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RDC : le poids des provinces dans le budget du gouvernement central : de 14,77 (Kinshasa), 4,15 (Lualaba) à 1,99% (Tshuapa)

Présentée comme le cœur de l’industrie minière de la République démocratique du Congo, la province du Lualaba ne pèsera en réalité que pour 4% dans le budget du gouvernement central pour l’exercice 2020, loin derrière Kinshasa (14%), Haut-Katanga (10%) et Kongo Central (8%). Avec leur contribution respective de 5%, les Sud et Nord-Kivu dépassent curieusement le Lualaba.

Comment peut-on développer la RDC avec des provinces apparemment “extrêmement pauvres” alors que toutes les 26 ont des richesses potentielles ?

Qu’est-ce qui explique cette faible contribution du Lualaba dans le budget de l’Etat, alors que la province concentre les plus grands investissements miniers de la RDC, particulièrement en cuivre et en cobalt ? Il y a bel et bien anguille sous roche. C’est le moins que l’on puisse dire. Deux hypothèses sont possibles.

La première renvoie évidemment à la faiblesse des services de l’Etat à encadrer réellement les impôts, droits et taxes tirées de l’industrie minière. Ce qui repose l’épineux problème de coulage des recettes. Car, on ne peut pas comprendre que le Lualaba, avec sa toute puissante industrie minière, ne soit pas en mesure de canaliser d’importantes recettes vers le compte du Trésor, au point d’être dépassé par les deux Kivus.

La deuxième hypothèse ramène à la surface l’éternelle question de l’opacité de la fiscalité minière et l’apport réel de l’industrie minière dans le budget de l’Etat. Il se fait qu’une grande partie des industries minières du Lualaba sont le fait de divers partenariats conclus entre la Gécamines et des opérateurs. Dans ces conditions, l’Etat n’en tire que de maigres revenus, sans compter les dividendes presqu’inexistants supposés être versés à la Gécamines.

Au regard du faible apport du Lualaba dans le budget de l’Etat, il devient évident que la RDC doit redéfinir son rôle dans l’industrie minière. Ce que consacre le Code minier révisé en 2018.

On comprend dès lors la ferme volonté du Conseil d’administration de la Gécamines de revoir de fond en comble les nombreux partenariats qui continuent à lier cette entreprise du portefeuille de l’Etat, sans bénéfices réels autant pour elle que pour l’Etat congolais.

Quoi qu’il en soit, l’État congolais ne récoltera que 4% de ses recettes totales du budget de l’Etat en provenance du Lualaba. C’est une aberration qui appelle à de grandes réformes dans le secteur minier. Espérons que la mise en œuvre du Code minier révisé pourra vite corriger ce paradoxe.

L’ORDRE DE GRANDEUR DES PROVINCES SELON LEUR PUISSANCE ECONOMIQUE ET LE % DE CONTRIBUTION À L’ECONOMIE DE LA NATION :
1) KINSHASA. 14.77%
2) HAUT KATANGA. 10.16%
3) KONGO CENTRAL. 8.21%
4) NORD KIVU. 5.13%
5) SUD KIVU. 4.80%
6) LUALABA. 4.15%
7) TANGANYKA. 3.77%
8) HAUT LOMAMI. 3.45%
9) KWILU. 3.41%
10) MAI NDOMBE. 3.22%
11) MANIEMA. 3.22%
12) KWANGO. 3.20%
13) TSHOPO. 2.89%
14) KASAI CENTRAL. 2.83%
15) KASAI. 2.80%
16) ITURI. 2.54%
17) KASAI ORIENTAL 2.27%
18) HAUT UELE. 2.24%
19) SANKURU. 2.22%
20) LOMAMI. 2.21%
21) NORD UBANGI. 2.16%
22) SUD UBANGI. 2.11%
23) BAS UELE. 2.10%
24) MONGALA. 2.1O%
25) EQUATEUR. 2.05%
26) TSHUAPA. 1.99%
Source ministère du Budget.
http://Budget.gouv.cd/budget-2020/

Par Econews/CR

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