Politique

L’acquittement de Vital Kamerhe: évidence péremptoire de l’émergence d’un État de droit en RDC (Par Bugandwa Zigabe Innocent)

Ils sont nombreux ceux qui ont vu dans l’arrestation quasi folklorique du chef de cabinet du chef de l’État congolais, le signe certain de l’émergence d’un État de droit en RDC. En effet, bien que spectaculaire, l’arrestation de cette haute personnalité congolaise a ravivé les espoirs d’une justice qui affecte désormais aussi bien le commun de mortels que les hommes politiques. Ce qui est à l’évidence une raison de fierté. Le premier à en être fier a été Vital Kamerhe qui n’a pas arrêté de clamer sa foi en la justice congolaise et a interdit toute manifestation de ses nombreux partisans, tendant à influencer aussi bien le chef de l’État que la justice elle-même.

Mais les espoirs se sont émoussés au fil du procès et particulièrement le jour du prononcé du jugement tout autant surréaliste que les multiples refus d’accorder une liberté provisoire à une personne contre qui le parquet ne détenait aucun indice sérieux de culpabilité.

Dieu merci, la justice a prévu des voies de recours, qui sont les derniers remparts contre l’arbitraire. L’usage efficace de ce recours en acquittant Vital Kamerhe peut, à n’en point douter, confirmer que la RDC est véritablement un État de droit et que la justice n’est pas cette hydre à multiple têtes, élevée par certains politiciens pour détruire la vie et la carrière politique de leurs adversaires.

Les récentes nominations au sein de la justice me laissent dubitatif. Mais comme Vital Kamerhe Lwakanyinyinginyi, le Président National de l’UNC, je continue à croire en l’émergence progressive d’un État de droit en RDC et je crois qu’on doit laisser la justice faire son travail en toute sérénité et en toute indépendance et qu’on doit limiter les influences néfastes de ceux qui tiraient les ficelles pour son arrestation, pour un procès expéditif et pour un jugement qui a plutôt brillé par son extravagance.

Nous avons tous observé qu’autant le réquisitoire du Ministère public que les plaidoiries des avocats de la République (ou du désormais ex Vice premier ministre et ministre de la Justice) étaient plus une belle littérature, déclamée avec emphase sans démontrer la culpabilité du directeur de cabinet Kamerhe.

La théâtrale construction de sa plaidoirie en étapes par Me « cette fois tu ne vas pas nous échapper » et l’émergence des concepts juridiques nouveaux aussi inopportuns qu’inappropriés comme l’infraction dite « intellectuelle » nous ont montré toute la difficulté du Ministère et des avocats dits de la République à donner corps et forme aux infractions imputées à tort et avec une extrême légèreté au principal allié du Président de la République.

Pourtant sur la base de ces éléments légers et peu convaincants, le tribunal de grande instance à condamné un innocent à des peines plutôt rocambolesques. (20 ans incompressibles de travaux forcés, suivis de 10 ans de privation des droits politiques et la confiscation de ses biens et de ceux des témoins appelés à la barre par le Ministère public). Incroyable !
Cette peine implique donc que le leader de l’Union pour la Nation Congolaise, aujourd’hui âgé de 61 ans, ne quitterait la prison qu’à 81 ans et qu’il ne serait éligible qu’à 91 ans. On croirait quasiment que la haine exprimée par les avocats de la République a contaminé comme à la Covid19, et les témoins et le tribunal de grande instance tellement cette sentence sort de l’ordinaire par son niveau de cruauté.

Pourtant le Président de la République et le peuple congolais ont démontré leur détermination à redynamiser la justice congolaise et à garantir sa parfaite indépendance. Le refus du Conseil Supérieur de la Magistrature d’autoriser l’inspection des cours et tribunaux par un ministre, fut-il protégé par Yemei, l’éviction du dit Ministre suite à ses excès de zèle et à ses écarts de langage, les manifestations contre les lois Minaku, sont autant de preuves que les congolais ne veulent plus d’une justice tenue en laisse par les intouchables d’un certain regroupement politique.

Cependant, les récentes nominations au sein de la magistrature ne seront pas perçues comme une gratification à ceux qui ont accusé et fait condamner Monsieur Kamerhe que si la juridiction saisie au second degré dit correctement le droit et corrige les monstruosités contenues dans l’œuvre du premier juge.

Ceux qui ont une bonne mémoire, savent que les jugements iniques comme celui là ont porté un coup à la sécurité et à la cohabitation pacifique notamment dans la province du Nord Kivu, où ils ont exacerbé les réflexes identitaires.

Le peuple garde confiance en la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe qui, au regard de l’étrange jugement rendu au premier degré, n’a pas vraiment d’autres choix que de rendre à VK sa liberté et sa dignité.

Car si l »Etat de droit est celui où personne n’est au dessus de la loi, il est aussi celui où les personnes ne sont pas détenues sans motif valable et qui applique sans égard aux basses considérations politiciennes les principes fondamentaux d’une justice vraiment équitable.

C’est pourquoi, nous sommes convaincus que l’arrêt de la Cour d’appel cassera le jugement fantaisiste qui a condamné à tort Monsieur Vital Kamerhe.
Il en va de la crédibilité de la justice. Celle ci, en acquittant Vital Kamerhe administrera à l’opinion nationale et internationale la preuve que l’État de droit que veut le chef de l’État Félix Tshisekedi n’est pas une chimère, un discours de propagande, une manœuvre politicienne comme celles auxquelles nous ont habitués ses prédécesseurs et qui visaient essentiellement à barrer la route à leurs adversaires politiques. Aussi, il rassurera les membres de l’UNC et les habitants de l’est du pays qu’ils ne sont pas les têtes de turc des politiciens congolais.

Nos regards sont tournés vers la cour d’appel de la Gombe et nos espoirs de revoir le directeur de cabinet en liberté repose en vous.
Bien plus que ça, la libération de Monsieur Kamerhe confirmera que la justice a vraiment redoré son blason et peut à nouveau être un facteur incontournable de l’unité et de la cohésion nationale. Macho iko kwenu.

BUGANDWA ZIGABE Innocent
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