Brazzaville: Claude Nyamugabo réaffirme la volonté de la RDC d’interdire l’importation des déchets dangereux sur son territoire

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Par Oscar BISIMWA

À Brazzaville, le ministre de l’environnement et Développement durable Claude Nyamugabo a réaffirmé la volonté de la République démocratique du Congo à interdire l’importation des déchets dangereux sur son territoire.

Dans son discours à la troisième conférence des parties à la convention de Bamako, Me Claude Nyamugabo a invité les participants aux assises de Brazzaville de s’investir davantage pour éviter que le continent soit transformé en un dépotoir.
Le ministre congolais a vanté les efforts entrepris par Kinshasa pour appliquer la convention de Bamako en adoptant notamment la loi portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’Environnement.

Par la même occasion, l’ancien ambassadeur de la RDC auprès de l’Union Africaine a annoncé la tenue au mois d’avril prochain à Kinshasa du forum de haut niveau sur « la gestion intégrée des déchets face aux enjeux du développement durable » sous le thème : « des décisions à l’action, œuvrer pour un avenir sans les dangers des produits chimiques et des déchets en Afrique ».

Ci-dessous l’intégralité du discours du Ministre congolais de l’environnement et développement durable :

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT ET DEVELOPPEMENT DURABLE, Maître Claude NYAMUGABO BAZIBUHE, A LA TROISIEME CONFERENCE DES PARTIES A LA CONVENTION DE BAMAKO

Brazzaville, vendredi 14 février 2020

Excellence Madame la Présidente en exercice pour la COP3 de la Convention de Bamako,

Excellences Messieurs et Mesdames les Ministres,

Madame la Directrice Régionale du Bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour l’Environnement,

Monsieur le Secrétaire Exécutif des Conventions de Bâle, Rotterdam et Stockholm, 

Chers Participants,

Au nom du Gouvernement de la République Démocratique du Congo, je voudrais, de prime abord, remercier le Gouvernement ami de la République du Congo pour l’accueil qui a été réservé à moi-même et à la délégation qui m’accompagne ici à Brazzaville.

Le continent africain doit éviter d’être le déversoir des déchets dangereux. 

La problématique des déchets en Afrique préoccupe au plus haut point mon pays, à telle enseigne qu’en date du 1er novembre 2019 le Conseil des Ministres, présidé par le Chef de l’Etat Son Excellence Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO, a décidé de l’organisation, au cours de cette année 2020 à Kinshasa, d’un Forum de haut niveau sur la gestion intégrée des déchets face aux enjeux du développement durable.

La RDC connaît actuellement une évolution industrielle assez importante, à laquelle sont rattachées des préoccupations d’ordre environnemental, notamment la question de la gestion des déchets industriels (déchets dangereux) ainsi que leur mouvement.

A l’instar d’autres Nations africaines, mon pays ne dispose pas d’équipements d’élimination des déchets dangereux ou d’un système garantissant favorablement leur gestion. 

Mon Gouvernement s’investit pour pallier cette difficulté.

Parmi ces déchets dangereux, l’on dénombre les batteries usées et accumulateurs défectueux, les déchets des minéraux, pétroliers, les produits chimiques et pesticides périmés ainsi que les effluents industriels.

Excellences,

Messieurs et Mesdames les Ministres,

Chers Participants,

Au regard du thème retenu pour cette conférence, à savoir « Des décisions à l’action : œuvrer pour un avenir sans les dangers des produits chimiques et des déchets en Afrique », je voudrais vous informer que la RDC déploie des efforts considérables pour finaliser les mesures d’application de la loi n°11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement. 

Cette loi donne  les grandes orientations en matière de protection de l’environnement. Elle oriente la gestion du potentiel de la RDC en ressources naturelles dans la perspective d’un développement durable au profit de la population. Elle prévient les risques et lutte contre toutes les formes de pollution et nuisances. 

Elle donne des directives sur la protection des milieux récepteurs, la gestion des produits chimiques et des déchets.

Cette loi interdit formellement :

  • La détention, le dépôt ou l’abandon à des endroits non appropriés des déchets de toute nature susceptibles de provoquer des odeurs incommodantes, de causer des nuisances et des dommages à l’environnement, à la santé et à la sécurité publique.
  • Elle interdit également l’immersion, l’incinération ou l’élimination par quelque procédé que ce soit, des déchets dangereux ou radioactifs dans des eaux continentales et/ou maritimes sous juridiction congolaise ainsi que leur enfouissement dans le sol ou sous-sol.
  • Elle interdit enfin tout rejet des déchets ou substances susceptibles de polluer le milieu marin, d’altérer ou de dégrader la qualité des eaux de surface ou souterraines, tant continentales que marines, de nuire à leurs ressources biologiques et aux écosystèmes côtiers et de mettre en danger la santé.

La mise en place de cet arsenal juridique démontre, à juste titre, la ferme volonté de la RDC d’œuvrer pour la mise en œuvre totale de la Convention de Bamako, le mouvement des déchets au niveau local étant couvert par ladite Convention.

L’Afrique devrait ainsi parler d’une seule voie pour espérer relever les défis environnementaux touchant particulièrement aux problématiques posées par la Convention de Bamako. 

Pour sa part, la RDC ne ménage et ne ménagera aucun effort afin d’intégrer les dispositions de la Convention de Bamako dans les mesures d’application de la loi-cadre sur l’environnement, ce à quoi nous allons continuer à veiller personnellement.

Que vive la Convention de Bamako.

Que vive l’Afrique sans déchets.

Je vous remercie pour votre attention.

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