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RDC: au moins 35 morts tués par des miliciens CODECO dans l’attaque d’une mine d’or en Ituri

Le dernier massacre d'envergure attribué aux miliciens Codeco a fait 62 morts dans l'attaque d'un camp des déplacés en février.
Le dernier massacre d’envergure attribué aux miliciens CODECO a fait 62 morts dans l’attaque d’un camp des déplacés en février 2022.
  • Au moins 35 personnes ont été tuées par des miliciens de Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) dans l’attaque d’une mine d’or artisanale, deux jours après la commémoration de l’an 1 (6 mai 2022) de l’état de siège en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

“Les Codeco ont tué dans la mine d’or ‘Camp Blanquette’. Il y a 29 corps ramenés à la cité de Pluto. Six corps calcinés ont été enterrés sur place”, a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Bikilisende, bourgmestre de la commune rurale de Mungwalu dans le territoire de Djugu (Ituri, nord-est).

“Un bébé de 4 mois et une femme” figurent parmi les morts. “Ce bilan est provisoire, puisqu’il y a d’autres civils tués dont les corps ont été jetés dans des trous d’orpaillage et plusieurs autres civils sont portés disparus. La fouille se poursuit”, a indiqué M. Bikilisende. “‘Le camp Blanquette’ est érigé dans la forêt, loin de la position militaire la plus proche. L’intervention est donc arrivée avec un peu de retard”, a-t-il déploré.

Massacre dans une mine d’or en Ituri: les CODECO pointés du doig

“Il y a aussi plusieurs blessés, dont neuf grièvement, admis à l’hôpital général de Mungwalu”, a déclaré, pour sa part, à l’AFP Chérubin Kukundila, l’un des responsables de la société civile de Mungwalu, estimant qu’“il y a au moins 50 personnes tuées”.

Lors de cette attaque, les miliciens Codeco ont pillé des boutiques, emporté la production des orpailleurs et incendié des maisons, rendant ce lieu inhabitable, a estimé M Kukundila.

La province de l’Ituri est riche en or et son sous-sol regorge également du pétrole. La mine d’or artisanale dénommée “camp Blanquette” est située dans la forêt à plus de 7 km de la cité de Mungwalu dans le territoire de Djugu (Ituri), fief du groupe armé CODECO.

Dans cette zone, les autorités ont interdit aux militaires de s’approcher des mines exploitées de manière artisanale par des autochtones et une population hétéroclite venant de plusieurs provinces de l’est de la RDC. la position militaire la plus proche est située à 8 Km de l’endroit où le massacre a eu lieu.

Attaques sans motifs

La milice Codeco est un groupe armé structuré autour d’une secte religieuse. Elle prétend défendre les membres de la communauté Lendu contre la communauté rivale Hema et contre les forces de sécurité, et est considéré comme l’un des groupes les plus meurtriers de l’est congolais.

En plus des civils et des militaires, les miliciens CODECO s’attaquent également aux déplacés et à des humanitaires, sans que les motifs de ces violences soient identifiés. La province aurifère de l’Ituri a replongé dans un cycle de violences depuis fin 2017 avec l’avènement de la milice Codeco.

Un précédent conflit entre milices communautaires avait fait des milliers de morts entre 1999 et 2003, jusqu’à l’intervention d’une force européenne, l’opération Artémis, sous commandement français. Cette fois-ci la communauté rivale Hema ne s’est pas reconstituée de milices, se remettant à l’autorité de l’Etat, pourtant défaillante.LIRE AUSSI :Des militaires congolais accusés de ventes d’armes à des miliciens

Le dernier massacre d’envergure attribué aux miliciens Codeco a fait 62 morts dans l’attaque d’un camp des déplacés en février. L’Ituri et la province voisine du Nord-Kivu sont placés sous état de siège depuis le 6 mai 2021, une mesure qui a donné les pleins pouvoirs aux officiers de l’armée et de la police pour gérer l’administration et mener la guerre contre la centaine de groupes armés qui sévissent dans l’est congolais depuis plus d’un quart de siècle.

Après une année d’état de siège, les autorités ne sont pas parvenues à mettre un terme aux massacres des civils. Le président Félix Tshisekedi a décidé d’évaluer l’efficacité de cette mesure, sous la pression des élus de l’Ituri et du Nord-Kivu qui boycottent les plénières consacrées à ce sujet à l’Assemblée nationale.

Environ 60 morts après attaque de la coalition CODECO-FPIC à Djugu (chef coutumier)

Un village du territoire de Djugu

Une soixantaine de civils ont été tués dimanche 8 mai 2022 par des miliciens de la CODECO associés à ceux de la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) dans la localité de Massasi à 92 kilomètres au nord-ouest de Bunia dans le territoire de Djugu (Ituri). Selon le chef coutumier de cette entité, les victimes sont en majorité des orpailleurs. Il parle également d’une trentaine de blessés, qui sont admis dans des structures sanitaires de la place. La MONUSCO promet d’évacuer certains blessés graves vers Bunia pour des soins appropriés.

Ce drame a eu lieu vers 4 heures du matin, alors que les victimes, dont de nombreux orpailleurs, dormaient encore et d’autres revenaient de leurs carrières minières.

Selon le chef du secteur de Banyali-Kilo, Innocent Matukadala, ces miliciens armés de fusils et de machettes, venus de Kodulu, Andisa, Matoro et Digene, ont envahi cette localité minière en tirant des coups de feu dans toutes les directions.

Il indique qu’ils se sont introduits dans des maisons d’habitation, avant de mettre le feu dans toute la localité. Dans cette confusion, environ soixante personnes ont été lâchement abattues et d’autres calcinées par le feu.

Dimanche soir, trente-six personnes grièvement blessées avaient été admises à l’hôpital général de Mongwalu et au centre de santé de Kilo pour des soins. Le médecin-directeur de cet hôpital affirmait dimanche soir être débordé par le nombre croissant de personnes blessées, dont certaines sont dans un état critique.

La MONUSCO et OCHA s’activaient également de leur côté pour évacuer certains de ces blessés vers Bunia pour une meilleure prise en charge.

Entre-temps, plusieurs sources affirment que les recherches se poursuivent toujours dans a localité de Massasi pour retrouver d’autres corps qui seraient sous les décombres.  

Avec VOA/AFP/RO

Oscar BISIMWA

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