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RDC-14 Casques bleus tués : le président tanzanien « attristé », Guterres condamne un « crime de guerre »

Quatorze Casques bleus ont été tués lors d’affrontements en République démocratique du Congo, a indiqué vendredi 8 décembre 2017 à l’AFP un responsable de l’ONU s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Au moins 40 Casques bleus ont aussi blessés lors des combats, a-t-il ajouté, sans autre précision. Les soldats de la Mission de Nations unies au Congo (Monusco) auraient été victimes des rebelles ougandais musulmans ADF (Forces démocratiques alliées), l’un des nombreux groupes armés actifs dans la région du Kivu (Est), d’après des sources militaires congolaises.

Les assaillants auraient visé une base de la Monusco jeudi à Semuliki dans la province du Nord-Kivu, selon cette même source. La base était tenue par un contingent tanzanien.

Des soldats congolais et des rebelles ont aussi été tués, d’après cette même source qui affirme: « Il y a beaucoup de pertes de part et d’autres ».

Le président tanzanien « attristé » par la mort des Casques bleus

Le président tanzanien John Magufuli s’est dit « choqué » et « attristé » par l’attaque en République démocratique du Congo contre une base de Casques bleus tanzaniens qui a fait au moins 15 morts et 53 blessés, dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9 décembre 2017.

Le président « a reçu avec un grand choc et une profonde tristesse la nouvelle de la mort de 14 membres des Forces de défense du peuple tanzanien qui participaient à une opération de maintien de la paix en République démocratique du Congo », a indiqué ce communiqué en swahili.

« En plus de ceux qui ont sont morts, 44 autres ont été blessés tandis qu’on est sans nouvelles de 2 autres », a ajouté ce communiqué.

L’ONU avait d’abord évoqué un bilan de 14 morts, avant de le faire évoluer dans la nuit à au moins 15 morts et 53 blessés, en précisant que tous les morts étaient tanzaniens.

« Je suis très choqué et très attristé d’apprendre la mort de nos jeunes, de braves soldats et des héros qui ont perdu leur vie dans l’accomplissement de leur mission de paix chez nos voisins de la RDC », a insisté M. Magufuli, cité dans le communiqué.

Cette attaque est la pire subie par des Casques bleus depuis 24 ans. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est déclaré « indigné » face à ce « crime de guerre ».

D’après les archives de l’AFP, une force onusienne n’avait pas subi une opération aussi meurtrière depuis la mort de 24 Casques bleus pakistanais à Mogadiscio le 5 juin 1993.

Il s’agit aussi de l’attaque la plus meurtrière contre la force onusienne dans l’ex-Zaïre (Monusco) depuis son déploiement en 1999.

L’ONU attribue la responsabilité de l’attaque aux ADF (Allied Defense Forces, Forces démocratiques alliées), un groupe armé ougandais musulman actif dans le Nord-Kivu, un État de la RDC frontalier de l’Ouganda.

Les assaillants ont visé une base de la Monusco tenue par un contingent tanzanien jeudi à la tombée de la nuit à Semuliki, dans l’est de la RDC, selon des sources onusiennes.

Repliés en forêt, les ADF combattent depuis le Nord-Kivu le pouvoir du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 27 ans.

António Guterres condamne un « crime de guerre »

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres et le Conseil de sécurité ont condamné vendredi 8 décembre l’attaque meurtrière perpétrée jeudi 7 décembre contre une base de la mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) au Nord-Kivu, indique un communiqué.

« Je tiens à exprimer mon indignation et ma profonde peine (suite à) l’attaque de la nuit dernière contre les forces de maintien de la paix des Nations unies en République démocratique du Congo », a déclaré M. Guterres lors de l’ouverture d’une conférence de donateurs au Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) à New York.

Plus tôt dans la journée, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, s’est déclaré choqué par « l’attaque odieuse » perpétrée contre la MONUSCO au Nord-Kivu. « Des renforts sont sur place et des évacuations médicales par la Mission sont en cours », a précisé M. Lacroix sur son compte Twitter.

Le Chef de la MONUSCO. Maman Sidikou, a également condamné avec la plus grande fermeté l’attaque meurtrière contre les soldats de la paix de sa mission au Nord-Kivu. « Les attaques contre ceux qui travaillent au service de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo sont lâches et constituent des violations graves », a déclaré M. Sidikou dans un communiqué publié vendredi.

« La pire attaque » contre les Casques bleus dans l’histoire récente de l’ONU

L’attaque contre la MONUSCO au Nord-Kivu constitue « la pire attaque contre les forces de maintien de la paix de l’ONU dans l’histoire récente de l’Organisation », a tenu à préciser le Secrétaire général.

Un dernier incident qui vient démontrer les énormes sacrifices consentis par les pays fournisseurs de contingents au service de la paix. « Ces femmes et ces hommes courageux mettent leur vie en danger chaque jour à travers le monde pour servir la paix et protéger les civils », a souligné le chef de l’ONU.

« Ces attaques délibérées contre les casques bleus de l’ONU sont inacceptables et constituent un crime de guerre », a martelé le secrétaire général qui a appelé les autorités de la RDC à enquêter sur cette attaque et à traduire rapidement leurs auteurs en justice.

« Il ne doit pas y avoir d’impunité pour de telles agressions, ici ou partout ailleurs », a dit le Secrétaire général. Le Conseil de sécurité s’est fait l’écho des propos du chef de l’ONU. Condamnant dans les termes les plus forts toutes les attaques et provocations lancées contre la MONUSCO par des groupes armés, les membres du Conseil ont réitéré leurs demandes que tous les groupes armés cessent immédiatement toute forme de violence.

Pour M. Sidikou « la MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires pour que les coupables soient tenus responsables et traduits en justice ».

Avec plus de 200.000 réfugiés accueillis sur son territoire ainsi que plus de 4 millions de déplacés internes, la RDC est confrontée à l’une des plus importantes crises humanitaires au monde. Une situation d’urgence soulignée dans l’appel lancé vendredi aux Etats membres pour contribuer davantage au CERF. « Cette dernière attaque souligne l’urgence d’aider les personnes dans le besoin et de faire face à la situation instable », a dit M. Guterres.

AFP/CR

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