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RDC-Loi de ratification : la « Zone de libre-échange africain » pourrait tuer l’économie congolaise

*Le Sénat appelé à examiner avec soin cette adhésion votée par l’Assemblée nationaleIl y a une semaine, l’Assemblée nationale a voté le projet de loi de ratification instaurant l’adhésion de la RDC à la « Zone de libre-échange africain  » (ZLEC) de l’Union africaine. Ce texte est envoyé en deuxième lecture à la Chambre haute, pour que les sénateurs se livrent au même exercice. L’enjeu étant la ratification qui est très attendue au niveau africain.

Le Sénat est appelé à passer au crible l’adhésion de la RDC à cette zone de libre-échange africain. Et pour cause, cette Zone de libre-échange pourrait tuer l’économie locale, partout en RDC. Car la « Zone » lève toutes les barrières tarifaires, y compris les accises ou douanes aux frontières des pays membres.

Or, en ce jour, les exportations de la RDC sont loin de profiter à son économie par la « Zone de libre échange ». Mais, elle sera plutôt envahie par les produits finis venant des autres pays membres sans payer aucune taxe d’entrée.

C’est cela la Zone de libre-échange dont ne tirent profit que les pays qui ont des gammes de produits à exporter.

Il est donc tenu à la RDC de se mettre à produire, elle qui n’est pas dans cette catégorie des pays producteurs.

Ces produits, entrés sans frais de douane, seront en concurrence avec les produits finis de l’industrie locale dont le coût de production est élevé. Ils ne sauront pas tenir sur le marché des biens avec une telle concurrence qui prendrait la forme d’une concurrence déloyale.

La RDC n’est pas encore prête à adhérer à ce type de « Zone de libre-échange » qui pourrait avoir comme effet la mort subite de l’industrie locale des compagnies privées comme « MARSAVCO » ou celles des produits cosmétiques et autres qui emploient des milliers de Congolais.

Ces sociétés risquent de mettre la clé sous le paillasson, car ne pouvant plus écouler leurs produits sur le même marché que les produits venant de la Zone de libre-échange qui n’ont aucun frais douanier.

Par conséquent, la RDC ne peut adhérer à la Zone de libre-échange les yeux fermés. Qu’on évalue le volume des exportations du pays lorsqu’il est entré à l’AGOA des Etats-Unis qui autorisent les pays africains à exporter des produits agricoles sans frais de douane sur le territoire américain.

La RDC n’avait rien exporté par l’AGOA où le volume était nul.Comment veut-on alors comprendre qu’un pays qui n’exporte presque rien comme la RDC – à part ses matières premières – puisse adhérer à une Zone de libre-échange d’un espace africain? Il faut plutôt se projeter dans l’avenir pour préparer le pays à accroitre ses exportations en produits finis avant d’envisager de telles adhésions.

Tous ces éléments pris en compte, il est difficile de comprendre comment à l’Assemblée nationale, les députés n’ont pas examiné la question sous tous ses aspects pour à tout le moins post-poser cette adhésion plutôt que de l’approuver sans en peser les conséquences sur le plan de l’économie locale.

Par KANDOLO M. (FDA)

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