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Insécurité dans l’est de la RDC : les racines du mal

DRK Symbolbild FARDC

Le président Felix Tshisekedi a annoncé l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Il affirme vouloir cibler les groupes armés qui massacrent des civils.

Pierre Boisselet est le coordinateur du Kivu Security Tracker, un blog qui a pour mission de cartographier les opérations des forces de sécurité et des groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) afin de mieux comprendre les causes de l’insécurité et les violations graves des droits humains et du droit international humanitaire 

Dans cet entretien, il revient sur les racines de l’insécurité qui sévit dans la région depuis de nombreuses années.

DW : Depuis quelques semaines la société civile et les habitants du Nord-Kivu expriment leur ras-le-bol face au contexte sécuritaire déliquescent dans leur province. Brièvement pouvez-vous nous aider à comprendre les racines de ces violences ?

Pierre Boisselet : Pour résumer, on peut dire que ça tient globalement à l’incapacité de l’Etat congolais à faire respecter l’Etat de droit dans cette partie du pays. Il y a certaines zones de cette province dans lesquelles il y a un vide sécuritaire, un vide judiciaire et des circuits économiques qui échappent au contrôle de l’Etat central. Alors, certains groupes armés profitent de ce vide. Ils s’imposent sur ces espaces et sur ces populations qu’ils taxent, qu’ils brutalisent et souvent, ils bénéficient de ces circuits économiques illégaux.

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DW : Lors de sa campagne en 2018, le président Tshisekedi avait promis de s’installer dans l’Est de la RDC. Récemment, il a annoncé un renfort militaire par l’armée kényane dans cette même région où on compte aussi la présence de la Monusco. Ce ne sont pas les moyens qui manquent. Selon vous, pourquoi, malgré tout ce qui est mis en place, les conflits perdurent depuis des décennies maintenant ?

L’état de siège suscite des craintes

Ce jeudi 6 mai 2021 entre en vigueur l’état de siège décrété dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Les gouverneurs seront remplacés par des militaires.

En République démocratique du Congo, c’est ce jeudi 6 mai, que la décision de l’état de siège prise par le président Félix Tshisekedi entre en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Le chef de l’Etat congolais veut ainsi lutter contre l’insécurité dans ces deux provinces.

Ces dernières semaines, des manifestations ont été organisées pour demander aux dirigeants du pays d’agir contre les groupes armés. Or, l’état de siège suscite des inquiétudes et son efficacité dépend, selon Onesphore Sematumba, du leadership des officiers de l’armée qui seront déployés.

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Avec l’état de siège, les autorités civiles, les gouvernements provinciaux de l’Ituri et du Nord-Kivu et les entités de ces provinces seront remplacées par des officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo ou de la police nationale, selon la présidence congolaise.

Jusqu’au rétablissement de la paix dans ces deux provinces du nord-est et de l’Est de la RDC, l’action des juridictions civiles sera substituée par celle des juridictions militaires“, indique le porte-parole de la présidence.

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Riches en minerais, à la frontière de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, les provinces du Nord et du Sud-Kivu (est) ont basculé dans la violence lors des deux guerres du Congo (1996-97, 1998-2003), sans retrouver une vraie stabilité depuis.

Plus au nord, la province de l’Ituri a de nouveau basculé dans la violence fin 2017 après une accalmie d’une quinzaine d’années.

État de siège en RDC: les militaires remplacent les autorités civiles dans deux provinces

Le président congolais Félix Tshisekedi a décidé le remplacement des autorités civiles par des militaires et des policiers dans deux provinces de la République démocratique du Congo où l’état de siège entrera en vigueur jeudi. «J’ai décidé de proclamer l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu», a rappelé le président Tshisekedi dans une adresse à la télévision publique congolaise RTNC, affirmant avoir entendu «le cri de détresse de notre population et ressens les douleurs qu’éprouvent nos mères, nos sœurs, nos filles dans ces provinces ravagées par la barbarie». Cet état de siège avait été annoncé vendredi soir.

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Succédant au chef de l’État, Tharsice Kasongo Mwema, son porte-parole a précisé que l’état de siège était décrété «pour une durée de trente jours à dater du jeudi 06 mai 2021». «Pour faire face à la situation pendant l’état de siège, les autorités civiles, les gouvernements provinciaux de l’Ituri et du Nord-Kivu et les entités de ces provinces seront remplacées par des officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo ou de la police nationale», a-t-il ajouté. «Jusqu’au rétablissement de la paix» dans ces deux provinces du nord-est et de l’Est de la RDC, «l’action des juridictions civiles sera substituée par celle des juridictions militaires», a-t-il précisé.

Riches en minerais, à la frontière de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi, les provinces du Nord et du Sud-Kivu (est) ont basculé dans la violence lors des deux guerres du Congo (1996-97, 1998-2003), sans retrouver une vraie stabilité depuis. Plus au nord, la province de l’Ituri a de nouveau basculé dans la violence fin 2017 après une accalmie d’une quinzaine d’années.

Des dizaines de groupes armés de taille variable sont encore actifs dans l’Est de la RDC – 122, d’après un groupe d’experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Les membres du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF), à l’origine des rebelles musulmans ougandais, sont de loin les plus meurtriers: ils sont accusés du massacre de plus de 1.000 civils depuis novembre 2019 dans le territoire de Beni.

Par Wendy Bashi (DW)| 04.05.2021/Fréjus Quenum (DW) 05.05.2021/Le Figaro avec AFP le 03/05/2021

Oscar BISIMWA

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