Nation

Didier Kamerhe appelle les cadres de l’UNC au réalisme et à la cessation des hostilités internes

Didier Kamerhe, Secrétaire national de l’union pour la nation congolaise a, dans une tribune parvenue à Congo réformes, le 14 janvier, déploré la politique du « Ote-toi de là que je m’y mette ! », dans le chef de quelques haut cadres de son parti. Au sujet du remaniement en vue et des divisions au sein de l’UNC, le jeune frère du de Vital Kamerhe appelle ses camarades au réalisme et à la sérénité.

Voici l’intégralité de sa tribune parue dans le journal Congo réformes

« Ote-toi de là que je m’y mette ! »

L’UNC face à l’épreuve du double remaniement.

L’heure est grave pour les mandataires du parti,

Le contexte est complexe et sensible pour que l’autorité suprême du parti puisse stopper nette la guerre de la cour du roi par une simple décision d’autorité.

Alors, une question me taraude l’esprit depuis hier : faudrait-il laisser ces jeunes loups s’entremanger pour que notre Mwalimu puisse trouver l’occasion de revaloriser sa casquette de « pacificateur » ou, faudrait-il laisser que les ambitions démesurées des uns et des autres créent des divisions aussi profondes pour que l’autre (là) tire bénéfices de la politique de diviser pour mieux régner. Non, je ne pense pas.

Revenons à notre double équation annoncée en introduction, car tel est l’objet ce cette tribune. Aussi vrai qu’aux temps immémoriaux il était reconnu au grand vizir de l’empire perse ou dans le califat le droit de succession et la prétention de tout ce qui est grand et beau dès que le roi est servi, il est d’autant vrai que dans les partis politiques congolais faits des hommes forts aux structures faibles, lorsque l’autorité morale est déjà servie, la meilleure part revient à la deuxième personnalité du parti, le plus souvent ce dernier a le titre de secrétaire général. Ainsi donc, en 2017, lorsque l’accord de la St Sylvestre fut signé et que cela a abouti au partage des responsabilités, la meilleure part restée sur le plateau après que Samy Badibanga ait chipé proprement celle de notre Mwalimu, c’était le fameux Ministère du Bugdet, le Secrétaire général de l’époque à qui cela revenait de droit, je cite l’honorable Ewanga Ise Ewanga, avait dejà malheureusement traversé la rive du boulevard Lumumba, ainsi le proche, l’intime, le « Tutu wa bana », Pierre Kangudia, a rendu grâce au ciel en langue vernaculaire de cette inespérée providence. L’homme à la démarche rassurée, aux vestes sur mesure, avec 4 téléphones dans une seule main est devenu le grand patron du tant convoité ministère du Budget (chance eloko…, merci Mwalimu).

Au changement de régime, comme si cela ne suffisait pas, notre Mwalimu perdit encore son dû de Nairobi au profit d’un vieux dinosaure en la personne de Ilumkamba, mais le Ministère du budget est resté la chasse gardée de notre parti, ainsi donc le nouveau premier Ministre devait composer avec le secrétaire général de l’UNC du moment en ce qui concerne ledit ministère. Maître Mayo, député national élu de Kinshasa, secrétaire général de l’UNC prendra son vol à destination de l’immeuble intelligent sur le boulevard du 30 juin en tant que nouveau Ministre d’état et Ministre du budget.

Si l’alliance FCC-CACH n’eût connu turbulences, celui qu’on appelle affectueusement par ses proches et contemporains « mobali ya ba… » n’aurait pas entendu nuisances sonores des insatisfaits au sein de sa famille politique, malheureusement, les « mikishi » de Mukwatombolo en ont décidé autrement, un grand tsunami viendra emporter le FCC et ses bénéficiaires dans les lieux les plus arides. Un nouveau premier ministre plus coopératif et taillé sur mesure est conçu et voit le jour de par la volonté du nouvel homme fort qui trône sur les hauteurs de Mt Ngaliema. Mais, le célèbre Ministère du budget reste encore une fois de plus sous l’ombre et le contrôle de l’UNC, et pour respecter la tradition-maison, le secrétaire général en fonction de l’époque commence à préparer ses bagages avec une destination bien claire, mais, malheureusement la plus haute hiérarchie du parti va l’informer qu’il faudrait qu’on puisse rompre avec cette vieille coutume, en lieu et place du ministère du budget nous devrions innover un peu et confier au Secrétaire général en fonction un autre ministère sur le quota UNC. Mais, c’était sans compter avec les alliances souterraines que notre Mukwatombolo avait déjà tissé avec celui qui était pressenti titulaire du poste selon la tradition UNC. In extremis, sauvé donc par le nouveau « Ye mey », la tradition sera à nouveau respectée, et le Grand Vizir en fonction prendra la meilleure part après celle du roi de notre califat empêché.

Comme les traditions en afrique ont la peau dure ! comment est-ce possible ? Oui, ABS comme l’appelle ses intimes vient de commander un nouveau siège pour le Ministre du Budget, siège qui soit capable de supporter son poids. Pendant ce temps, polémiques et insultes fusent dans tous les sens dans notre quartier général : comment a-t-il pu oser accepter/négocier ce poste au détriment du choix de notre Mwalimu, comment donc, pour qui se prend-il ? au terminus politique, polémiques et questionnements n’empêcheront pas l’homme de consolider sa position politique au sein du gouvernement des warriors.

Comme dirait un sage de mon quartier, « Dieu ne dort pas », nous voici à la veille d’un nouveau remaniement, comme par accomplissement d’un ‘signe indien’, bien que notre Mwalimu fût pressenti premier ministre à sa sortie de CPRK, Mukwatombolo va préférer appliquer le principe selon lequel : on ne change pas l’équipe qui gagne, mais néanmoins, on change les joueurs fatigués. Plus question donc de changer de premier ministre et pour cause, ce dernier vient de tripler le budget de l’état, mais nous allons tout de même procéder à un remaniement partiel pour colmater les vides laissés par certains départs ainsi qu’au changement des ministres moins performants. Le premier ministre est donc instruit, lors de l’adresse du chef de l’état à la nation, de procéder à l’évaluation de tous ses ministres et de lui transmettre le rapport dans un bref délai.

Ici risque de commencer la théorie de la cécité politique ou du raisonnement par l’absurde à l’UNC, ce qui signerait d’une certaine immaturité politique. Alors que le contexte est aux négociations et à la consolidation des positions autour du chef de l’état candidat à sa succession, certains camarades sont restés focus sur le fait que le remaniement du gouvernement impliquerait le changement de tous les ministres UNC, créant par voie de conséquences la vacance au Ministère du Budget et l’actuel secrétaire général, Grand Vizir en fonction devrait se préparer à aller occuper le siège dudit ministère selon la tradition UNC depuis 2017.

La tradition peut-elle être respectée ? la comparaison sera-t-elle encore raison ? Pensez-vous que Mukwatombolo va céder le Ministère du budget à un ancien combattant qui lui a infligé des blessures réelles au corps ? comme il le disait lui-même : « c’est du spectacle, mais les conséquences sont réelles chez l’ennemi ». Un peu de réalisme camarades, s’il vous plait, un peu de réalisme. Que nos rêves ne dépassent pas la longueur du sommeil, disait un warrior de la musique congolaise.

Pensez-vous que le premier ministre va coter moins performant un ministre dont les résultats ont justifié sa reconduction ? Pensez-vous que Mukwatombolo va signer l’ordonnance pour nommer un ancien combattant à un Ministère aussi sensible pendant l’année électorale ? une année au cours de laquelle les dépenses extrabudgétaires de la présidence sont plus que prévisibles ? Réveillez-vous chers camarades, réveillez-vous chers jeunes membres de l’UNC, la probabilité pour que votre rêve se transforme en réalité est quasi nulle.

Est-ce-que l’accord de Nairobi peut servir de contrainte/chantage pour imposer le respect de la tradition UNC à Mukwatombolo ? Je suis au regret de vous informer que l’accord de Nairobi a été signé entre deux amis chefs de partis politiques et qu’à ces jours l’un est toujours chef de parti tandis que l’autre et Chef de l’état. Dans quel monde avez-vous déjà vu un chef de l’état en fonction s’assoir sur la même table avec un chef de parti politique devant camaras pour évaluer un accord fait-privé ? Il est vrai que le cloisonnement d’informations d’un tel acte ne pourrait pas vous permettre d’en être informé, mais je peux vous dire, chers camarades, sans crainte d’être contredit ni au directoire politique de l’UNC ni à la présidence de la république, l’accord de Nairobi a déjà été revu par les deux signataires principaux et nous sommes déjà en plein exécution de l’accord de Nairobi 2. Vous pouvez comprendre aisément que les fonctions d’état de l’un ne pouvaient pas permettre que cette révision et signature se fasse devant cameras et dans les mêmes formats que le premier. Neansmoins, retenez-le pour dit, verdict et vérifiable à la source, l’accord de Nairobi a déjà été revu. Point besoin d’attendre le congrès du parti pour que notre PN prenne une décision pour sa candidature en 2023, elle est déjà prise et en application, il appartient à notre PN seul de communiquer sur les termes au moment opportun, que personne donc ne vous trompe donc sur une quelconque ambition présidentielle qu’on exprimerait au congrès du parti. Faisons confiance à notre PN il a le contrôle de son navire.

En lieux et places de dépenser autant d’énergie dans la politique de « Boji, ôte toi de là que je m’y mette », de déployer au tant d’invectives contre votre camarade qui va sensibiliser ce samedi 14 la population du Sud-Kivu à l’enrôlement comme viennent de le faire le président de la commission défense et sécurité de l’assemblée, député de l’UNC notre parti dans la même ville de Bukavu, le président l’assemblée nationale à Kwango ou encore comme d’autres ministres du gouvernement sont en train de le faire dans leurs provinces d’origines, vous feriez mieux de réajuster vos stratégies parce que cette vieille tradition risque de prendre fin étant donné que celui qui nomme et révoque ne peut pas être contraint de signer une ordonnance en faveur d’un nom qui pose problème dans son entourage. Au pire des cas, celui que vous souhaitez éjecter avec force en dehors de l’UNC en le faisant passer pour traitre, sans preuve évidente de trahison, risque de bénéficier d’une permutation du Ministère du budget vers celui de l’économie parce que ses performances ne justifieraient pas son éviction du gouvernement au risque que le premier ministre remette en question les arguments officiels de sa reconduction. Dans ce cas précis, Boji sera permuté, mais l’UNC aura perdu le ministère du budget. Dans ce cas qui serait perdant ?
Vous vous demandez comment je sais qu’il pourrait être permuté à l’économie et non éjecté ? et bien, c’est notre partenaire au pouvoir, Mukwatombolo, en personne, qui me l’a dit autour d’une tasse de café en admirant le coucher du soleil du majestueux fleuve Congo. Suis-je devenu aussi traitre, comme ABS, pouvoir avoir partagé cette tasse de café avec notre patron de l’USN ? à vous d’apprécier et d’ajuster vos meilleures insultes comme vous savez bien le faire.

S’il y a encore des jeunes sensés dans notre parti, je vous invite à écouter le discours de la raison, la politique de « ôte toi de là que je m’y mette » a ses limites et ne pourrait être appliquée au contexte actuel du ministère du budget. Je vous invite donc à fumer le calumet de la paix pour notre intérêt à tous car nous avons déjà beaucoup perdu avec cette posture politique ambiguë en tant que parti au pouvoir et cela ne pourrait continuer sans faire des victimes parmi les multiples demandeurs d’emploi de l’UNC.

Si le premier remaniement évoqué concerne l’équipe gouvernementale, le second que je développe ici, concerne l’UNC. Alors que notre Mwalimu cherche comment procéder au remaniement étant donné que la guerre est finie et que maintenant nous en sommes au temps des négociations, il s’avère donc indispensable de remplacer les combattants qui occupent les premières lignes de responsabilités au secrétariat général par des politiques et négociateurs des responsabilités, l’équation semble impossible à résoudre parce que toutes les portes honorables par lesquelles le Mwalimu devrait faire passer son fidèle lieutenant autoproclamé Général sont assujetties à la signature de Mukwatombolo qui, malheureusement a encore en souvenirs l’impact des obus qu’il a reçu de ce dernier. A la veille du remaniement du gouvernement, l’UNC sera-t-elle capable d’exécuter son remaniement interne, Dieu seul le sait, à condition que Mukwatombolo donne une porte de sortie honorable au fidèle lieutenant de Mwalimu, mais une chose est certaine, ça ne sera pas vers le Ministère du Budget. Chers camarades, faites un petit effort de revoir vos lignes de communication et revoir aussi vos ambitions à la baisse afin de faciliter au Mwalimu la tâche, arrêter également de tirer inutilement sur votre camarade, car vous ne le remplacerez pas au Budget. « UMOJA NI NGUVU « 

Nous avons déjà beaucoup perdu à cause de ces guerres de bas étages de la cour du roi tant dans les entreprises publiques, les chancelleries, la territoriale ainsi que le cabinet du président lui-même. Il est temps de privilégier l’intérêt collectif à l’individuel, il est plus que temps d’arrêter cette hémorragie de perte des responsabilités pour un parti au pouvoir au risque de transformer le rêve de 150 députés nationaux en seulement 15,0 députés nationaux.

Toute maison divisée contre elle-même n’a pas d’avenir, même les jeunes qui nous ont rejoint hier en politique savent que seuls les tonneaux vides font beaucoup de bruit, aucun parti au pouvoir qui a l’effectivité du pouvoir peut se livrer à de tels spectacles macabres sur les réseaux sociaux. Comment un parti élitiste aux militants disciplinés qui prêchaient l’excellence a été transformé en parti de rues où l’argumentaire politique a été remplacé par les insultes, où l’élégance et la noblesse a cédé la place à la bêtise et l’ignominie ?

Chers camarades membres de l’UNC, revenons aux fondamentaux de nos pères fondateurs s’il vous plait.

Que Dieu bénisse le Congo,

Que Dieu bénisse l’UNC,

Et que Dieu donne longue vie à notre autorité morale de l’USN !

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