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RDC : après son arrestation, Ne Muanda Nsemi transféré dans un centre psychiatrique

Des portraits de l'ex-député Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement séparatiste Bundu Dia Kongo (BDK), exposés au siège de la police à Kinshasa en 2017.

Le gourou d’un mouvement politico-religieux arrêté, vendredi 24 avril 2020 à Kinshasa, a été transféré samedi dans un centre psychiatrique de Kinshasa en République démocratique du Congo afin de déterminer s’il a toutes « ses capacités mentales » pour répondre de ses actes.

L’ex-député Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, leader du mouvement séparatiste Bundu Dia Kongo (BDK), a été arrêté vendredi lors d’un assaut contre sa résidence qui a fait au moins huit morts, selon la police.

« M. Ne Muanda Nsemi a été transféré au CNPP (Centre neuro-psychopathologique) sur réquisition du parquet qui demande à ce centre psychiatrique de déterminer s’il est en possession de toutes ses capacités mentales pour subir un interrogatoire », a déclaré un officier de la police de Kinshasa.

« Dans le cas où son état nécessiterait des soins appropriés, il sera gardé là-bas sous la responsabilité du parquet », a ajouté l’officier.

« Coup d’État divin »

Ex-professeur de chimie, Ne Muanda Nsemi s’était autoproclamé le 4 janvier président de la RDC au bénéfice, selon lui d’un « coup d’État divin », entre autres élucubrations.

Il est poursuivi pour « rébellion » « atteinte à la sûreté de l’État » et d’ »incitation à la haine tribale ».À LIRE RDC : les dessous de l’arrestation de Ne Muanda Nsemi, de retour en prison deux ans après son évasion

Un élu du Kongo central, Fabrice Puela, a confirmé samedi 25 avril 2020 soir que le gourou a été transféré vers « un hôpital », sans toutefois préciser lequel.

Vendredi, 168 adeptes du gourou ont été arrêtés lors de l’assaut contre sa résidence, selon les autorités.

Armes blanches et calibres de 12

« Nous avons obtenu ce soir la libération par la police de près de 160 adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK), notamment des femmes et des enfants », a ajouté l’élu du Kongo central, Fabrice Puela qui sortait des négociations avec le chef de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo.

« Cependant, tous ceux qui étaient trouvés en possession d’armes blanches et des calibres 12, soit près de 120 adeptes, seront acheminés en prison et présentés à un juge », a-t-il ajouté.

Depuis le 13 avril 2020, une vingtaine de personnes, adeptes et policiers, ont été tuées dans trois accrochages dans la province du Kongo-Central, le long de la RN1, une route d’une importance vitale pour Kinshasa la capitale aux dix millions d’habitants.

Partisans d’une scission de leur province, les séparatistes du « BDK » voulaient s’en prendre aux « non-originaires » du Kongo-Central, c’est-à-dire aux Congolais venus d’autres provinces.

Les Bundu Dia Kongo affirment vouloir reconstituer le royaume du Kongo tel qu’il existait au XVe siècle, avant la colonisation, de l’Angola au Gabon.

Par Jeune Afrique/AFP

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