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RDC-« J’aimerais manger deux fois par jour » : quand la Covid-19 fait grimper la faim

Le témoignage d’une fillette congolaise illustre la situation de nombreux enfants malnutris.

Dans un rapport publié le 14 décembre 2020, l’organisation Save the Children met en garde contre les conséquences du Covid-19 sur la lutte contre la malnutrition. Après des années de progrès, la tendance semble s’inverser et les enfants en Afrique subsaharienne sont parmi les plus exposés à la faim.

Une crise nutritionnelle menaçante

La dernière étude de Save The Children est alarmiste. Faute de mesures urgentes, la malnutritionpourrait tuer plus de 200 000 enfants supplémentaires dans les deux prochaines années. L’organisation rappelle que le Covid-19 a entraîné une augmentation de la pauvreté, une perte de moyens de subsistance et un accès moindre aux services de santé et de nutrition.

« La crise du Covid-19 a conduit à une vague de nouveaux cas de malnutrition parmi les communautés et nous devons arrêter cette menace dans son élan »Gabriella Waaijman, directrice de l’aide humanitaire à Save the Children

Des familles déjà vulnérables

En République démocratique du Congo, et plus précisément dans la région du Kasaï oriental, de nombreuses familles vivent dans l’extrême pauvreté. La région ne s’est pas relevée du conflit de 2017 et la nouvelle crise sanitaire n’a fait qu’empirer la situation. Ici, près d’un enfant sur deux ne mange pas à sa faim et souffre d’un retard de croissance. De nombreux enfants sont pris en charge par Save the Childen qui leur fournit des compléments alimentaires pour soigner les carences. Michèle*, 9 ans, y emmène tous les jours sa sœur Gloria*, 1 an, atteinte d’une forme aiguë de malnutrition.

« Je portais ma sœur sur mon dos pour l’emmener au centre. Je voulais juste qu’elle retrouve sa santé. Quand un enfant ne mange pas, il tombe malade et ne pourra ni aller à école ni être intelligent »Michèle*, 9 ans 

à Save The Children-RDC

Michèle, l’aînée d’une fratrie de trois, s’occupe de ses sœurs pendant que ses parents travaillent au champ. Elle continue d’aller tous les après-midi à l’école, même le ventre vide, et rêve de pouvoir un jour avoir droit à deux repas quotidiens. En République démocratique du Congo, pays pourtant immensément riche, un enfant sur deux est obligé de se contenter d’un seul repas par jour.

*Les prénoms des enfants ont été modifiés.

Par Eléonore Abou EzFrance

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