Nation

RDC-Convocation du dialogue : le Collectif d’actions de la société civile (CASC) saisit officiellement le Président de la République

Par Oscar BISIMWA

Par une correspondance adressée au président de la République et réceptionnée par ses services le 13 août dernier, le Collectif d’actions de la société civile, une plate-forme de la société civile Congolaise regroupant les Organisations formelles de la Société Civile et des Mouvements Citoyens, soumet officiellement à Félix Tshisekedi, sa proposition de convoquer un dialogue national inclusif au fins de trouver un consensus autour des questions majeures de l’heure.

Le CASC rappelle en luminaire que « la République Démocratique du Congo, à l’instar de toutes les nations du monde a connu de graves crises dans presque tous les domaines, le maintien de ses frontières, héritées de la colonisation, a démenti tous les pronostics qui n’envisageaient pas sa survie comme Nation, la volonté de ses populations à consolider le vouloir vivre ensemble au-delà des clivages tribaux exacerbés par les forces internes et externes a su tant bien que mal à démontrer ses capacités de résilience ».

À en croire le CASC, la Conférence Nationale Souveraine qui est, indéniablement, la plus grande assise organisée dans ce pays tant par la qualité des acteurs ayant pris part  et des résolutions qui en sont sorties et par la diversité et la représentativité des participants. Les pertinentes résolutions de ces assises auraient pu permettre un nouveau décollage du pays après des décennies de dictature mais fort malheureusement les pesanteurs politiques, encore une fois, des acteurs principaux de l’époque ont pris le dessus sur l’intérêt général, ruinant par ce fait l’immense espoir qu’a suscité la convocation de ces assises. Le pays ne s’en est jamais remis et ce qui était à craindre, finit par arriver, avec les rébellions.

« A la veille de la fin du deuxième et dernier mandat du Président Joseph KABILA, le pays était confronté à des crises incessantes, principalement dues aux soupçons de glissement ou de la volonté de se maintenir au pouvoir au mépris du délai constitutionnel. Cela a fini par provoquer des vagues de contestations sur toute l’étendue de la république. Il s’en suivra une série des pourparlers, d’abord les concertations nationales, ensuite le dialogue de la cité de l’OUA  et enfin celui du centre interdiocésain qui accouchera des accords de la saint sylvestre et qui mettra en place des mécanismes de gestion de l’après mandat en vue de la tenue des élections dans un climat apaisé, favorisant ainsi un retour à l’ordre constitutionnel ».

Aujourd’hui, plus que jamais, l’enjeu national reste la bonne tenue des scrutins de 2023, les manifestations connues ces derniers jours , en sont la preuve. Ces reformes réclamées dans un climat socio-économique précaire avec la dépréciation de la devise locale face aux devises étrangères, amplifiée par la pandémie de la Covid-19 qui pourrait entrainer une crise économique aux conséquences incalculables , sont à prendre dans leur globalité et non d’une manière isolée, la difficulté à pouvoir dégager une osmose républicaine  entre les forces politiques de la coalition est un indice susceptible à permettre le recours aux voies extra institutionnelles qui impliquent toutes les forces vives de la Nation afin de repenser sur la voie commune à suivre. Les signes avant-coureurs d’une crise qui se pointe à l’horizon et en témoignent la complexité.

Après avoir brossé ce tableau de l’histoire récente du pays et de sa situation actuelle confuse, Collectif d’Actions de la Société Civile, CASC en sigle demande au président de la République de convoquer un Dialogue National et Inclusif, pour :

  • Apaiser la situation politique actuelle tendue entre les alliés au sein de la coalition ;
  • Procéder aux réformes les plus consensuelles possibles qui permettront la tenue des bonnes élections en 2023 ;
  • Construire des bases solides à l’effet de mettre en place les fondements de la Nation d’une manière consensuelle ;
  • Définir une vision commune de développement de la République.

Le CASC se dit disposé à échanger avec le garant du bon fonctionnement des institutions autour de la faisabilité de ces assises, car, dit-il, « l’enjeu est de taille, l’avenir du Congo doit être dicté par ses fils et filles en transcendant nos clivages tribaux, politiques et confessionnels pour réfléchir sur notre avenir commun ».

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer