Uncategorized

RDC : déclinant mercredi son invitation aux consultations, le FCC dit “oui au dialogue”, mais dans le cadre institutionnel

* Dans une lettre adressée, mercredi 25 novembre 2020 au Chef de l’Etat, les Kabilistes soulignent que ce pourparler doit se tenir dans le cadre de l’Accord qui les lie au CACH.Rideau sur les consultations politiques en RD Congo. Le Chef de l’État congolais Félix Tshisekedi, a clôturé hier mercredi 25 novembre dans la soirée, son “référendum” amorcé depuis le 2 du mois en cours au Palais de la nation. Ainsi, pendant près de trois semaines, le successeur de Joseph Kabila a reçu plusieurs acteurs politiques et sociaux de son choix. Y compris ceux qui ne peuvent apporter la moindre solution à la crise actuelle, parce que ne faisant partie d’aucune institution.

Fait notable, ces consultations se clôturent sans la participation des leaders de tous les regroupements politiques, membres du Front commun pour le Congo (FCC). L’illustration a été faite hier mercredi, dernier jour de ces contacts directs.

Alors que Peter Kazadi, l’un des proches collaborateurs de Félix Tshisekedi, a annoncé l’arrivée des membres du FCC au Palais de la nation, ces derniers ont poliment réservé une fin de non recevoir à l’invitation du Chef de l’État.

Selon la même source, l’agenda d’hier du Président de la république, prévoyait de recevoir dans l’après-midi le FCC en dernier, avant de clôturer ces consultations.

Cependant, des sources qualifiées contactées par Forum des As, renseignent qu’au moment où Félix Tshisekedi attendait le FCC au Palais de la nation, se tenait en même temps, une importante réunion de la Conférence des présidents des regroupements membres de cette méga plateforme politique dirigée par l’ancien Président Joseph Kabila.

Au terme de leur rencontre, ces derniers ont adressé une lettre au Chef de l’État, dans laquelle ils avancent la raison de leur souverain refus de participer auxdites consultations.

À en croire les éléments d’information parvenus à la rédaction de Forum des As, les deux invitations du service de protocole du Chef de l’État ont été anonymes et adressées aux regroupements, en lieu et place du FCC, famille politique partenaire et partie à l’accord de coalition encore en vigueur.

OUI AU DIALOGUE, MAIS…

Par son refus catégorique de participer aux consultations, le FCC serait-il engagé dans un bras-de-fer avec le camp Tshisekedi ? A priori, nombreux pourraient être des esprits moyens qui n’hésiteraient pas à prendre ce raccourci.

Cependant, les Kabilistes, dans leur correspondance sus évoquée adressée au Chef de l’État, en guise d’accusé de réception de l’invitation aux consultations, perçoivent autrement les choses.

Ils soutiennent que s’il existe véritablement une crise institutionnelle, comme l’admet le président de la République, alors celle-ci ne peut se résoudre qu’au sein desdites institutions.

Sans emprunter des voies retorses, le FCC dit clairement ne pas être opposé à toute initiative de dialogue avec Félix Tshisekedi.

Bien au contraire. Il dit réaffirmer sa disponibilité à dialoguer avec le Président de la république, leur partenaire dans la coalition au plus haut sommet de l’Etat depuis janvier 2019.

Cependant, s’appuyant sur les résultats des élections du 30 décembre 2018, cette plateforme politique qui a l’écrasante majorité à la Chambre, précise que les pourparlers qu’elle préconise ne peuvent avoir lieu que dans le cadre des structures et mécanismes prévus par l’accord de coalition majoritaire, constituée à l’issue desdites élections.

Toujours dans la même correspondance, les Regroupements politiques membres du FCC, tiennent par ailleurs, à s’assurer que toute recherche de solution à la crise évoquée par Félix Tshisekedi, se fera en conformité avec la constitution et aux lois du pays dont le Chef de l’Etat est lui-même le garant.

.CONSTANT

Vu de certains esprits avertis, le refus du FCC de participer aux consultations est perçu comme un “No event”.

C’est plutôt le contraire qui aurait été la grande information d’hier mercredi, et qui sans doute, serait diffusée en boucle dans les médias.

En déclinant l’invitation de Fatshi au Palais de la nation, le FCC est donc resté constant dans sa position prise lors de sa deuxième retraite politique du mois en cours, au “Safari Beach” à Kinshasa.

L’opinion se rappelle qu’au sortir de cette retraite, le FCC avait clairement annoncé qu’il n’était pas intéressé par les consultations et par conséquent, n’y participerait pas.

Dès lors qu’il existe un cadre institutionnel mis en place par l’accord FCC-CACH, d’aucuns donnent raison à la famille politique de Joseph Kabila, pour dire que la crise ne peut-être résolue qu’entre les deux camps protagonistes. Ce, en se disant les quatre vérités en face dans un dialogue franc, même si en politique, la tendance générale est de dire que l’enfer c’est l’autre, lorsque les choses vont mal.

.LES OBSERVATIONS DU PR MARC KALUBI WA TSHIBOMBO

S’il y a eu un avant consultations, il y aura également un après-consultations du Palais de la nation, dans la mesure où le Congolais lambda perçoit en cette initiative du Président de la république, l’ombre d’un nouvel ordre politique au pays.

Ce changement, pour les partisans du Camp politique de Félix Tshisekedi, devrait impérativement passer, entre autres, par la liquidation de la coalition FCC-CACH.

Et, lorsqu’il motive l’organisation des consultations par le souci de refondation de l’action gouvernementale, le Chef de l’État semblait lui-même trouver la conclusion à un syllogisme sans majeure ni mineure.

Cependant, des analystes de plus en plus nombreux estiment que ces consultations ne sauront en rien, résorber la crise politique actuelle, faute d’inclusion.

Pour les mêmes observateurs, le FCC reste l’un des acteurs majeurs dans cette recherche de voie de sortie d’impasse.

Par conséquent, son exclusion, son refus de participer à la grand’ messe du Palais de la nation, pourrait finalement bloquer le Chef de l’Etat qui est lui-même partie au problème.

D’ores et déjà, le Prof Marc Kalubi Wa Tshimbombo, anticipe pour dire que les consultations ont accouché d’une souris.

D’abord, selon lui, à cause du mépris à peine voilé du FCC, pourtant patron de la majorité parlementaire. A cela, il ajoute le fait que les personnalités consultées, en plus du fait qu’elles ne soient pas partie prenantes à l’accord FCC-CACH, n’ont aucune pondération politique voulue dans le jeu institutionnel en RD Congo.

“Ce qui a rendu la tache difficile au Chef de l’Etat, infidèle à l parole donnée à son allié FCC avec qui il devrait composer pour l’intérêt supérieur de la nation en crise sociale inédite”, constate le même Prof.

Quant au blocage du pays attribué aux ministres FCC, ici aussi, le prof Marc Kalubi Wa Tshimbombo fait remarquer que Félix Tshisekedi n’a pas pu démontrer à ses interlocuteurs, pendant les Consultations, comment dans le concret, il est bloqué.

“Sinon, les ministres CACH au Gouvernement auraient tous rendu le tablier”, conclut-il.

Par Grevisse KABREL (FDA)

Afficher plus

Articles similaires

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Bouton retour en haut de la page
Fermer