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RDC- Massacres au Kasaï : 9 militaires condamnés à des peines allant de 12 mois à la perpétuité

Des peines allant de 12 mois à la prison à perpétuité ont été prononcées jeudi 6 juillet  2017 par le tribunal militaire de garnison de Mbuji-Mayi contre les neuf militaires poursuivis dans l’affaire du massacre de Mwanza-Lomba, au Kasaï oriental (centre de RDC), dont la vidéo avait fait le buzz sur le net au mois de février dernier.

Sur sept prévenus déférés devant la cour, six ont été condamnés à des peines de prison, à savoir 20 ans de servitude pénale pour les deux majors et 15 ans pour un capitaine, un lieutenant et un adjudant. Un autre militaire a été condamné à 12 mois de prison tandis que le dernier a été acquitté. Les deux militaires en fuite ont été condamnés par défaut à la prison à perpétuité.

Ce procès avait fait suite à la diffusion d’une vidéo dans laquelle on voyait des militaires tirer sur des miliciens présumés, pour la plupart désarmés, dans le village de Mwanza Lomba, dans le Kasaï-Oriental.

Au départ, à l’ouverture du procès le lundi 05 mai, les prévenus étaient poursuivis pour les infractions de crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, par traitements cruels inhumains et dégradants, refus de dénonciation d’une infraction relevant des juridictions militaires.

Mais le 24 juin, le tribunal va abandonner les infractions de « crimes de guerre » pour ne les poursuivre désormais que pour « meurtre, dissipation de munitions et outrage ».

C’est en mars dernier que l’Auditorat général avait engagé des poursuites contre ces militaires, un mois après la diffusion de la vidéo mettant en scène les hommes en tenue des FARDC tuant à bout portant des civils identifiés à des miliciens Kamwina Nsapu.

La communauté internationale inquiète

Le Kasaï, région du centre de la République démocratique du Congo, est secoué par des violences et exactions qui ont fait plusieurs milliers de morts depuis septembre, après la mort d’un chef traditionnel défiant le pouvoir de Kinshasa.

Ces violences, qui impliquent des miliciens, soldats et policiers, mettent à mal un pouvoir central fragilisé par une crise politique liée au maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre, rapporte l’AFP.

– Chef coutumier tué par l’armée –

En novembre 2011, Jean-Pierre Mpandi est désigné Kamwina Nsapu ou chef coutumier des Bajila Kasanga, un clan de la tribu Lulua dans le Kasaï central. Faute d’être confirmé dans ce titre par le gouverneur, il décide de ne plus reconnaître les autorités provinciales ni nationales.

En août 2016, il est tué lors d’une opération militaire. La non restitution de sa dépouille déclenche un conflit entre son clan et les forces de sécurité dans la région du Grand Kasaï.

– Neuf mois de violences –

Les Kamwina Nsapu, qui arborent un bandeau rouge autour de la tête ou du bras, s’affrontent avec la police et l’armée dans quatre provinces du centre de la RDC (Kasaï-central, Kasaï, Kasaï-oriental et Lomami), semant la terreur parmi la population: décapitations, viols, mutilations, exécutions de femmes et d’enfants…

Les insurgés s’attaquent d’abord aux symboles de l’Etat, puis aux institutions scolaires et religieuses. L’ONU accuse les rebelles Kamwina Nsapu d’enrôler des enfants soldats et de commettre des atrocités, tout en dénonçant l’usage disproportionné de la force par l’armée congolaise, face à des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres.

L’ONU pointe aussi la responsabilité de Kinshasa dans les violences, accusant les autorités locales d’avoir organisé et armé une milice, coupable d' »attaques horribles » contre des civils.

– 3.000 morts, 1,3 million de déplacés –

Depuis octobre 2016, 3.383 personnes ont été tuées selon la Nonciature apostolique en RDC. Elle recense 30 fosses communes tandis que l’ONU en dénombre 42. Le nombre des déplacés s’élève 1,3 million de personnes depuis août 2016, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). Parmi eux, plus de 600.000 enfants, d’après l’Unicef.

Avant même le déclenchement des violences, les provinces du Kasaï étaient parmi les plus pauvres de la RDC, malgré leur richesse diamantifère.

– Tensions entre Kinshasa et communauté internationale –

Le conflit au Kasaï suscite depuis plusieurs mois l’inquiétude de la communauté internationale, dans un climat tendu avec Kinshasa qui refuse toute enquête internationale, réclamée par l’ONU comme par les ONG.

Deux experts envoyés par l’ONU pour enquêter sur les massacres ont été tués, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaida Catalan. Enlevés le 12 mars, leurs corps ont été retrouvés seize jours plus tard dans une fosse commune. Le procès de leurs assassins présumés -un élève de 16 ans, un vendeur d’huile de palme et deux autres- s’est ouvert le 5 juin mais l’ONU soupçonne les autorités d’avoir enquêté un peu trop vite.

Le 20 mai, le quotidien américain New York Times a révélé que Zaida Catalan détenait l’enregistrement d’un député en conversation téléphonique avec un des présumés auteurs des massacres dans la région.

Fin mai, l’UE a infligé des sanctions à huit responsables de l’appareil sécuritaire en RDC, dont trois ministres ou anciens ministres, et un ex-chef rebelle, pour de « graves violations des droits de l’Homme ».v

Fin mai, l’UE a infligé des sanctions à huit responsables de l’appareil sécuritaire en RDC, dont trois ministres ou anciens ministres, et un ex-chef rebelle, pour de « graves violations des droits de l’Homme ».

APA/CR

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