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La RD Congo se dote d’un plan stratégique de lutte contre la corruption

La Journée internationale anti-corruption fut célébrée le 9 décembre 2020. A cette occasion, l’Agence de prévention et de lutte contre la corruption (APLC) a présenté à Kinshasa son plan stratégique de lutte contre la corruption qui s’étend sur 10 ans.

Suivant Radio Okapi, ce plan est basé sur des éléments tels que les principes fondamentaux du système juridique de la RDC, les politiques efficaces et coordonnées de prévention de la corruption favorisant la participation de différentes parties prenantes ainsi que les principes d’Etat de droit et de bonne gestion des affaires publiques.

Il s’articule autour d’une vision consistant à renforcer l’intégrité et à réduire de façon significative la corruption en vue d’assainir le climat des affaires, de réconcilier la population avec les institutions et de contribuer à la réduction de la pauvreté.

Parmi les actions de sa politique de prévention, l’Agence note la sensibilisation des dirigeants et des citoyens au besoin de transparence et de responsabilité.

Il en est de même de la mise en place d’un code de bonne conduite obligatoire dont le contenu sera précisé progressivement, le partenariat avec la société civile, notamment les médias, les ONGs et la FEC (Fédération des entreprises du Congo).

Les méfaits de la corruption

L’ampleur de la corruption en RD Congo est directement liée à la désorganisation économique et politique du passé. Il y a la petite corruption, celle qui provient du fait que les gens sont très mal payés. Ils sont de ce fait obligés de monnayer leurs services pour survivre. Il y a aussi la grande corruption. Celle qui a trait au détournement de deniers publics et à des dessous de table pour arracher la signature d’un contrat commercial ou d’une convention minière.

Cette pratique est fort répandue dans tous les rouages du pouvoir. La corruption est ruineuse pour le pays, car agissant comme une gangrène, elle finit toujours par l’anéantir. Elle contribue à l’amenuisement des ressources financières et au détournement des deniers publics.

Ne perdons pas de vue que la dette extérieure de la plupart des pays sous-développés est grevée par des surfacturations opérées sur les marchés publics. L’endettement extérieur est considéré comme un obstacle important au développement durable des pays pauvres.

La corruption est d’autant dangereuse que dans le secteur des bâtiments et des travaux publics, elle finit par augmenter les coûts des travaux et à altérer la qualité des infrastructures. Trop souvent, on a vu des routes réfectionnées en grande pompe mais dont la durée de vie a été abrégée par la mauvaise qualité des matériaux utilisés. Dans d’autres cas, l’altération occasionne même des pertes en vies humaines.

La lutte contre la corruption doit être efficace

Le pays s’est doté en 2002 d’une Stratégie nationale de lutte contre la corruption qui était aussi fondée sur les mêmes grands axes suivants:

  1. la prévention, la moralisation et la sensibilisation;
  2. la réforme des institutions publiques;
  3. les modalités de répression de la corruption;
  4. la mise en place d’un partenariat entre le secteur privé, le secteur public, la société civile et la communauté internationale afin de lutter contre la corruption et la criminalité transnationale.

Cette stratégie n’a donné aucun résultat sur le terrain. Une lutte efficace contre la corruption exige non seulement des réformes juridiques et institutionnelles mais aussi un changement des mentalités.

Nous attendons évidemment la mise en œuvre pratique de toutes les recommandations du nouveau Plan stratégique de lutte contre la corruption. Il faut que tout le monde s’attèle à combler le fossé existant trop souvent entre la promulgation des textes de loi et leur application dans la vie de tous les jours.

L’avenir de notre pays en dépend. Le jour où nous pourrons circuler sur nos routes sans que les policiers n’exigent un quelconque paiement, alors, le pays aura gagné sa lutte contre la corruption. Cela vaut aussi pour les fonctionnaires de l’État qui font monnayer tout service.

Par Gaston Mutamba Lukusa (Congo indépendant)

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