Nation

RDC : les limites géopolitiques du « J’ACCUSE  » du Dr Denis Mukwege

Pas besoin d’un référendum pour savoir si les Congolais seraient favorables à la mise sur pied d’un tribunal pénal international sur la RDC. Aucune personne lésée ne rechignerait à être dédommagée. Or, les victimes des guerres d’occupation, d’agression, de rapine… assorties de rébellions business se comptent par

plusieurs millions en terre congolaise. Dr Denis Mukwege peut donc compter sur tout un pays dans sa croisade pro justice dans l’Est de la RDC.
Pour sûr, le célèbre médecin de Panzi sera, certes, entendu à l’international. La voix d’un Nobel, qui plus est de la paix, sonne fort. Très fort même. Un amplificateur gratuit pour la RDC. Un vrai atout pour ce pays quasi muet ou rendu aphone par ceux qui distribuent la parole.
Pas sûr, cependant, que Dr Denis Mukwege soit écouté. Une paire de manches. C’est même, là, le hic de le « J’accuse » du plus médiatisé des toubibs congolais.

Revisiter les affres de crimes commis en RDC depuis près d’un quart de siècle reviendrait à faire le procès des auteurs intellectuels des tentatives de balkanisation du pays. Une entreprise qui dépasse largement nombre de sous-traitants régionaux et exécutants locaux.
En clair, un tribunal international sur la RDC ne saurait faire l’économie des enjeux géopolitiques et géostratégiques des guerres et de libération et d’agression. Des opérations conçues essentiellement par des intérêts étrangers en deux phases.

La première pour mettre fin au règne du Président Mobutu dont la date de péremption géopolitique était expirée, fin de la guerre froide obligeait.

La seconde pour remodeler l’après-Mobutu à l’aune des intérêts des sous-traitants rwandais et ougandais et des multinationales occidentales déçus par « l’indocilité » et « l’imprévisibilité » de Laurent-Désiré Kabila.
Sans tomber dans une espèce de hiérarchisation victimaire, il est impossible de faire l’inventaire des crimes en ne se cantonnant qu’aux avatars de deux grandes guerres, l’une baptisée de libération (1996-1997) et l’ autre estampillée d’agression 1998-2002).

Les données étant celles-là, on ne voit pas trop comment ceux des pays voisins impliqués et leurs sponsors accepteraient un tribunal susceptible de les éclabousser. Les menaces de Kigali contre Dr Mukwege constituent déjà un coup de semonce.

Face à l’étendue du faisceau de complicités, le Rwanda officiel, quoi que  » cas emblématique d’agresseur  » pour les Rd Congolais, n’est que la partie visible de l’iceberg.
Eu égard aux ressorts et ramifications du drame rd congolais, le Tribunal pénal international sur la RDC sera une boîte de Pandore ou ne sera pas. Dans ce vaste monde où seul l’intérêt guide l’action, reste à savoir si le  » Nobel du Dr Mukwenge  » mérite que les détenteurs du label  » communauté internationale » se fassent hara – kiri.

Le documentaire sur le docteur Denis Mukwege interdit en RDC

Le gouvernement congolais a interdit la diffusion de L’Homme qui répare les femmes, car ce film documentaire « porte atteinte à l’honneur de l’armée ». Ce film suit le travail du docteur Denis Mukwege dans son hôpital de Panzi, à Bukavu, où le gynécologue congolais mène un combat en faveur des femmes violées qui lui a valu une reconnaissance internationale.

L’Homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate est interdit de diffusion en République démocratique du Congo. Lambert Mendé, alors ministre congolais de la Communication, avait expliqué cette interdiction par le fait que le film « porte atteinte à l’honneur de l’armée », car des militaires y sont.

Par José NAWEJ (FDA)/RFI

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