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RDC : un UDPS favori pour la primature, Bahati sacrifié


RDC : Un UDPS favori pour la primature, Bahati sacrifié

L’informateur Modeste Bahati a rendez-vous ce mardi 9 février 2021 avec le président Tshisekedi. Selon diffrentes sources, le président de l’AFDC ne se fait plus guère d’illusions sur la possibilité de décrocher le poste de Premier ministre.

« Tshisekedi lui avait promis le poste de formateur après le boulot abattu comme informateur sous la dictée de Kabund. Mais aujourd’hui, alors qu’il lui reste légalement trois semaines pour mener à bien sa première tâche, l’informateur Bahati a de sérieux doutes sur l’avenir de sa mission »,explique un homme politique congolais bien introduit dans les salons de Kinshasa.

« Avec la majorité dont il dispose désormais au travers de son Union sacrée pour le Congo, Tshisekedi et surtout son éminence grise Jean-Marc Kabund se sentent pousser des ailes. Bahati l’a compris et ne semble plus se faire beaucoup d’illusions », explique un autre habitué des cercles du pouvoir kinois.

L’équation est simple, Modeste Bahati a mené à bien (trop bien) sa mission. La majorité qu’il a attirée dans l’Union Sacrée permet au président Tshisekedi de voir venir les prochaines échéances politique avec sérénité. Il contrôle l’Assemblée nationale, où le vice-président Kabund apparaît comme le vrai patron, tout en ayant attribué la présidence (de façade) à un élu de l’Ouest.

RDC : Bahati informateur sous l’ombre de Kabund

La primature doit donc revenir à un élu de l’Est. Bahati l’avait bien compris quand il espérait être cet homme avec ses origines et sa base kivutiennes. Mais le poids à lourd à l’Est, est et reste l’ancien grand Katanga qui disposait jusqu’ici soit du président de la République (Joseph Kabila), soit de la primature (Sylvestre Ilunga). Impossible pour ces riches provinces issues du découpage du grand Katanga de se retrouver sans poste de taille, d’autant que la présidence est entre les mains d’un Kasaïen et que la cohabitation  entre Katangais et Kasaïens est parfois redevenue très problématique ces derniers temps.

Du coup, le poste de Premier ministre semble promis à un Katangais. Dans les salons kinois, quatre noms circulent avec insistance :

  • Christian Mwando, brillant ex-ministre des Finances du gouverneur Katumbi. L’homme dispose d’une vraie assise politique avec son UNADEF, me parti qu’il préside et qui fut créé par son père Charles Mwando Nsimba, grand nom de l’histoire politique congolaise.
  • Edmond Mbaz, issu du Lualaba, l’homme dispose d’une forte image de marque. Il fut ministre près du gouverneur sous Katumbi au Katanga. L’homme dispose de solides réseaux et est resté un proche conseiller de l’ancien gouverneur.
  • Fridolin Kashweshi, autre ministre provincial de Katumbi (il gérait les infrastructures dans une des rares provinces qui peut se targuer d’en disposer réellement) avant de prendre ce portefeuille au niveau national sous deux gouvernements Muzito et de poursuivre son parcours ministériel national aux Travaux publics sous Matata.
  • Fabien Mutomb, candidat malheureux au gouvernorat du Lualaba. Ancien de la SNCC, vice-président fédéral de l’UDPS au Katanga avant de se voir accorder le poste de Directeur général de la SNCC par les décrets présidentiels de « son » président.

Mutomb est présenté depuis quelques jours comme le candidat de Kabund. « Si l’UDPS veut vraiment rassembler, jouer l’ouverture, elle doit choisir entre Mwando, Mbaz ou Kashweshi. Mais l’UDPS n’est pas partageuse et Kabund encore moins, c’est pour cela que le nom de Mutomb se détache », explique cet homme d’affaires kinois aussi à l’aise avec la nouvelle majorité qu’avec l’ancienne.

« Mbaz, Kashweshi et Mwando sont tous les trois associés à Katumbi et pas certain que Tshisekedi et Kabund ont envie de faire plaisir à celui qui sera inévitablement sur leur route lors de la prochaine présidentielle et qui a refusé le poste de Premier ministre que Tshisekedi souhaitait lui accorder. L’homme d’affaires a flairé le piège, malgré les pressions de certains diplomates occidentaux, il a poliment refusé ce poste qui l’associait définitivement à la gestion de Tshisekedi »,  explique un élu du Kongo-central, qui poursuit.  « Aujourd’hui, avec la majorité dont dispose Tshisekedi, un homme politique qui a de l’ambition sait qu’il sera coincé à la tête du gouvernement entre le président de la République et le vice-président de l’Assemblée nationale, ce qui offre une marge de manoeuvre plus que limitée. »

Fabien Mutomb n’aurait donc que des avantages selon Kabund. Il est Katangais, de l’UDPS et avait expliqué, en février 2020, à l’occasion du troisième anniversaire de la mort d’Etienne Tshisekedi : « Nous n’allons pas gérer pendant 5 ans seulement. L’action du président Tshisekedi va ramener le pays jusqu’en 2023 et 2028. Comme l’ANC en Afrique du Sud, nous allons faire 50 ans au pouvoir », un discours qui ne peut qu’achever de convaincre l’homme à la casquette blanche sur la qualité de son poulain.

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Si Mutomb devait décrocher ce poste, nul doute que la Société nationale des chemins de fer congolais (SNCC) deviendrait une destination incontournable pour tous les mandataires politiques aux grandes ambitions nationales puisque Mutomb succéderait au poste de Premier ministre à Sylvestre Ilunga, ancien président du conseil d’administration de cette société. « Ce doit être la ponctualité et la qualité des chemins de fer qui permettent aux dirigeants de cette société d’atteindre le sommet de l’Etat », conclut dans un éclat de rire moqueur notre homme d’affaires.

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