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RDC : léger répit de l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Equateur

En République démocratique du Congo, contrôle de la température pour des élèves d’une école primaire à Mbandaka, dans la province de l’Equateur, qui affectée par une épidémie d’Ebola.

Sur le front  de la lutte contre Ebola en République démocratique du Congo (RDC), si la menace est encore là, quelques informations un peu plus rassurantes tombent aussi. Les dernières données, de l’épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit dans la province de l’Equateur, ne signalent aucun nouveau confirmé.

« Aucun nouveau décès parmi les cas confirmés. Aucun nouveau patient déclaré guéri », rapporte l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans sa dernière mise à jour datée du dimanche 6 septembre 2020 et publiée sur son compte Twitter.

C’est un léger répit par rapport au dernier bulletin sanitaire du Bureau de l’OMS en RDC.

Pour les données du 5 septembre 2020, la RDC avait recensé deux nouveaux cas confirmés dont un nouveau décès parmi les cas confirmés. Et La zone de santé de Bomongo a notifié son premier cas confirmé de la maladie à virus Ebola le 4 septembre 2020.  
 
Déclarée le 1er juin 2020 dans la province de l’Équateur, l’épidémie a fait 112 cas (106 confirmés & 6 probables) dont 48 décès et 50 guéris. Ce qui constitue un taux de létalité de plus de 42%.

À ce jour, 37 aires de santé touchées, réparties dans 12 zones de santé. Aussi, 173 nouvelles personnes ont reçu le vaccin rVSV-ZEBOV-GP, portant le total à 27.303 personnes vaccinées depuis le début de la campagne de vaccination.

10.148 cas confirmés de Covid-19 dont 259 décès

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), une équipe pluridisciplinaire de riposte est arrivée dimanche 6 septembre à Buburu dans la zone de santé de Bomongo.

« Le déploiement de cette équipe permet de mettre en place toutes les activités de réponse dans cette zone afin de contenir l’épidémie », relate l’OCHA dans son dernier bulletin humanitaire.

« Dans la zone de santé de Bikoro, la méfiance contre la riposte Ebola est préoccupante », a ajouté l’OCHA, relevant qu’une « partie de la population est réticente face à la vaccination et les enterrements dignes et sécurisés ».

Dans ces conditions, la commission Communication multiplie des séances de sensibilisation auprès des leaders communautaires afin d’obtenir une plus grande participation de la communauté dans la lutte contre Ébola. 
   
Concernant la pandémie de Covid-19, la RDC a notifié 32 nouveaux cas testés positifs. Il s’agit de 23 cas au Nord-Kivu, 8 à Kinshasa et un au Nord-Oubangui. Au total, il y a eu 10.148 cas confirmés de Covid-19 dont 259 décès, selon un bilan établi lundi par l’OMS.

Par ailleurs, le nouveau coronavirus circule toujours dans la Ville-Province de Kinshasa, qui reste le principal foyer en RDC avec 78,3% des cas, suivie des provinces du Nord-Kivu (8%), du Kongo Central (4,4%).

Dix-huit (18) provinces, sur les 26 que compte la RDC, sont actuellement touchées : Ituri (115 cas), Haut-Katanga (320 cas), Kasaï Central (1 (115 cas), Haut-Katanga (320 cas).

L’ONU ACCORDE 40 MILLIONS USD POUR LA RIPOSTE CONTRE EBOLA

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, Mark Lowcok, a annoncé le 10 juin 2020, l’octroi, par l’ONU, d’un financement de 40 millions USD du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations-Unies (CERF), à la République démocratique du Congo (RDC), pour Lutter contre l’épidémie à virus Ebola déclarée dans dernièrement dans la province de l’Equateur, indique une note d’information du bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA).

L’annonce de ce financement d’urgence intervient moins d’une semaine après que le gouvernement congolais a confirmé une nouvelle flambée d’Ebola à Mbandaka, dans la province de l’Equateur (nord-ouest de la RDC).

Le financement du CERF permettra de renforcer les services de santé existants, en vue de d’apporter un soutien aux survivants d’Ebola et établir des systèmes de surveillance communautaire, d’alerte et de réponse rapide.

Cette enveloppe servira également à financer la fourniture de vivres, d’abris, d’eau et d’assainissement ainsi que de services de santé, d’éducation et de protection.

Par ailleurs, poursuit la même source, en plus d’Ebola, la RDC est aux prises avec un mélange dangereux de crises sanitaires et humanitaires, notamment la rougeole, des déplacements internes et la pandémie de la COVID-19.

“Ce qui se passe en RDC, est un rappel brutal que la communauté mondiale ne doit pas perdre de vue les crises humanitaires qui étaient présentes avant la pandémie de la COVID-19”, a déclaré le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock.
Selon lui, si le monde détourne le regard dans des endroits comme la RDC, les personnes vulnérables prises au piège dans des cycles vicieux de souffrance, n’auront aucune chance de se battre face à la COVID-19.

L’octroi de 40 millions USD s’appuie sur les 30 millions USD précédemment alloués à la RDC par le CERF dans son volet d’allocations aux urgences sous-financees.
Le CERF est l’un des moyens les rapides et les plus efficaces d’aider les personnes touchées par les crises. Depuis sa création, il a aidé des centaines de millions de personnes touchées par les crises en mettant à disposition plus de 6,5 milliards USD dans 104 (cent quatre) pays et territoires.

UNE ONZIÈME ÉPIDÉMIE D’EBOLA EN RDC INQUIÈTE L’OMS

Plus de 56 cas avaient déjà été recensés en juin 2020 en République démocratique du Congo dans la province de l’Equateur.
L’OMS craint un sous-financement de la riposte à cette nouvelle épidémie d’un virus dont la mortalité est très élevée.

La onzième épidémie de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo (RDC) se répand dans la province de l’Equateur (Nord-Ouest), suscitant les premiers signaux d’alarme, avec des craintes sur le montant et l’usage des fonds alloués à la lutte contre le virus.

Depuis le 1er juin 2020, la nouvelle flambée touche la région de Mbandaka, déjà frappée en mai-juillet 2018 par la fièvre hémorragique (54 cas, 33 décès) et connectée par voie fluviale à la capitale Kinshasa, à quelque 600 km à vol d’oiseau.

CONCURRENCE AVEC D’AUTRES MALADIES

«Il y a maintenant 56 cas, ce qui est très préoccupant. Ce bilan dépasse celui de la précédente épidémie dans cette région», a déclaré jeudi la directrice régionale pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Matshidiso Moeti. Le dernier bilan vendredi du ministère congolais de la Santé donnait 58 cas – 54 confirmés et quatre suspects -, pour 22 décès.

Comme à chaque épidémie, l’OMS, premier partenaire du ministère de la Santé, redoute le sous-financement de la «riposte», sur fond de «concurrence» avec les nombreuses autres maladies qui touche la RDC (Covid-19, rougeole, choléra…). «Nous avons moins de deux millions de dollars en caisse», a commenté une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib, au sujet de l’actuelle épidémie d’Ebola.

Loin de rester dans les centres urbains, le virus Ebola se répand progressivement.
«Il y a des contaminations dans plusieurs villages», avance un responsable coutumier, Moraliste Nembetwa. Entre fleuve Congo et forêt, le terrain est difficile d’accès, en pirogue, en hélicoptère ou en 4X4, sur des ponts construits avec des rondins de bois.

Au coeur de cette zone, à l’hôpital de Bikoro, le médecin Serge Ngalebato recense «15 cas confirmés». L’épidémie touche «une zone de santé fragile», énumère-t-il. «En 2018, nous avons eu l’épidémie d’Ebola. En 2020, l’épidémie de rougeole. Au moment où je vous parle, nous avons enregistré cinq cas de poliomyélite». Cette nouvelle épidémie a commencé 23 jours avant la fin proclamée de la 10e épidémie d’Ebola, à plus de 1000 kilomètres à l’Est, principalement dans la province du Nord-Kivu (Est), déstabilisée par des dizaines de groupes armés.

VACCINATION

Avec 2287 décès pour 3470 cas, ce fut la deuxième épidémie de fièvre Ebola la plus grave de l’histoire, après celle qu’a connue l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016 (plus de 11 000 morts). Les deux épidémies congolaises n’ont aucune souche virale commune, a indiqué l’OMS. Il y a en revanche des transferts d’expériences. Comme dans l’Est, les autorités sanitaires ont ainsi lancé une campagne de vaccination dans la région de Mbandaka.

«On est à plus de 8000 personnes vaccinés», se félicite Alhassane Touré, coordonnateur de la vaccination. «Toutes les zones de santé affectées ont été couvertes par la vaccination». «C’est toujours le même vaccin Merck déjà utilisé à l’Est», poursuit-il. «On a juste allégé la façon de vacciner pour aller plus vite».

Premiers partenaires de la RDC, les Nations unies ont promis de tirer tous les enseignements de la précédente épidémie, marquée par des violences avec «11 morts parmi le personnel médical et les patients» d’après l’ONU.
L’un des défis consiste à surmonter les «résistances» des habitants face aux équipes médicales (déni de la maladie, refus de livrer des patients à l’hôpital…). Il faut «écouter et impliquer les communautés à temps dans le dialogue et la planification de la riposte (…) sans quoi, nous risquons d’être contre-productifs», selon un responsable anti-Ebola de l’ONU, Abdou Dieng.

Des partenaires de la RDC redoutent aussi un nouvel «Ebola business» aux conséquences néfastes. Le terme a été forgé par l’agence de presse spécialisée The New Humanitarian dans une enquête sur la grande épidémie dans l’Est: «L’injection de centaines de millions de dollars (…) a créé un terrain fertile à des conflits d’intérêts et à la compétition pour le profit».
Une source proche des Nations unies, qui cite aussi la convoitise des autorités locales, l’avance: «Nous sommes refroidis avec qui s’est passé à l’Est. Tout le monde a été traumatisé par l’afflux d’argent. Cela fait monter les attentes de la part de la population.» Il y a cette fois-ci une «très grande prudence» des partenaires et des bailleurs de la RDC, ajoute cette source.

Par CR/Canu/DESKECO/AFP

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