Politique

RDC-Meeting de l’opposition : démonstration de l’unité, front contre la « machine à voter »

Sept leaders de l’opposition congolaise se sont adressés à un public très nombreux venu les écouter le samedi 29 septembre 2018 sur le Boulevard triomphal à Kinshasa (RD Congo). Le bal a été ouvert par Martin Fayulu qui sera suivi de Vital Kamerhe, Freddy Matungulu, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Moïse Katumbi et enfin Félix Tshisekedi.

Si tous les sept ont rejeté et la machine à voter et le  surplus de dix millions d’électeurs dans le fichier électoral, chaque orateur avait néanmoins une touche personnelle.

Martin Fayulu : « Le peuple congolais a soif d’alternance » 

Pour Martin fayulu, « le peuple a soif d’alternance », et le jusqu’au-boutisme de Corneille de Nangaa pourrait lui coûter cher. « Appauvri, sans soins médicaux, sans eau courante… le peuple congolais a soif d’alternance. La machine à voter, les électeurs fictifs sont un mauvais signal pour le processus électoral actuel.

Vital Kamerhe : « Un programme commun » 

Pour Vital Kamerhe, l’opposition devra avoir un programme commun, un candidat commun. Mais, il a insisté sur la nécessité de cultiver l’amour, la sincérité, la générosité, l’amour du peuple. Comme à ses habitudes, il a terminé en lançant des messages dans les quatre langues nationales.

JP Bemba : « Les dix millions d’électeurs fictifs, des fantômes » 

Jean-Pierre Bemba a préféré parler d’abord en français étant donné que plusieurs partenaires de la RD Congo étaient à l’écoute. Il a dénoncé le régime finissant qui, après 17 ans de règne n’a semé que désolation.

Il a affirmé que l’opposition sera unie derrière un candidat commun pour un programme commun avec des objectifs communs.

Il a rappelé son entretien le 1er août 2018 avec Corneille Nangaa de la CENI, entretien durant lequel il avait fait la démonstration que dans les meilleurs des cas, la « Machine à voter » ne pouvait permettre qu’à moins de deux cents personnes de voter en une journée, alors que chaque bureau comptera au moins 600 électeurs.

Corneille Nangaa avait promis d’organiser une concertation entre le clan Kabila et l’opposition. Deux mois après, rien n’a été fait. Jean-Pierre Bemba martèlera : la « Machine à voter » n’est pas fiable.

Quant aux dix millions d’électeurs fictifs, il dira : « ce sont des fantômes. ». Des fantômes devraient-ils choisir pour nous le Président de la République ?

Il a enfin demandé au peuple d’être prêt pour répondre aux différents appels de l’opposition pour des manifestations pacifiques afin de faire pression pour que les élections soient crédibles.

  1. Matungulu : « Profiter de tout apport extérieur dans le processus électoral »

Freddy Matungulu a commencé par rendre hommage à feu  Etienne Tshisekedi et à l’UDPS qu’il a appelé non pas la fille aînée des partis de l’opposition  , mais la mère des partis de l’opposition. Il a alors planché sur le rôle de la Communauté Internationale. Il a critiqué le clan Kabila qui prétend avoir l’argent pour organiser seul les élections. « S’ils ont l’ argent, pourquoi n’arrangent-ils pas l’avenue de l’Université qui est dans un état piteux ? »

Pour Freddy Matungulu, il est du droit de la RD Congo de profiter de tout apport extérieur dans le processus électoral, parce que la RD Congo fait elle aussi partie de cette communauté internationale.

A.Muzito : « Gagner la présidentielle et la majorité dans les parlements »

Adolphe Muzito a parlé de la Constitution actuelle qui n’autorise pas le Président à s’immiscer dans la politique gouvernementale qui doit être dirigée par le Premier Ministre. Il a dénoncé en passant le fait qu’il y avait un « gouvernement parallèle » du temps où il était          aux affaires. Il a insisté sur le fait que l’opposition devra non seulement gagner la présidentielle, mais avoir aussi la majorité dans les différents parlements.

Moïse Katumbi : «Il faut bloquer les ennemis du peuple ».

De New York où il se trouve, Moïse Katumbi est intervenu par vidéo-conférence comme l’a fait avant lui Jean-Pierre Bemba.

Le Président d’Ensemble a parlé des « bahuta » (ceux qui viennent d’ailleurs), qui veulent s’appuyer sur le vol via les « machines à voter » pour pérenniser leur présence à la tête du pays. Pour cela, le peuple et ses leaders doivent être unis. Et en cas de résistance, la Constitution a prévu l’article 64. «Il faut bloquer ces ennemis du peuple ».

Il a félicité d’une façon toute particulière les Kinois qui, grâce à leur résistance en 2015, en 2016, en 2017 ont pu affaiblir le clan Kabila.

  1. Tshisekedi : « Le peuple souverain doit se mobiliser »

Le dernier à prendre la parole était Félix Tshisekedi qui a planché sur un point principal : l’unité, l’unité de l’opposition, l’unité du peuple souverain.

Il a demandé aux membres des différents partis politiques de l’opposition de mettre fin aux attaques respectives… Surtout dans les réseaux sociaux. « Si vous voulez critiquer, critiquez-nous alors tous ! »

« Nous avons tous un même destin » dira le leader de l’UDPS.  Félix Tshisekedi a montré comment dans ses actions maléfiques  le clan Kabila a logé tout le peuple congolais à la énième enseigne :

Pas de courant électrique pour tout le peuple,

Pas d’écoles viables pour les tous les enfants congolais,

Pas des routes carrossables à travers tout le pays,

Privation à tout le monde de la liberté de manifester.

Et le peuple souverain doit se mobiliser d’aujourd’hui 29 septembre 2018 au 23 décembre 2018.

En tant que leaders, en ce 29 septembre, ils viennent de prendre un engagement : Ne pas trahir le peuple sous peine de sanction.

Lorsqu’il sera question de choisir le candidat commun, Félix Tshisekedi a demandé aux militants des différents partis de ne pas être les fossoyeurs de l’initiative en entêtant leurs leaders respectifs pour que ça soit le leur  ou rien.« Notre victoire passe par un mot : l’unité ».

Il était 17h37 quand les communications des leaders de l’opposition congolaise ont pris fin.

 

Cheik FITA/CR

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