Politique

«Versatile plus qu’une girouette, Martin Fayulu est un revanchard, un vindicatif indigne d’être chef de fil de l’opposition congolaise» (Popaul Matwika)

Dans un entretien exclusif avec le Média en ligne congoreformes.com ce mercredi 02 septembre, le Vice – Président Interfederal des jeunes de l’UNC Kinshasa Popaul MATWIKA dit trouver en Martin Fayulu un politicien versatile plus qu’une girouette. Le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2018 est, à l’en croire, un revanchard indigne d’être chef de fil de l’opposition congolaise».

«En clamant la mise en accusation du Président de la République pour haute trahison et violation intentionnelle de la constitution, il franchit la ligne rouge parce que cette énième stratégie malveillante, après son propre rejet de la soit-disante vérité des urnes, ne vise qu’à créer le chaos et l’anarchie au pays en vue d’un dialogue, le partage du pouvoir pour une transition de deux ou trois ans».

Cet encadreur des jeunes de l’Union pour la nation congolaise/ ville de Kinshasa pense qu’il est du devoir de la population, conformément aux dispositions constitutionnelles, de s’ameuter pour dire non à une démarche dont l’objectif contraste avec le pacte social qu’est la Constitution de 2006.

Congo Réformes : Très récemment, l’opposant Martin FAYULU a exigé la mise en accusation du Chef de l’État pour haute trahison au motif qu’il a nommé trois juges Constitutionnels en violation manifeste de la constitution. Quelle lecture faites – vous de cette affirmation ?

Popaul MATWIKA : Merci de l’invitation Monsieur le journaliste. Je dirai d’emblée que cette déclaration est tendacieuse puisqu’elle s’assimile à une tentative de putsch contre les institutions établies.

Pour le commun de mortel, cet opposant donne l’impression de poursuivre le vent dans une quête démesurée du pouvoir. En lui, on ne note que de l’inconstance depuis qu’il a perdu l’élection présidentielle de 2018. Il est très versatile plus que même une girouette, un revanchard, un vindicatif indigne d’être le chef de fil de l’opposition congolaise.

Monsieur le Vice – Président, N’est-ce-pas si fort que de traiter le candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2018 de versatile plus qu’une girouette ? Qu’est-ce qui lui vaudrait une telle qualification ?

Je n’invente pas la roue cher journaliste. Rappellez-vous que dans un entretien qu’il accordé à la presse en juillet de cette année depuis les États-Unis, le candidat de la coalition LAMUKA à l’élection présidentielle de 2018 avait affirmé que c’est en tant que chrétien qu’il a non seulement pardonné mais aussi tourné la page de 2018 pour penser désormais à l’avenir ; la vérité des urnes était désormais donc une page tournée. Mais, une fois de retour au pays, devant ses militants, il tiendra un autre discours le ramenant au statu quo ante.

Cette inconstance en politique est pernicieuse car elle traduit la personnalité d’un homme, celui d’un revanchard, un vindicatif instable. D’un côté il tourne la page, et d’un autre, il calcule la conquête du pouvoir par le consensus et le dialogue. De là, aucune différence avec une girouette.

M. Fayulu pointe du doigt le Chef de l’Etat pour avoir remplacé trois membres de la Cour Constitutionnelle, et propose la poursuite du Chef de l’État pour haute trahison et violation intentionnelle de la Constitution. N’a-t-il pas raison selon vous ?

Encore une autre inconstance. D’abord, matin, midi, soir, depuis que le peuple lui a réservé la défaite cinglante en décembre 2018, l’opposant Fayulu n’a cessé de cibler la coalition au pouvoir, particulièrement la Kabilie. Mais en même temps, sa proposition macabre, paraît, sans doute, comme un moyen déguisé pour que le prochain Chef de l’exécutif national provienne de la kabilie. Quel paradoxe ?

Savez-vous que notre constitution prévoit qu’en cas notamment d’empêchement, de mise en accusation du Chef de l’État, l’intérim de la Présidence de la République sera assumé par Président du Sénat ? Je me demande en envisageant cette démarche, que vise t-il ? N’est – ce pas vouloir une chose et son contraire ? Soyons sérieux !

Deuxièmement, en mai 2018, Le Président de la République honoraire a eu à nommer par ordonnance, trois juges à la cour constitutionnelle. À l’époque, il fût critiqué véhément pour avoir violé la procédure en la matière du fait que le tirage au sort n’avait jamais été organisé avant ces nominations, en lieu et place de cette procédure constitutionnelle.

Rappelez-vous aussi à ce sujet que les avis sur la désignation de ces juges ont divergé selon que l’on était de la majorité ou de l’opposition. Pour l’opposition parlementaire de l’époque, la constitution était violée dans ses articles 158, 159 ainsi que le règlement intérieur du Congrès dans ses articles 48 et 49. Tandis que la Majorité présidentielle quant à elle, estimait que la procédure était régulière dans la mesure où la constitution n’avait pas défini spécifiquement une procédure de désignation des membres devant siéger à la Cour constitutionnelle. Au finish, c’est la position de la majorité qui s’affirmât.

Martin Fayulu toujours opposant alors, n’a même pas soulevé son petit doigt pour réclamer la mise en accusation pour haute trahison et violation intentionnelle de la constitution de Joseph Kabila. Aujourd’hui, la position qu’il adopte etonne, et montre clairement que ce qui l’intéresse, c’est de mettre le pays sens dessus sens dessous pour créer une situation qui va amener le pays à une table pour le partage du pouvoir. Pour ça, le peuple dit non !

Ça veut dire quoi selon vous mettre le pays sens dessus sens dessous ? Pourquoi vous en prenez-vous aussi farouchement à un compatriote qui exprime librement ses opinions, droit d’ailleurs garanti par les lois de la République ?

Écoutez, je ne condamne pas l’exercice de ce droit, mais plutôt je fustige l’idée sous jacente de son discours. Cet opposant veut s’engager dans un processus dont l’objectif est d’accéder au pouvoir par des moyens retors, le dialogue devant conduire à une transition de deux ou trois ans, et pourtant nous sommes dans un quinquennat, un mandat voulu par le peuple.

Il feint d’être légaliste mais au fond, nous avons à faire à une option qui tient à mettre le pays sens dessus dessous dans le but de créer une scène apocalyptique au sommet de l’Etat susceptible de conduire le pouvoir dans la rue. Croyez – moi, cela n’arrivera nullement car, le peuple est suffisamment mature, et comprend parfaitement bien le jeu dès son état embryonnaire.

Qu’est-ce qui est embryonnaire en lui qui ne passera pas d’après vous ?

Tenez, Monsieur le Journaliste, aucune majorité politique ou parlementaire, d’où qu’elle vienne, ne peut outrepasser les principes fondateurs de la République.

En revendiquant la mise en accusation du Chef de l’État, le candidat malheureux de l’élection présidentielle de 2018 poursuit – il quel objectif ? N’est – ce pas l’instabilité et l’anarchie ?

S’il est vrai que la stabilité du pays est le socle de son essor, pourquoi au moment où le pays est en coalition, exercice démocratique pas facile, chercher à réveiller les anges de la mort ? Cette déclaration qui est encore embryonnaire ne passera pas !

Vous devez savoir également qu’après plusieurs mois d’inactivité à l’extérieur du pays, Martin Fayulu ne cherche que du buzz ; longtemps inactif, il pense revenir sur l’actualité sur un sujet sans fond légal ; il se trompe.

Aussi, l’expérience inédite de la coalition que vit actuellement notre pays doit servir à résoudre les problèmes des Congolais et non à en aggraver. Il est important que comme l’a même souligné le Chef de l’État Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI dans l’un de ses discours que cette expérience inédite ne conduise à renforçer l’hostilité mutuelle et la méfiance.

Fayulu doit arrêter de jouer au pyromane ; le pays, le peuple aspire à son bien-être, et il est temps que l’opposition soit républicaine et constructive.

Quand vous parlez que l’opposition doit être constructive et républicaine, que visez-vous ?

Le pouvoir pour le pouvoir ne doit pas être l’ultime but de l’opposition. Le souci du peuple doit guider l’opposition, critiquer là où il faut, et encourager et féliciter les bonnes initiatives. C’est de cette opposition que le peuple attend des opposants, celle qui se veut constructive et républicaine.

Le pouvoir tend à corrompre s’il l’on le cherche que pour le pouvoir, et le pouvoir absolu corrompt absolument. Pendant que la population aspire à la poursuite de l’accomplissement de la vision politique et social et à l’éradication de l’insécurité à l’Est déjà amorcés par le Chef de l’État, c’est pitoyable que certains compatriotes pour des motivations personnelles de quête de pouvoir s’évertuent à torpiller les initiatives louables.

La population n’a que faire de discours et positions qui portent les germes conflictuels.

Merci Monsieur le Vice – Président, votre mot de la fin ?

Plusieurs défis à relever sont devant nous, privilégions l’intérêt supérieur de la nation, de la sorte le Congo gagnera. Merci à vous également !

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