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La RDC se rêve en géant de l’électrique

Une borne de recharge Tesla dans une station-service sur l'autoroute à Sailly-Flibeaucourt, en France, le 12 janvier 2019.
Une borne de recharge Tesla dans une station-service sur l’autoroute à Sailly-Flibeaucourt, en France, le 12 janvier 2019.

Le pays va prochainement abriter un centre de formation dédié à la recherche et la production de batteries électriques. La dernière initiative en date des autorités visant à se positionner dans la riche et si prometteuse industrie de la décarbonation.

La République démocratique du Congo (RDC) engage la course au savoir dans les technologies du futur. Le pays s’est accordé, fin avril, avec son voisin zambien sur la création sur son territoire, d’un creuset destiné à apprendre aux étudiants d’Afrique et d’ailleurs les rouages de la fabrication des batteries électriques, élément principal de la transition écologique, notamment dans le secteur automobile.

La décarbonation de l’économie mondiale, condition essentielle à une planète saine, a, en effet, accéléré la course aux ressources énergiques durables. Parmi ces dernières figure l’électrique dont la filière automobile s’est emparée. Les véhicules à essence laissent ainsi progressivement la place aux quatre roues alimentées par des batteries rechargeables.

Corriger une anomalie

Mais ce marché naissant, d’ores et déjà estimé à 60 milliards de dollars par la plateforme Statista, se concentre, pour l’heure, essentiellement en Asie, avec des pays comme la Chine, la Corée du Sud et le Japon en locomotives. C’est presqu’une anomalie car les minéraux nécessaires à la fabrication des batteries électriques sont pour la plupart importés d’Afrique.

Il en est ainsi du cobalt et du cuivre dont la RDC est respectivement première productrice mondiale et leader africain. Pas moins de 85 856 tonnes du premier métal sont sorties des terres congolaises en 2020 selon la banque centrale du pays. La production du métal rouge se chiffrait, quant à elle, à 1,59 million de tonnes à la même période. C’est une importante source de revenus – sept milliards de dollars par an de devises étrangères selon Commission économique de l’ONU pour l’Afrique – que le Congo gagnerait à accroître si toutes ses ressources naturelles n’étaient pas tournées vers l’exportation.

Des ingénieurs de demain

Le prochain Centre africain d’excellence pour la recherche et l’innovation sur les batteries (CAEB) sous l’administration de l’université de Lubumbashi, dans le Sud-est du pays, s’inscrit donc dans ce cadre à travers un cursus accessible à partir du niveau Master dès la prochaine rentrée scolaire. Les étudiants ainsi formés auront l’occasion de mettre en valeur leur expertise localement.

Une étude de BloombergNEF révélée en 2021 témoigne d’une meilleure compétitivité de la RDC dans la construction d’usine de batteries électriques au plan mondial. Un tel site de production de cathodes de 10 000 tonnes dans le pays reviendrait à 39 millions de dollars seulement. Soit trois fois moins d’investissements qu’aux États-Unis et plus de deux fois moins qu’en Chine.

Par Farid Bathily (VOA)

Oscar BISIMWA

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