Politique

RDC-Gouvernement : bouclé à 95%, qui dit mieux ?

Après  » bientôt « ,  » dans quelques jours « , voici  » bouclé à… 95%  » ! La très longue attente du Gouvernement n’a pas fini d’inspirer décideurs et négociateurs politiques. Au point d’être investi du talent de mathématicien ! Les négociations en vue de la formation de l’équipe gouvernementale sont bouclées à 95 %.

Que faut-il comprendre par cette formule ? Son auteur n’a pas voulu ou -pu ?-ou -su ?- en dire davantage. Les cracks en maths diraient qu’il ne l’a pas définie en extension. Ce qui ouvre la voie à toutes les supputations.

Dans les cénacles politiques kinois non associés au dossier et plus généralement au sein de l’opinion, on n’en finit plus de se perdre en conjectures sur le sens de ce pourcentage. Trivialement, 95% signifie en l’occurrence, que le gros du travail est fait. Tout est prêt à quelques détails près.

Dans cet entendement logique, pas besoin d’être prophète, visionnaire ni même gourou pour parier sur l’imminence du Gouvernement Ilunkamba. Sans être astronome, ni posséder une boule de cristal, certains Congolais voient le premier Cabinet de l’ère FATSHI pour la semaine prochaine ! Et le dîner  » fuité »-opportunément ?- a mis de l’eau dans la bouche à plus d’un. Il a fait saliver ceux qui rongent leurs freins depuis des mois.

Le hic, c’est qu’il y a un précédent en matière de pourcentage. Lors des pourparlers du Centre interdiocésain de novembre-décembre 2016, « nos Pères Evêques » avaient parlé de … 95% du travail accompli. Décidément.

Sur le moment, la ville et le pays se sont mis à rêver d’un vaste compromis historique. Et à imaginer Kabilistes, Tshisekedistes, Katumbistes…enfin réconciliés. Espoir déçu. Car les 5 % restants se sont avérés le nœud du problème.

L’Accord de la Saint Sylvestre a connu des fortunes diverses dans son application. Depuis, les prélats catholiques ont appris à tourner 7 fois 77 fois leur langue avant d’annoncer la fumée blanche lorsqu’il s’agit de politique zaïro-congolaise.

Mutatis mutandis, les 95% -version 2019 – pourraient être de même nature que le taux brandi autrefois par les porte-étendards de la CENCO. Ici comme ailleurs, le diable est souvent dans les non-dits et surtout dans les détails.

Allez, trêve de scepticisme. Vivement le Gouvernement !

FCC-CACH : le peuple attend

Le 18 juillet 2019, il n’était pas sûr que la recrudescence de scènes de ménage politiciennes intéresse la majorité silencieuse. Les interrogations étaient les suivantes.

Pas besoin d’un sondage pour relever que ces bisbilles qui vont crescendo sont aux antipodes de vraies attentes du plus grand nombre. Ce peuple que les acteurs politiques évoquent matin, midi et soir de manière désincarnée.

Sevrés de dividende démocratique depuis des lustres, le voilà à nouveau pris en otage par des épreuves de force entre vainqueurs des élections de décembre 2018, des postures tactiques y afférentes, des courses à l’échalote dans la perspective de la redistribution des cartes… Bref, des querelles politiciennes qui reposent, essentiellement, sur la quête des équations paroissiales. Chacun prêchant pour sa chapelle à l’aune de ses intérêts.

La séquence interminable de « Je t’aime et moi non plus » entre le FCC et le CACH procède de ce nombrilisme bien de chez nous. Sans trop forcer les traits, chaque camp voulant se tailler la part du lion au détriment de l’autre. Et même le « festina lente » -hâte-toi lentement- dans la formation ou la non formation -c’est selon- fait partie de la gamme.

L’instrumentalisation à très large spectre du feuilleton « Bahati » a le mérite de renseigner sur ce combat à fleuret moucheté -du moins jusqu’ici- que se livrent les tenants -nouveaux et anciens- du pouvoir post-élections quasi générales de décembre 2018. Le leader de l’AFDC devenant du coup un des variables d’ajustement dans le maintien ou le rééquilibrage du rapport des forces entre le FCC et le CACH. Des manœuvres d’appareil manifestement à mille lieues de l’intérêt général, façon Jean-Jacques Rousseau.

Côté FCC, on donne l’impression d’avoir oublié ou presque que la sanction électorale était due au fait que le peuple n’a pas trouvé son compte dans une gouvernance basée davantage sur le confort des animateurs des institutions que sur la lutte contre la pauvreté.

Dans la galaxie CACH, la quête d’affirmation -que l’on peut comprendre -semble devenir obsessionnelle. Avec comme conséquence, cet enlisement voulu …tactique dans le statu quo qui, au fond, ne profitera à personne du point de vue des défis à relever. Surtout pour le « peuple d’abord ».

 

 

Par José NAWEJ

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