Kivu), s’est négocié, mardi 18 janvier 2022, à 2 300 francs (1.15 USD) ; alors que celui du gasoil est passé de 2 170 à 2 400 francs congolais (1.2 USD). Des conséquences économiques néfastes se font voir de plus en plus sur le vécu quotidien de la population locale.
Une hausse du prix de carburant s’observe depuis environ une semaine dans toutes les stations-services ainsi que chez les revendeurs à la sauvette communément appelés « Kadhafi ».
Cette situation est consécutive aux fluctuations des prix du baril au niveau de l’approvisionnement de carburant et la situation est mondiale, affirment les pétroliers de Goma.
La hausse du prix du carburant impacte déjà sur le prix du transport urbain, comme le témoigne cet habitant rencontré par les reporters de Radio Okapi au niveau du Ciné Metro :
« Le coût de transport est très élevé ; nous ne savons pas pourquoi… Dans le bus ici à BDGL jusqu’au Terminus, c’est 1000 francs congolais. Avant, c’était 500 francs seulement, c’est doublé. Même ici au Terminus jusqu’à Ndosho, c’est 1000 francs congolais. Avant nous payions seulement 500 francs. »
L’un des opérateurs économiques du secteur pétrolier, qui a requis l’anonymat, justifie cette hausse du prix par la fluctuation tarifaire sur les lieux d’approvisionnement.
Selon lui, aussi longtemps que la RDC ne se dotera pas de réserves stratégiques en hydrocarbures, à l’instar d’autres pays voisins, « cet état des choses perdurera toujours. »
Depuis quelques semaines, les usagers éprouvent des difficultés à se ravitailler en produits pétroliers dans certaines provinces de la RDC ; notamment à Kinshasa, au Maniema et dans le Haut-Katanga.
Crise de carburant à Lubumbashi : les pétroliers continuent la rétention de stock en entendant les pourparlers avec le gouvernement.
Les automobilistes de Lubumbashi sont inquiets face à la persistance de la vente à compte-goutte de carburant dans les stations-service du chef-lieu de la province du Haut-katanga. Interrogés vendredi 14 janvier 2022 par le reporter de Radio Okapi, certains ont affirmé que de grandes stations-services ont fermé leurs portes peu avant 16 heures locales, les obligeant à s’approvisionner auprès des revendeurs communément appelés Kadaffi.
Cette situation s’observe depuis la semaine dernière. Devant plusieurs stations-service, les files des véhicules s’allongent. Les automobilistes qui attendent d’être servis en vain deviennent impatients et anxieux.
Plusieurs d’entre eux sont obligés de s’approvisionner chez les Kadaffi qui revendent un litre d’essence à 3000 francs congolais (1.5 USD) voire plus, alors que dans les stations-services, les automobilistes l’auraient eu à 2100 francs congolais (1.1USD).
A la suite de cette pénurie de carburant, les chauffeurs des taxis et taxis bus ont revu à la hausse le prix de la course qui est passé du simple au double.
Les pétroliers disent attendre toujours la publication, par le gouvernement, de la nouvelle structure des prix; ce qui les éviterait à travailler à perte. Ces derniers estiment que les prix des produits pétroliers devraient être revu à la hausse dans cette région, à cause des difficultés que connait ce secteur.
Faisant suite à la demande d’audience formulée par la fédération des entreprises du Congo groupement du Haut-Katanga auprès du premier ministre pour parler des difficultés du secteur pétrolier dans la zone sud, le ministre de l’économie nationale a convoqué pour mardi 18 janvier une réunion avec le banc pétrolier. Un seul point est inscrit à l’ordre du jour à savoir, la révision de la structure des prix des produits pétroliers dans les trois zones d’approvisionnement.
En attendant les retombées de cette réunion du mardi prochain, la situation sur le terrain risque de s’aggraver. Car, selon certaines sources, plusieurs pétroliers font de la rétention des stocks. Ils ne veulent pas écouler tous leurs produits au prix de 2100 francs congolais (1.1 USD) le litre, sachant que dans quelques jours les prix pourraient changer.
Avec RO