Par Oscar BISIMWA
Réuni le jeudi 08 janvier 2026 pour sa première session ordinaire de l’année, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé de poursuivre, pour la deuxième fois consécutive en l’espace de trois mois, l’assouplissement de sa politique monétaire, confirmant ainsi la solidité du cadre macroéconomique national et la confiance retrouvée dans les fondamentaux de l’économie congolaise.
Après une première réduction significative du taux directeur de 25 % à 17,5 % en octobre 2025, la BCC franchit une nouvelle étape en le ramenant à 15,0 %, traduisant une orientation claire et cohérente vers un financement plus favorable de l’économie réelle.
1. Des décisions fondées sur la stabilité et la confiance
S’appuyant sur des perspectives rassurantes d’inflation maîtrisée en 2026, une stabilisation durable du taux de change ainsi que le maintien d’une croissance économique robuste, la Banque Centrale du Congo a décidé :
– de ramener le taux directeur de 17,5 % à 15,0 %, soit une baisse de 250 points de base ;
– de réduire le taux des facilités de prêt marginales de 21,5 % à 19,0 % ;
– de maintenir inchangés les coefficients de réserve obligatoire, en gage de prudence et de stabilité financière.
Ces mesures traduisent une volonté affirmée de la BCC de créer des conditions monétaires favorables, tout en veillant à préserver les équilibres macroéconomiques durement acquis.
En termes simples, la Banque Centrale rend l’argent progressivement moins cher afin de faciliter le financement de l’économie nationale, sans compromettre la stabilité du système financier.
2. Une orientation monétaire porteuse de relance économique
Le taux directeur constitue le principal instrument de signalisation de la politique monétaire. Il correspond au taux auquel la Banque Centrale refinance les banques commerciales, lesquelles s’en inspirent pour fixer les conditions de crédit à destination des entreprises et des ménages.
En procédant à deux baisses consécutives du taux directeur en trois mois, la BCC envoie un signal fort aux marchés, aux investisseurs et aux opérateurs économiques :
– l’inflation est sous contrôle ;
– la stabilité macroéconomique est consolidée ;
– le moment est opportun pour soutenir plus activement la croissance par le crédit.
Dans ce contexte :
– les entreprises devraient bénéficier de conditions d’emprunt plus favorables, propices à l’investissement productif ;
– les ménages pourraient accéder plus aisément aux financements pour le logement, les activités commerciales ou la consommation.
Cette dynamique est appelée à stimuler l’investissement, renforcer l’activité économique et soutenir la création d’emplois, tout en améliorant la circulation de la liquidité au sein de l’économie.
3. Des réserves obligatoires maintenues : un gage de prudence et de stabilité
Les réserves obligatoires représentent la part des dépôts que les banques doivent conserver auprès de la Banque Centrale. En décidant de les maintenir inchangées, la BCC confirme son approche graduelle et responsable, évitant toute injection excessive de liquidités susceptible de générer des déséquilibres inflationnistes.
Il s’agit donc d’un assouplissement maîtrisé, conciliant soutien à l’économie et préservation de la stabilité du système bancaire.
En conclusion, à travers cette nouvelle baisse du taux directeur, la Banque Centrale du Congo confirme son rôle de pilier de la stabilité macroéconomique et de catalyseur de la croissance, en parfaite cohérence avec la politique économique générale du Gouvernement.
Les experts saluent la constance, la lisibilité et la crédibilité de l’action de la BCC, menée conformément aux dispositions de la loi n°18/027 du 23 décembre 2018, notamment en son article 9, alinéa 2, qui consacre son engagement à soutenir la politique économique nationale tout en veillant à la stabilité monétaire et financière.
