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RDC: le parquet autorisé à enquêter sur le rôle d’un élu dans les violences au Kasaï

Le bureau de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a autorisé le parquet à enquêter sur l’implication d’un député du Kasaï soupçonné d’être l’un des instigateurs des violences meurtrières dans cette région du centre du pays, a-t-on appris mardi 26 juin 2017  de source judiciaire.

 

« L’Assemblée nationale vient d’accéder à notre demande (d’enquêter sur un élu, ndlr). La nature des faits et la gravité des indices entourant le député national Clément Kanku justifient l’exercice de l’action publique », a déclaré à la télévision publique le procureur général de la République Flory Kabange Numbi, sans préciser si l’élu de l’opposition avait perdu son immunité parlementaire.

 

Faisant référence aux violences qui ont fait plus de 3.000 morts au Kasaï, selon l’Eglise catholique, et 1,3 million de déplacés en moins d’un an, M. Kabange a expliqué qu' »il s’agit d’une démarche en vue d’identifier avec précision les donneurs d’ordre, les commanditaires afin qu’ils subissent la rigueur de la loi ».

 

« Le Parquet général de la République s’active à rechercher les éventuels tireurs de ficelles dans cette grave et sinistre affaire », a-t-il dit.

 

Depuis septembre 2016, les quatre provinces du Kasai sont secouées par des violences impliquant miliciens anti-gouvernementaux, soldats et policiers, après la mort du chef traditionnel Kamwina Nsapu qui défiait le pouvoir de Kinshasa,

 

Le député Kanku risque d’être inculpé pour « participation à un mouvement insurrectionnel », avait prévenu M. Kabange il y a plus d’un mois.

 

L’élu est mis en cause dans l’enregistrement d’une conversation téléphonique partagé depuis janvier sur les réseaux sociaux dans lequel un présumé membre des milices Kamwina Nsapu lui rendait compte des actes de violences commises par les rebelles à Tshimbulu, dans le Kasaï-central, notamment l’assassinat d’un colonel et de ses gardes.

 

Deux experts de l’ONU, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaida Catalan, missionnés au Kasaï par le secrétaire général des Nations unies pour enquêter sur ces violences, y ont été enlevés et assassinés en mars.

 

Le 27 mai, le quotidien américain New York Times avait révélé que Zaida Catalan détenait l’enregistrement sonore de M. Kanku en conversation téléphonique avec l’un des présumés auteurs de massacres au Kasaï.

 

  1. Kanku a été ministre du gouvernement congolais du 20 décembre 2016 – jour de la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila – au 9 mai 2017, dans le cadre d’un accord politique signé en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition. Il n’a pas été reconduit dans un nouveau gouvernement formé après le 9 mai.

 

L’ONU appelle à « réduire la militarisation » du Kasaï

 

Un conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU a exhorté samedi 24 juin 2017 à Kinshasa les autorités congolaises à « réduire la militarisation » du Kasaï et favoriser le dialogue pour mettre fin aux violences meurtrières entre l’armée congolaise et une rébellion depuis septembre.

 

« Il est urgent de réduire aujourd’hui la militarisation de la réponse gouvernementale et de privilégier la voix du dialogue avec toutes les parties au conflit », a déclaré Adama Dieng, Conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU en charge de la prévention du génocide lors d’une conférence de presse.

 

« Il n’y a pas de génocide dans le Kasaï. Il y a aujourd’hui une violence qu’il faut terminer, faire cesser, et le plus rapidement possible », a-t-il ajouté au terme de sa visite de six jours en RDC.

 

« Il n’y a pas de solution militaire » mais il faut « progresser vers le règlement non-violent du conflit », a-t-il ajouté, alors que l’armée y mène « des opérations militaires d’envergure » contre des miliciens.

 

Pour prévenir de nouvelles atrocités dans le Kasaï, M. Dieng a appelé la justice militaire congolaise à « accroitre significativement ses efforts » pour poursuivre « avec la plus grande fermeté » et de manière « crédible et systématique » les responsables des crimes commis par les miliciens et par les forces de sécurité.

 

Il a exhorté la justice militaire à solliciter « d’urgence » l’expertise internationale là où cela est « nécessaire ».

 

Depuis septembre, quatre provinces du centre de la RDC sont secouées par des violences qui impliquent des miliciens, soldats et policiers, après la mort d’un chef traditionnel qui défiait le pouvoir de Kinshasa.

 

Ces atrocités ont causé la morts de plus de 3.000 personnes, selon l’Église catholique, et fait 1,3 million de déplacés. Deux experts onusiens, missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur ces violences, y ont été assassinés en mars.

 

L’ONU accuse les rebelles Kamwina Nsapu d’enrôler des enfants-soldats et d’avoir commis des atrocités, tout en dénonçant l’usage disproportionné et indiscriminé de la force par l’armée congolaise « ainsi que la mobilisation et l’armement des milices supplétives » par les autorités.

 

Jusque-là deux procès sont ouverts. Quatre des seize présumés assassins des experts de l’ONU, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan, comparaissent devant le tribunal militaire de Kananga, capitale du Kasaï-central.

 

A Mbuji-Mayi, capitale du Kasaï-oriental voisin, sept militaires congolais sont jugés pour une vidéo supposée avoir été tournée dans le village de Mwanza Lomba, montrant ce qui parait être un massacre de civils armés de bâtons par des militaires.

 

Vendredi, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé d’envoyer d’un groupe d' »experts internationaux » chargés d’enquêter sur les violences du Kasaï.

 

AFP/CR

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