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RDC: le défi de la mutualisation des forces dans les Grands Lacs

Les pays de la région des Grands Lacs : RDC, Ouganda, Rwanda et Burundi peuvent-ils mutualiser leurs forces pour combattre les groupes armés ? Le souhait exprimé par les chefs d’État semble rencontrer d’énormes obstacles dans la pratique. Deux d’entre eux sont la crise de confiance et les accusations réciproques de déstabilisation.

La région des Grands Lacs est toujours confrontée à l’instabilité liée aux activités des groupes armés dont la rébellion des ADF est devenue le groupe le plus violent.

Depuis novembre 2021, des troupes ougandaises sont déployées dans au moins deux provinces orientales de la République démocratique du Congo (RDC). Elles ont reçu le feu vert de Kinshasa pour combattre la rébellion des Forces démocratiques alliées (ADF), une rébellion ougandaise qui donne du fil à retordre à l’armée congolaise et qui s’est établie depuis de nombreuses années en RDC.

>>> Lire aussi : Quelle capacité de nuisance des FDLR basées en RDC ?

Les ADF étaient responsables en novembre 2021 d’une série d’attaques meurtrières à Kampala en Ouganda.

Des intérêts divergeants

Des soldats ougandais et congolais qui coopèrent contre un même ennemi : illustration concrète d’un souhait souvent exprimé entre Etats voisins. Mais cela bloque sur des rivalités mais aussi la méfiance des parties. Bien sûr, l’histoire conflictuelle de la région des Grands Lacs explique dans quelle mesure les intérêts des pays peuvent être divergeants.

Une mutualisation des ressources sécuritaires contre les groupes armés est-elle vraiment possible entre la RDC, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi ?

Fréjus Quenum en discute avec ses invités :

– Mwayila Tshiyembe, professeur de Sciences politiques, Doyen de la faculté de droit de l’Université de Kisangani, Directeur de l’Institut panafricain de Géopolitique et du centre de géopolitique de l’Université de Nancy
– Laurent Nkongoli, avocat de profession, ancien ambassadeur du Rwanda près le Canada et Cuba, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, ancien membre de la Commission nationale des droits de l’homme du Rwanda
– et Frederick Golooba Mutebi, politologue ougandais, chercheur spécialiste de la région des Grands Lacs.

Est de la RDC: « mutualisation » des forces ougandaises et congolaises au programme

Est de la RDC: « mutualisation » des forces ougandaises et congolaises au programme

Les ministres congolais et ougandais de la Défense se sont retrouvés mercredi 9 décembre 2921 à Bunia, en Ituri, pour évoquer la « mutualisation » et l’ “harmonisation” des opérations lancées le 30 novembre 2021 dans l’est de la RDC contre les rebelles ADF, a appris sur place un correspondant de l’AFP. « Nous sommes ici en frères », a déclaré à la presse le ministre ougandais, Vincent Bamulangaki. « Vous savez, a-t-il ajouté, nous faisons face au même ennemi » et « on ne peut pas rester sans rien faire quand vos frères ont des problèmes ». « Nous sommes ici pour renforcer la coopération », a-t-il précisé.

Les deux ministres de la Défense sont à Bunia pour « harmoniser les opérations militaires, dans le cadre de la mutualisation des forces », a confirmé le porte-parole de l’armée dans la région, le lieutenant Jules Ngongo. Un point de presse est prévu jeudi matin.

Le 30 novembre, l’aviation et l’artillerie ougandaises ont pilonné des zones en Ituri et au Nord-Kivu, provinces congolaises frontalières de l’Ouganda, où avaient été repérées des bases des ADF (Forces démocratiques alliées), un groupe accusé par Kampala d’être responsable de récents attentats sur son sol revendiqués par l’organisation jihadiste État islamique.

Ces rebelles ougandais sont implantés depuis 1995 dans l’est de la République démocratique du Congo, où ils ont fait souche. Ils sont considérés comme le plus meurtrier des groupes armés sévissant dans la région, responsable du massacre de milliers de civils.

Après les frappes, des troupes ougandaises au sol sont entrées en RDC par le poste frontière de Nobili (Nord-Kivu) et ont installé une base avancée à une dizaine de km de là, afin de continuer les opérations de ratissage des bivouacs rebelles bombardés. Les routes sont en mauvais état et des travaux de terrassement sont en cours afin de permettre le passage d’engins lourds.

« Nous sommes ici dans une opération conjointe avec les amis de l’UPDF » (l’armée ougandaise), a déclaré devant quelques journalistes à Kamango, non loin de Nobili, le capitaine Antony Mualushayi, porte-parole de l’armée congolaise (FARDC) dans la région de Beni.

« Nous avons échangé avec les autorités de l’armée ougandaise, évalué ensemble les difficultés et nous avons vu qu’il y avait un problème de route », a-t-il constaté. « Nos génies militaires FARDC et UPDF sont à l’oeuvre au moment où je vous parle. Dans plus ou moins 48 heures la route sera praticable », a assuré le capitaine.

Avec DV/La Libre Afrique/AFP

angelo Mobateli

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