Dossier 200 millions d’euros de la Gecamines: l’ACAJ invite Albert YUMA à garder sa sérénité et laisser la justice faire son travail

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Par Oscar BISIMWA

Dans un communiqué de presse parvenu à la rédaction de Congo Réformes mardi 03 mars 2020, l’ACAJ dit se trouver dans l’obligation de formuler une mise au point par rapport aux propos du Président du conseil d’administration de la Gecamines, Albert YUMA relayés par un média de la place sous le titre: « Affaire 200 Millions d’Euros : A. YUMA en parle pour la 1ère fois en taclant Kapiamba et dit attendre avec sérénité les résultats des enquêtes « .

« Par respect pour son professionnalisme et après vérification objective des documents lui parvenus, l’ACAJ a authentifié, à travers sa déclaration du 17 février 2020, le transfert intervenu entre Fleurette Mumi et la Gécamines. Cela ne s’apparente guère à un quelconque reniement des présomptions de détournement et blanchiment dénoncés antérieurement sur lesquelles investigue actuellement la Justice », précise l’association congolaise pour l’accès à la justice.

« L’ACAJ aurait souhaité entendre les dirigeants de la Gécamines éclairer l’opinion sur les opérations bancaires ultérieures au transfert sus-évoqué. En effet, il revient à l’ACAJ que le compte attitré de la Gécamines dans lequel le produit du transfert a été crédité s’est retrouvé bizarrement débité au profit d’un autre en suspens pour enfin atterrir dans un autre compte bancaire intitulé « Gécamines Développement », société ayant cessé d’exister depuis des lustres. Pour illustrer cette grossièreté financière, il suffit de se référer à la lettre de la RAWBANK référencée DJ/HS/HU/n°04 du 06 janvier 2020, adressée à la Gécamines où il est clairement écrit ce qui suit aux points 1 et 4 », Point 1. : « Nous confirmons avoir reçu ce rapatriement en date du 04/10/2017, à porter au crédit de votre compte n°05101-01002300022-05/EUR ouvert le 02/10/2017… » ; et point 4 : « A partir de ce compte suspens, nous avons, à votre demande, effectué des virements sur votre compte n°05101-01002300023-02 intitulé « Gécamines Développement » en dollars américains pour permettre l’exécution de vos instructions relatives aux avances fiscales… ».

Par quel miracle financier une société, sans aucune existence juridique, peut-elle être titulaire d’un compte bancaire servant à payer des avances fiscales non précisées de la Gécamines à l’Etat congolais, s’interroge l’ACAJ et de poursuivre « À moins d’affirmer que l’Etat, actionnaire unique de la Gécamines, devenue société commerciale de droit privé en 2010, a sciemment consenti de violer ses propres lois via la Banque Centrale du Congo (BCC), organe de surveillance des banques commerciales et autres établissements de crédit en République Démocratiques du Congo ».

L’ACAJ martèle que son Président a dénoncé des faits précis et non des conjectures qui fonderaient M. Albert YUMA de le qualifier de « détracteur farouche » de la Gécamines dans le cadre du dossier 200 Millions. « Seuls les principes de professionnalisme et d’impartialité le guident dans l’accomplissement de ses missions de contrôle citoyen. L’émoi observé dans le chef de ceux qui se considéraient jusque-là intouchables et privilégiés de la République illustre les difficultés qui jonchent la voie menant vers un Etat de Droit où tous les citoyens seraient égaux au regard de l’ordre social établi », regrette-t-elle.

L’ACAJ invite M. Albert YUMA à garder sa sérénité, surtout que selon ses propres déclarations, nous citons : « je n’ai donc aucun problème avec ce sujet et j’attends avec sérénité que la justice rende enfin le rapport final qui aurait d’ores et déjà été rédigé depuis assez longtemps, si l’on en croit certaines organisations anticorruptions congolaises » !

Par ailleurs, l’ACAJ promet de publier incessamment son rapport détaillé sur la gestion de la somme de 128 millions d’euros par le Top management de la Gécamines.

Pour l’ACAJ, à travers ces affirmations méprisantes, M. Albert YUMA jette un discrédit retentissant sur le fonctionnement de la justice congolaise. L’opinion se rendra compte que l’instruction judiciaire, bien que secrète, a néanmoins permis que ses conclusions soient déjà portées à la connaissance de M. Albert YUMA, qui par ailleurs n’hésite pas à s’en prévaloir.

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