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RDC : la Gécamines a été dépossédée de 40 millions de tonnes de cuivre, 4,5 millions de tonnes de cobalt et 4,3 millions de tonnes de zinc au profit des multinationales (Albert Yuma)

Gécamines

Le président de la FEC (Fédération des entreprises du Congo) et Président du Conseil d’Administration de la Gécamines, Albert Yuma, a révélé, au cours d’une séance académique au Conseil économique et social le lundi 3 mai 2021 à Kinshasa, que la société d’Etat Gécamines a perdu l’essentiel de son patrimoine minier par le moyen des joint-ventures plus de 54 millions de tonnes de minerais dans la période allant entre 1996 et 2008.

De son avis, une des causes de la situation paradoxale actuelle de la RDC, un pays au scandale géologique mais pauvre, est liée « au transfert de nos ressources naturelles, lors des deux guerres qui ont ensanglanté notre pays et qui ont servi à les financer ou à rétribuer les belligérants ».

« Comme nous le savons malheureusement tous ici, notre pays a été littéralement pillé entre 1998 et 2001 pour plus de 10 milliards de dollars selon l’ONU, situation qui a continué entre 2001 et 2003 notamment et qui a continué jusqu’en 2006, sous une autre forme – plus civilisée mais tout aussi brutale, de transmission de parts sociales entre ceux qui avaient hérité des actifs dans la période précédente et des investisseurs heureux d’acquérir des actifs internationaux dans des conditions très avantageuses, a fortiori dans un pays désormais pacifié », a dénoncé Albert Yuma.

Et de révéler : « En tout état de cause le résultat fut particulièrement édifiant en termes de pertes patrimoniales pour l’Etat. A titre d’exemple, GECAMINES a vu fondre son patrimoine « légalement » si vous me permettez l’expression, de 40 millions de tonnes de cuivre, 4,5 millions de tonnes de cobalt et de 4,3 millions de tonnes de zinc qui ont été transférées dans des Joint-Venture ».

Selon le PCA de la Gécamines, si on ne se concentre que sur les quatre plus gros partenariats de GECAMINES, TFM en 1996 représentait entre 4 ou 18 millions de tonnes de cuivre, KCC en 2003 pour 16 millions de tonnes, Boss Mining en 2003 pour 2,6 millions de tonnes de cuivre, Sicomines en 2008 pour prétendument 8 millions de tonnes. « Cela veut dire que quatre partenariats représentent déjà à minima 84% des transferts miniers en cuivre et cobalt, le solde 16% étant transféré en 2005 principalement au moment du 4+1 dans des conditions de division politique que tous connaissent », a-t-il dit devant les Conseils de la République.

Pour lui, cette injustice devra à terme être corrigée par le nouveau Code minier révisé dont les enjeux sont : Développer les ressources financières de l’Etat, développer une classe moyenne congolaise en stimulant l’économie et assainir l’artisanat minier.

« Il faut donc appliquer ce Code sans retard et c’est la seconde étape du processus, pas la plus facile, même si la précédente était déjà complexe, à laquelle succédera je l’espère une troisième, qui trouvera les voies et moyens pour que ces 40 ou 54 millions de tonnes cédées gratuitement un jour réintègrent le giron national. C’est un test pour notre pays. Saurons-nous nous rassembler et faire front pour montrer un visage uni devant lequel nos partenaires n’auront d’autre choix que de respecter la loi ? Seul l’avenir nous le dira », a-t-il lancé aux Conseillers de la République les appelant au « combat » pour l’application du Code minier révisé.

Par DESKECO

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