Nation

Nouveau report de la remise et reprise au CAMI : l’État de droit en danger au cadastre Minier

Initialement prévue pour le 31 mai, reportée pour ce jeudi 17 juin 2021, la remise et reprise entre Jean-Félix Mupande et Chantal BASHIZI LEMBO, respectueusement Directeur général sortant et Directeur Général entrant, est de nouveau reportée au vendredi 02 juillet 2021.

Dans une correspondance adressée aux deux responsables précités, la ministre des Mines Antoinette N’samba Kalambayi souligne que ce nouveau report est une instruction du chef
du gouvernement, Jean Michel Sama Lukonde « Sur instruction de son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement, la remise et reprise qui était prévue ce jeudi 17 juin 2021 est reportée au vendredi 02 juillet 2021 », peut-on lire dans cette correspondance dont notre rédaction a consulté une copie.

Si le premier report, du 31 mai 2021 au jeudi 17
juin était compris comme répondant au besoin de donner au Directeur général sortant Jean-Félix Mupande un peu plus de temps pour préparer les dossiers importants qui devraient faire
l’objet de ladite remise et reprise, ce nouveau rendez-vous manqué soulève bien d’interrogations.

Pourquoi le Premier ministre trouve-t-il de l’intérêt à s’impliquer corps et âme dans ce dossier? Sama Lukonde s’inscrit-il dans une dynamique de protéger coûte que coûte le Directeur sortant M. Mupande qui continue à gérer le cadastre minier presque par défi, alors qu’il a été remplacé depuis 2018? Quels sont les éléments sur lesquels se base Monsieur le Premier pour maintenir en fonction un Directeur général devenu illégal et sans signature depuis 2 ans?
? pourquoi seulement le Cami connait ce problème alors que les autres mandataires
nommés à la même période jouissent déjà de leurs droits?
Quel message le Chef de l’exécutif national veut-il lancer à l’endroit du peuple congolais qui croit réellement en l’avènement de l’État de droit tant souhaité par le Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo ?

Si l’état de droit repose réellement sur le respect des règles qui régissent le fonctionnement de l’État, le dossier Cadastre Minier est en train de virer vers la négation pure et simple des principes républicains.

« Une ordonnance présidentielle qui est signée, publiée au journal officiel, notifiée aux intéressés, et qui souffre d’exécution par le bon vouloir de quelques écuries tribales, cela relève d’une supercherie d’une autre époque », regrette le Chef coutumier Songe présent sur le lieu de la remise et reprise.

Pour sa part, la nouvelle nominée reste sereine et attend la nouvelle date fixée par l’autorité de tutelle pour « que l’équipe devant légalement diriger la Cadastre Minier puisse réellement prendre ses fonctions ».

En attendant, la ministre des Mines Antoinette N’samba maintient toujours sa décision de priver Félix Mupande le droit d’engager le Cadastre Minier. Voilà qui prolonge le CAMI dans une situation d’enfant sans parent, moment où ce service public joue un rôle très important dans le secteur minier
congolais, quand on sait qu’actuellement l’économie congolaise repose sur les mines.
Pour rappel, la nomination des nouveaux animateurs du cadastres minier avec à la tête Mme Chantal BASHIZI LEMBO remonte à décembre 2018. Les responsables de 4 autres structures du ministère des Mines qui ont été nommés dans les ordonnances publiés le même jour, sont entrés en fonction au lendemain de leurs nominations.

Mais au CAMI, le ministre Martin Kabwelulu avait tenu à maintenir son frère Mupande, en violation de l’ordonnance présidentielle. Le Ministre Willy Kitobo a tenté d’éxécuter l’ordonnance mais s’est vu rappeler par le Premier ministre Ilunga Ilunkamba qui, lui aussi avait préféré la tribu à la République. Et finalement, vint le tour de la ministre Angèle N’samba, fille idéologique d’Etienne Tshisekedi, qui a pris le courage de corriger l’illégalité dans laquelle le CAMI fonctionne depuis 2 ans. À son tour, la dame se voit rappeler par le Premier ministre, originaire du Katanga comme le DG sortant qui refuse de partir. À cette allure, l’Etat de droit est en danger.

Congo réformes/ Liberté Plus

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer