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RDC: les “10 fléaux” tels que répertoriés le 30 décembre 1974 par le Bureau politique du MPR (Texte intégral)

Le Bureau Politique s’est réuni à bord du « M/S KAMANYOLA », sous la présidence du Guide de la Révolution zaïroise authentique, du samedi 28 au lundi 30 décembre 1974.

            Le Président-Fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution vient de rentrer d’un long périple qui l’a conduit en République Démocratique et Populaire de Corée et en République Populaire de Chine. Lors des réunions du Bureau Politique et du Conseil Exécutif des 25 et 27 décembre 1974, il a fait à ses collaborateurs du Bureau Politique et du Conseil Exécutif un compte-rendu exhaustif et impressionnant sur cet important voyage d’étude. Les Commissaires Politiques ont estimé qu’il était capital d’approfondir les enseignements à tirer du compte-rendu du Guide. Ils ont procédé à une autocritique radicale et sont arrivés à la conclusion que les options fondamentales sur le plan politique, économique, social et culturel contenues dans le Manifeste de la N’sele et confirmées par la dernière révision constitutionnelle, sont parfaites. Sur le plan de l’application, il demeure, cependant, quelques insuffisances.

            Pour allier maintenant la théorie à la pratique, à la veille du 10ème anniversaire de notre Révolution, le Bureau Politique, conscient de son rôle de concevoir, d’inspirer, d’orienter et de décider, a arrêté les mesures suivantes :

PREAMBULE

  • Considérant que politiquement, le Mouvement Populaire de la Révolution n’a aucun complexe tant sur le plan de son idéologie que sur celui de son organisation ;
  • Considérant en effet, que le MOBUTISME, qui plonge ses racines dans l’authenticité zaïroise, ne ressemble pas aux autres types d’idéologies fondées sur la lutte des classes ou sur la loi de la jungle ;
  • Considérant que le Mouvement Populaire de la Révolution n’est pas, à l’instar des autres partis politiques, un parti qui divise, mais un mouvement qui rassemble tous les Zaïrois ;
  • Considérant que si sur le plan des principes, le Mouvement Populaire de la Révolution est resté logique avec lui-même, il n’en est pas ainsi de la concrétisation de ses options fondamentales ;
  • Considérant qu’en conséquence, il y a lieu d’opérer un changement radical de notre système pour mieux appliquer ces options fondamentales dans l’intérêt supérieur du peuple zaïrois ;

De ce qui précède, le Bureau Politique a relevé les 10 fléaux qui rongent notre système.

  1. LIBERTE OU LICENCE

Dans le système que nous avons hérité, liberté se confond avec licence. Liberté pour ce système c’est :

  • dire et écrire n’importe quoi ;
  • manquer de respect à l’endroit des autorités ;
  • réaliser et diffuser des films et revues phonographiques ;
  • assister impuissant aux assassinats et aux attentats en abolissant la peine de mort ;
  • tolérer des croyances qui jettent la confusion dans l’ esprit ;
  • autoriser, sous le couvert d’une certaine démocratie, la création de plusieurs partis politiques, sources de division, d’anarchie et de désordre ;
  • se droguer etc.

Le Zaïre ne saurait appliquer, dans un pareil système, les principes du Mobutisme que lorsque les militantes et militants du Mouvement Populaire de la Révolution :

  1. s’imposent librement une discipline rigoureuse ;
  2. proclament, et c’est heureusement le cas, leur fidélité et leur obéissance inconditionnelles au Guide ; c’est pourquoi, le Bureau Politique a décidé que désormais, tous les lieux qui ont marqué la vie de notre Guide depuis sa naissance sont déclarés lieux de recueillement ;
  3. suppriment dans leur comportement tout ce qui avilit l’homme.
  • 2. LA CRISE AGRICOLE

Le déficit en produits alimentaires que nous connaissons résulte de la déconsidération du métier de paysan, Or, le Zaïre, pays avant tout à vocation agricole, doit mettre fin aux importations qui, quoique utiles, demeurent néanmoins onéreuses pour ses ressources en devises indispensables à son équipement.

En conséquence et en vue de réhabiliter le paysan et de revaloriser son métier, le Bureau Politique a décidé de créer des brigades et coopératives agricoles, de programmer la production, de diversifier et de commercialiser les produits agricoles.

C’est pourquoi, le Bureau Politique charge le Conseil Exécutif :

  1. de renforcer les mesures de productions déjà prises pour mettre fin au déficit des produits agricoles de base, comme le maïs, le riz, le manioc, le sucre, la viande et le poisson ;
  2. de revoir les structures d’encadrement de la population rurale en créant des coopératives de production et de commercialisation des produits agricoles ;
  3. d’améliorer en toute priorité l’infrastructure routière et de transport de manière à faciliter la commercialisation des produits agricoles, actuellement facteur limitant de production ;
  4. de faire en sorte que les grands centres urbains ne demeurent pas éternellement consommateurs, mais participent aussi activement à l’effort de production par la création des zones autour de ces centres ;
  5. de créer des industries de production d’engrais et de développer les centres de recherches et de multiplication du matériel de production végétale et animale ;
  6. de créer une émulation en évaluant périodiquement l’effort agricole par produit des zones, sous-régions et régions ;
  7. d’instituer un système de compensation par la création d’une caisse de stabilisation appelée à assurer un prix stable au producteur ;
  8. d’encourager le développement du « Fonds Agricole » créé par le Conseil Exécutif en vue de faciliter les investissements dans le secteur agricole, de même que la création d’une Banque Agricole appelée à soutenir les actions des paysans ;
  9. de supprimer les taxes à l’importation des inputs agricoles, en vue d’encourager la modernisation du secteur agricole ;
  10. de faire en sorte que le couronnement de toutes ces actions soit le règne d’abondance et aussi de voir le Zaïre figurer parmi les pays disposant des réserves alimentaires.
  • 3.CHOMAGE

Actuellement, sur le plan de l’emploi, notre système fondé sur la loi de l’offre et de la demande est à la base du chômage. Or, le Zaïre, déterminé à sortir du sous-équipement, dispose pourtant, d’une part, d’énormes potentialités et d’autre part, d’un important capital humain. Il est donc inconcevable qu’il n’exploite pas au maximum ces possibilités.

En conséquence, le Bureau Politique à décidé de :

  1. planifier le marché de l’emploi ;
  2. recenser les sans-emploi en commençant d’abord par les grands centres urbains ensuite les localités et enfin les collectivités ;
  3. dispenser une formation adéquate à ceux qui ne possèdent pas la qualification requise.
  • 4.INFLATION

L’inflation est inhérente au libéralisme économique qui est basé sur le principe de la rareté. Etant donné que la distribution du produit du travail de tous est liée au prix, et partant à la demande solvable, il s’ensuit que seuls les besoins d’une infirme minorité se trouvent satisfaits. Dès lors, c’est l’injustice sociale qui s’érige en système.

Le Zaïre, par un accident de l’histoire, a hérité d’un système qui est en contradiction avec sa philosophie de l’authenticité fondée sur l’humanisme communautaire ;

En conséquence, le Bureau Politique a décidé :

  1. d’orienter la production et la consommation en fonction de l’intérêt général ;
  2. de promouvoir l’industrie lourde en vue de juguler les origines de l’inflation.
  • 5. SOCIETE DE CONSOMMATION

La société de consommation ne se préoccupe pas du bien-être du peuple, mais de l’enrichissement de quelques individus.

Au Zaïre, il faut combattre l’idée de gaspillage et d’importation de biens qui ne servent pas à notre développement.

En conséquence, le Bureau Politique décide de renforcer désormais le contrôle des importations.

  • 6.EDUCATION ET JEUNESSE
  1. EDUCATION 

Le système actuel de notre enseignement ne correspond pas à notre authenticité, et ne plonge pas ses racines dans notre humanisme communautaire.

Il faut concevoir un autre système d’enseignement propre à développer nos potentialités et totalement orienté vers le développement. Désormais, l’école sera dans l’authenticité zaïroise, une école de l’initiation traditionnelle, une école pour la vie, une école adaptée à nos réalités.

En conséquence, le Bureau Politique a décidé :

  • d’édifier une nouvelle structure ;
  • de lui donner un nouveau contenu par des méthodes et des manuels adéquats ;
  • de revaloriser la fonction enseignante.

Dans l’esprit des décisions qui précèdent, le Bureau Politique a arrêté les mesures immédiates suivantes :

  1. à la fin de l’année scolaire en cours, tout finaliste de l’enseignement secondaire est requis eu service civique obligatoire d’un an.

Ce service portera sur :

  • Les travaux agricoles ;
  • La formation militaire ;
  • et l’éducation politique.

En conséquence, la première année d’études dans les campus comme dans les instituts supérieurs ne fonctionnera pas en 1975-1976. Les professeurs zaïrois de cette année seront pris en charge par le Mouvement Populaire de la Révolution.

Après l’année de service civique obligatoire, l’admission du candidat à l’Université (campus et instituts supérieurs), sera orientée et appréciée par les chefs de son unité. Cette appréciation porte sur le sens de travail et de discipline du candidat, sur son sens social et sur le degré de son engagement au Mouvement Populaire de la Révolution et aux enseignements du Guide.

  • Tous les étudiants zaïrois du secondaire et du primaire à l’étranger regagnent le pays à la fin de l’année scolaire en cours.
  • Tous les enfants zaïrois inscrits dans les écoles consulaires les abandonnent obligatoirement à la fin de la présente année scolaire.
  • Les facultés de théologie (catholique, protestante ou kimbanguiste) sont supprimées au sein de l’UNAZA à la fin de l’année académique en cours.
  • Le Bureau Politique confirme que le cours de religion dans toutes les écoles zaïroises du pays est supprimé. Il est remplacé par celui d’éducation civique et politique.
  • A le fin de l’année scolaire en cours, le Mouvement Populaire de la Révolution prend en charge toutes les écoles gardiennes et maternelles existantes.
  • Les réseaux d’enseignement disparaissent. Dès lors les bureaux d’enseignement catholique, protestant, kimbanguiste et libre cessent d’exister.
  • JEUNESSE

La jeunesse est victime du système qui la maintient dans l’irresponsabilité, le désœuvrement et la délinquance. Or, une jeunesse bien organisée, responsable et productive, c’est l’avenir garanti.

C’est pourquoi, le Bureau Politique a décidé :

  1. de renforcer et d’intensifier le programme d’éducation politique et idéologique de la jeunesse dans la fidélité inconditionnelle au Guide ;
  2. d’assurer la participation de la jeunesse au vaste programme de construction économique et sociale fixé par le Président-Fondateur ;
  3. d’intensifier les activités de vigilance de la jeunesse dans la lutte contre toutes les séquelles de l’aliénation mentale ;
  4. de réunir le mouvement pionnier et de renforcer l’action des étudiants dans la J.M.P.R.

Face à l’ampleur de ce vaste programme assigné à la J.M.P.R. et en vue d’assurer à celle-ci les meilleures conditions de travail, le Bureau Politique a arrêté les mesures suivantes : 

  1. la séparation entre la Jeunesse et les Sports. Désormais, la Jeunesse quitte le domaine de l’exécutif pour relever directement du Président-Fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution ;
  2. la J.M.P.R. est dirigée par un Commissaire Politique qui porte le titre de Secrétaire Général ;
  3. le 14 octobre, journée anniversaire du Président-Fondateur, est proclamé « Journée de la Jeunesse ».
  4. les cadres de la J.M.P.R. à tous les niveaux suivront une session spéciale à l’Institut MAKANDA KABOBI en vue de mieux affronter la nouvelle étape.
  • 7. UNE ARME COUTEUSE

Au Zaïre, l’Armée, malgré les progrès réalisés, se trouve encore enfermée dans le système qui la rend plus consommatrice que productrice. A présent qu’elle est intégrée au sein du Mouvement Populaire de la Révolution, l’Armée doit contribuer davantage aux taches de production.

En conséquence, le Bureau Politique à décidé une nouvelle orientation à trois objectifs :

  1. Le programme agricole ;
  2. L’éducation politique ;
  3. L’instruction militaire.
  • 8. INJUSTICE SOCIALE

Au Zaïre, les efforts du Mouvement Populaire de la Révolution n’ont pas résolu jusqu’ici, le problème de l’injustice sociale.

Or, l’injustice sociale est contraire à notre authenticité.

            Tout en voulant remédier à cette situation, le Mouvement Populaire de la Révolution n’entend pas supprimer la propriété privée, l’artisanat, la petite exploitation agricole ou industrielle et le commerce de détail.

            Le Mouvement Populaire de la Révolution veut plutôt combattre l’appropriation privée des richesses nationales et de grands moyens de production ; car, ceux-ci confèrent aux propriétaires de puissants moyens de pression qui les avantagent au détriment du peuple.

            En conséquence, le Bureau Politique a décidé que l’Etat doit intervenir dans les secteurs essentiels de l’économie nationale.

            A partir du 1er janvier 1975, l’Etat reprend, sous son contrôle :

  1. toutes les entreprises de constructions ;
  2. toutes les grandes unités de production ;
  3. toutes les grandes unités de distributions ;
  4. toutes les entreprises de production des matériaux de construction ;
  5. tes grandes entreprises des transports en commun.

Les banques étrangères installées au Zaïre ne sont plus autorisées à ouvrir des guichets en dehors de Kinshasa.

Par ailleurs, pour encourager les investissements étrangers au Zaïre, le Bureau Politique, en application de l’ordonnance-loi portant code des investissements et respectant la parole donnée par le Président-Fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution, a décidé que les entreprises étrangères jouissant de ces avantages ne sont pas concernées.

  • 9. PROBLEMES SOCIAUX

Les mesures prises jusqu’à présent pour résoudre les problèmes sociaux sont restées incomplètes. Or, au Zaïre, l’homme étant au centre de la Révolution, le Mouvement Populaire de la Révolution doit améliorer le bien-être du Zaïrois.

            Dans le domaine social, le Bureau Politique constatant les efforts que la Citoyenne Présidente Mama MOBUTU SESE SEKO déploie, aux cotés du Citoyen Président-Fondateur du Mouvement Populaire de la Révolution, a décidé de supprimer le Département des Affaires Sociales du Conseil Exécutif et de confier l’ensemble des œuvres sociales de la République à la Citoyenne Présidente Mama MOBUTU SESE SEKO.

10. L’INDIVIDUALISME ET L’EGOISME

Contrairement à nos traditions ancestrales, le Zaïrois est devenu individualiste et égoïste. Dans le cadre du recours à l’authenticité, le Zaïrois doit se réconcilier avec lui-même, conformément à son ethnique humaniste.

En conséquence, le Bureau Politique a décidé d’institutionnaliser la solidarité et l’entraide communautaire.

Pour rendre cette mesure effective, dans cette phase de la radicalisation de notre Révolution et prêchant par l’exemple, les Commissaires Politiques abandonnent au profit de la zaïrianisation et celles qu’ils possédaient auparavant en propre. Dorénavant, ils ne peuvent se livrer qu’aux activités agricoles.

Compte tenu de ce qui précède, le Bureau Politique a décidé que tous les cadres du Mouvement Populaire de la Révolution abandonnent également au profit de l’Etat les affaires acquises par l’effet de la zaïrianisation et se consacrent désormais aux activités agricoles.

                                                                 Fait à Kinshasa, le 30/12/1974.

                                         LE PRESIDENT-FONDATEUR DU M.P.R.

                                                     PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE.

Par Eugène Ngimbi Mabedo  (L’INTERMÉDIAIRE)

angelo Mobateli

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