P. Nkurunziza choisit son dauphin, le Burundi sur les pas de la RDC : Joseph Kabila pionnier de l’alternance pacifique en Afrique centrale?

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Par Oscar BISIMWA

Au Burundi, les délégués du Cndd-FDD, parti au pouvoir, ont, ce dimanche 26 janvier 2029, au cours d’un congrès à Gitega dans le centre du pays, désigné le Général Evariste Ndayishimiye comme leur candidat à la présidentielle du 20 mai prochain en remplacement du président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, qui a décidé de ne pas se représenter.

Ndayishimiye était déjà porté favori, avant même ce que nombreux observateurs ont qualifié de « faux suspens », car le choix avait déjà été opéré dans les instances décisionnelles de ce parti, le Conseil des sages, dirigé par Pierre Nkurunziza, mais surtout au sein du groupe de généraux issus de l’ex-principale rébellion hutu au pouvoir, une sorte de junte militaire sans existence officielle mais qui contrôle d’une main de fer le Burundi d’aujourd’hui, selon nos confrères de rfi.

Le Burundi sur les pas de la RDC : Joseph Kabila pionnier de l’alternance pacifique en Afrique centrale?

Alternance pacifique ? La scène était inimaginable jusqu’en 2019 sur le continent africain, particulièrement dans sa partie noire, que dis-je, dans sa partie centrale. Les chefs d’états arrivés au pouvoir tantôt par des rébellions, tantôt par des coups d’états pour la plupart, et même par élections démocratiques pour certains, ne juraient que par une sorte de « présidence à vie ». Tous ou presque ont carrément modifié les constitutions de leurs pays pour se maintenir indéfiniment au pouvoir. Au Congo, le Président Sassou s’est offert la possibilité de garder le fauteuil jusqu’à ses derniers pas de vieillesse. Au Rwanda, Paul Kagame n’en a pas fait moins. Au Cameroun Paul Biya a opéré un sacré coup, alors qu’au Gabon d’Ali Bongo et au Togo de Faure Gnassingbé, l’on s’est passé de la pression populaire pour laisser les Présidents en place.

Le premier éclat vient finalement du Congo Kinshasa où, le Président Joseph Kabila qui, depuis plusieurs années ne cessait de confesser son respect « sans équivoque » de la constitution du 18 février 2006, a quitté pacifiquement le pouvoir.
Tel un démocrate éclairé, le fils de Mzee Laurent Désiré Kabila désignait, au sein de son parti, le PPRD, son représentant aux élections de décembre 2018 en la personne de Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD. Kabila déjouait ainsi tous les pronostics de ceux qui, jusque-là ne croyaient pas en la volonté de l’ex Général Major de quitter le pouvoir. Ce fut fait, un coup de poker dans la consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo et en Afrique.

Aujourd’hui, ce sont les pays de la sous-région qui emboîtent le pas à la RDC. Le Burundi est l’illustration la plus récente. Au Rwanda on semble avoir revu les ambitions à la baisse. En Ouganda, l’attitude de l’ex Président congolais semble avoir inspiré. Museveni qui rêvait d’une monarchie ne veut plus qu’un tout dernier coup de chasse.
C’est donc le cas de le dire, la République démocratique du Congo est un cas d’école. Joseph Kabila est un pionnier de l’alternance pacifique en Afrique centrale.

Oscar BISIMWA
congoreformes.com

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