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RDC: 12 étudiants congolais ont pu quitter le nord-est de l’Ukraine

Des réfugiés ukrainiens attendent un train à la gare de Lviv (Ukraine), le 8 mars 2022. 
Des réfugiés attendent un train à la gare

Mardi 8 mars 2022, à la faveur d’un corridor humanitaire, douze étudiants congolais ont pu quitter l’université de Soumy, dans le nord-est de l’Ukraine en guerre. Depuis plusieurs jours, de jeunes ressortissants africains sont en effet pris au piège dans ce conflit avec la Russie. Ces douze Congolais sont dcésormais en sécurité dans l’ouest du pays.

Les étudiants sont désormais en sécurité à Ternopil, à 200 km de la frontière polonaise.  Ces douze Congolais, pour la plupart, sont étudiants en médecine. Ils ont pu quitter Soumy en taxi.

Prix de la course : plus de 900 euros, presque multiplié par 20 à cause du conflit. La somme a été payée par le gouvernement congolais.

Hébergés par un compatriote expatrié

Les jeunes avaient ont d’abord atteint Poltava, plus au sud, d’où ils ont ensuite pris un train jusqu’à Ternopil.

Depuis leur arrivée, mardi, ils sont hébergés par un Congolais expatrié du nom de Serge Nyangi Mamputu, un entrepreneur au grand cœur qui a suivi de bout en bout leur évacuation.

Dix membres du groupe sont arrivés chez lui, deux autres, restés en arrière sont attendus. Un immense soulagement même si les familles restent inquiètes.

Deux-trois jours après le début du conflit, je suis parti en Pologne pour déposer ma famille et je suis rentré. Les étudiants congolais en Ukraine, une partie sont là sur mes recommandations, donc je me sens responsable. Donc je ne peux pas quitter l’Ukraine alors que des étudiants congolais sont restés. Leur sécurité, c’est ça ma préoccupation.

Serge Nyangi Mamputu, entrepreneur congolais installé en Ukraine, a aidé à l’évacuation de ses compatriotes

Sébastien Németh

Les douze ressortissants cherchent désormais à quitter le pays, probablement en louant un bus. Mais d’abord, ils veulent trouver un point de chute pour continuer leurs études.

Serge Nyangi Mamputu a pris contact avec des établissements scolaires en Europe. L’Université libre de Bruxelles a dit qu’elle priorisait les Ukrainiens. Par contre, des universités en Pologne et en Roumanie seraient prêtes à les accueillir.

Le groupe semblait optimiste, même s’il y a des questions en suspens, que ce soit les visas de séjour, les documents pour l’inscription – car certains ont parfois tout laissé derrière eux en Ukraine – et enfin le coût des études.

Dans tous les cas, le gouvernement congolais s’est dit prêt à continuer de les soutenir.

RDC: un comité de crise pour traiter les problèmes des congolais refugiés en PologneUn comité de crise chargé de superviser les opérations de rapatriement et de réorientation des Congolais en refuge temporaire en Pologne, a été institué mardi 8 mars 2022 à Kinshasa, à l’issue d’une rencontre entre le ministre d’État en charge du Budget et la chargée d’affaires de la RDC en Pologne, Clémentine Shakembo.  

Selon cette dernière, il y a 516 Congolais en Pologne. Parmi eux, des étudiants en situation difficile sur le sol polonais, après avoir fui la guerre en Ukraine. 

Selon le ministre d’Etat en charge du Budget, la situation difficile que traversent ces Congolais préoccupe le Président de la République et le gouvernement congolais. 

La chargée d’affaires de la RDC en Pologne a été vite rappelée au pays, pour examiner sur place avec les autorités, comment apporter une réponse idoine aux préoccupations des Congolais vivant dans ce pays 

Clémentine Shakemba explique que ces Congolais «  Ils [Ndlr Le Congolais] sont partis de l’Ukraine pour la Pologne. Il y a une cellule de crise qui va partir de Kinshasa pour Varsovie pour gérer cette crise et surtout apporter de l’aide à nos ressortissants congolais se trouvant en Pologne. Le gouvernement s’engage à les prendre en charge », a expliqué Clémentine Shakemba.  

Une dotation a été remise à ce comité de crise,  afin de faciliter les premières prises en charges de ces Congolais, avant leur rapatriement.


Ukraine : des étudiants africains lancent un SOS

Des centaines d’étudiants africains en Ukraine se retrouvent bloqués. Certains pensent à fuir vers la Russie, tandis que d’autres espèrent que leurs pays viendront les aider.

Avec la guerre en Ukraine, tous les aéroports du pays sont fermés. Une situation confuse : la guerre a atteint en peu de temps plusieurs régions de l’Ukraine.

Melissa, 20 ans, est une étudiante zimbabwéenne. Gagnée par la peur, elle décrit sa situation en pleurant : Il y a eu des bombardements dans des villes comme Donetsk, Kharkov, Kiev. On a fermé tous les aéroports et il n’y a aucun plan d’évacuation. Nous n’avons plus de nourriture. Aidez-nous, donnez-nous une issue de sortie. 

Svesta, une étudiante nigériane en médecine à Kiev, s’inquiète aussi. La situation évolue si vite qu’elle ignore ce que lui réservent les jours à venir : Les bombardements ont également touché Kiev et il y a de la panique partout. Nous ne savons pas si la situation ne va pas empirer. »

De la RDC en Ukraine

John Machozi est un Congolais originaire de l’est de la RDC et est marié à une femme russe. Il a terminé ses études en Ukraine en 2015 et est resté à Kiev.Publicité

N’ayant pas d’autre issue, il pense prendre le chemin de la Russie : Si je dois aller quelque part, je vais aller en Russie peut-être, parce que de mon côté, c’est un privilège pour ma famille qui parle russe, mes enfants étudient en langue russe. Je peux aller en Pologne et ensuite, prendre un avion pour la Russie.

Les autorités de Kiev appellent les Ukrainiens à rester chez eux. Certains ont pris la direction de la Turquie en passant par le port d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine.

Les banques imposent une limite de transaction, on ne peut que retirer cent dollars par jour. Elisabeth Amokote, une autre étudiante nigériane, demande l’aide de son ambassade à Kiev : Jusque-là, l’ambassade nigériane ne nous a rien dit et nous aimerions vraiment qu’elle puisse nous donner des informations sur ce que nous devons faire. 

Selon la communauté africaine vivant en Ukraine, la situation est plus inquiétante qu’en 2014 quand Moscou a annexé la Crimée car aujourd’hui, la guerre s’étend à tout le pays.   

Pourquoi tant d’étudiants africains et indiens avaient choisi l’Ukraine pour leurs études

L’Ukraine était très attractive pour de nombreux étudiants internationaux.

Au moment de l’invasion russe, environ 76.500 étudiants étrangers étaient présents dans le pays, selon les statistiques du ministère ukrainien de l’éducation pour l’année 2020. Parmi eux, une grande majorité d’Indiens. Mais pas que. Beaucoup d’étudiants africains, venant du Maroc, du Nigéria ou d’Egypte étaient sur place. Tout comme des étudiants issus du Moyen-Orient. Mais pourquoi tous ces jeunes étaient-ils particulièrement attirés par l’Ukraine?

En réalité, cela s’explique assez facilement. Comme l’explique la BBC, “les universités ukrainiennes sont considérées comme une porte d’entrée sur le marché du travail européen, offrant des prix des cours abordables, des conditions de visa simples et la possibilité de résidence permanente.” De plus, poursuit Patrick Esugunum, qui travaille pour une organisation qui aide les étudiants ouest-africains souhaitant étudier en Ukraine, “les diplômes sont largement reconnus et offrent un haut niveau d’éducation.”

De nombreux jeunes avaient donc décidé de venir y faire leurs études de médecine, d’ingénieur ou encore de commerce.

Alors qu’ils pensaient étudier dans un cadre tranquille, ils doivent maintenant lutter pour leur vie et fuir la guerre. Et cela n’est pas des plus faciles. Non seulement les liaisons aériennes sont coupées mais, en plus, beaucoup d’Africains ont déclaré avoir été victimes de racisme à la frontière ukrainienne, ce qui a retardé leur départ. A l’heure actuelle, des centaines d’étudiants étrangers sont toujours sans doute bloqués au pays, même s’il est difficile de fournir des chiffres exacts, précise la BBC.

Si leur priorité est de se mettre à l’abri, de nombreux étudiants ne peuvent s’empêcher de se demander ce qu’il adviendra de leur diplôme. Certains espèrent pouvoir terminer leurs études quand la guerre sera finie ou alors trouver une équivalence dans un autre pays.

Pourquoi tant d’étudiants africains et indiens avaient choisi l’Ukraine pour leurs études

L’Ukraine était très attractive pour de nombreux étudiants internationaux.

Au moment de l’invasion russe, environ 76.500 étudiants étrangers étaient présents dans le pays, selon les statistiques du ministère ukrainien de l’éducation pour l’année 2020. Parmi eux, une grande majorité d’Indiens. Mais pas que. Beaucoup d’étudiants africains, venant du Maroc, du Nigéria ou d’Egypte étaient sur place. Tout comme des étudiants issus du Moyen-Orient. Mais pourquoi tous ces jeunes étaient-ils particulièrement attirés par l’Ukraine?

En réalité, cela s’explique assez facilement. Comme l’explique la BBC, “les universités ukrainiennes sont considérées comme une porte d’entrée sur le marché du travail européen, offrant des prix des cours abordables, des conditions de visa simples et la possibilité de résidence permanente.” De plus, poursuit Patrick Esugunum, qui travaille pour une organisation qui aide les étudiants ouest-africains souhaitant étudier en Ukraine, “les diplômes sont largement reconnus et offrent un haut niveau d’éducation.”

De nombreux jeunes avaient donc décidé de venir y faire leurs études de médecine, d’ingénieur ou encore de commerce.

Alors qu’ils pensaient étudier dans un cadre tranquille, ils doivent maintenant lutter pour leur vie et fuir la guerre. Et cela n’est pas des plus faciles. Non seulement les liaisons aériennes sont coupées mais, en plus, beaucoup d’Africains ont déclaré avoir été victimes de racisme à la frontière ukrainienne, ce qui a retardé leur départ. A l’heure actuelle, des centaines d’étudiants étrangers sont toujours sans doute bloqués au pays, même s’il est difficile de fournir des chiffres exacts, précise la BBC.

Si leur priorité est de se mettre à l’abri, de nombreux étudiants ne peuvent s’empêcher de se demander ce qu’il adviendra de leur diplôme. Certains espèrent pouvoir terminer leurs études quand la guerre sera finie ou alors trouver une équivalence dans un autre pays.

Avec RFI/RO/Etienne Gatanazi (DW)/LA LIBRE

angelo Mobateli

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