RDC : avec 31 voyages en 10 mois, FATSHI a passé en 2019 environ 1.656 heures à l’étranger

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Depuis son investiture le 24 janvier 2019 à la Magistrature suprême du pays, le cinquième président de la RD Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a effectué 31 déplacements en 10 mois. Soit une moyenne de 2.8 déplacements (environ 3) par mois.

Son premier déplacement à l’étranger date du 5 février 2019 dans une tournée africaine qui l’a conduit successivement en Angola, au Kenya et au Congo Brazzaville. C’est au Gabon qu’il a bouclé son périple continental le 18 décembre 2019.

Puisque plusieurs pays ont été visités plus d’une fois, il se déduit qu’il a visité 23 nations, à raison de 15 pays en Afrique (Angola : 3 fois, Kenya : 2 fois, Ouganda : 2 fois, Gabon : 2 fois, Congo Brazzaville, Ethiopie, Namibie, Rwanda, Maroc, Sénégal, Afrique du Sud, Tanzanie, Burundi, Zambie et Niger : une fois) ; 6 pays en Europe (Belgique, Italie, France, Allemagne, Russie, Serbie), 1 pays asiatique (Japon) et un pays américain (Etats-Unis d’Amérique).S’il a visité une seule fois certains pays, Fatshi s’est rendu dans d’autres plus d’une fois.

C’est le cas de l’Angola (3 fois), le Kenya (2 fois), ex-æquo avec l’Ouganda et le Gabon sur le continent ; les Etats-Unis d’Amérique : 3 fois. Si en Afrique, l’Angola de Joao Lourenço a eu le privilège d’être le premier à être visité par Félix Tshisekedi, les Etats-Unis d’Amérique de Donald Trump peuvent se réjouir d’être le pays par lequel le président congolais a entamé sa tournée euro-américaine.

ENVIRON 1.656 HEURES PASSEES A L’ETRANGER

Par le nombre total de jours que le chef de l’Etat congolais a consacrés à ses voyages, on peut dès lors, déduite que Félix Tshisekedi a passé environ 1.656 heures en dehors de son pays. Soit, 69 jours ou quelque deux mois et plus d’une semaine.

Le nombre de voyages du chef de l’Etat a été tel que les Congolais n’ont pas tardé à les qualifier de budgétivores, estimant que toutes ces sorties en séries, n’ont rien rapporté au pays, sur le plan économique ou financier.

Qu’il s’agisse des voyages sur le continent que ceux effectués en Europe ou en Amérique, l’objectif de Félix Tshisekedi est de sortir la RDC de son isolement diplomatique. Mais, à quel prix ?

C’est au prix de nombreux voyages à travers l’Afrique et le reste du monde pour parler de son pays, de son gigantesque potentiel économique. Une voix restée longtemps aphone pendant plusieurs années du régime précédent et qu’il a réussi à faire entendre.

Il a tenu à le souligner dans son tout premier discours sur l’état de la nation le 13 décembre 2019, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès

« C’est pour promouvoir notre nouveau visage, notre nouveau contexte que je parcours le monde. Aujourd’hui, la voix du Congo est entendue. Notre vision pour les questions environnementales et énergétiques est connue. Je voudrais rappeler que chacun de mes déplacements est dicté par des impératifs nationaux…Je considère donc mes déplacements comme le prix à payer pour redorer l’image de notre pays, consolider les relations avec nos voisins conformément à notre principe sacro-saint de porte ouverte et de bon voisinage ; reprendre le programme avec les institutions de Bretton Woods ; relancer notre partenariat stratégique avec les Etats-Unis d’Amérique ; redynamiser la coopération avec l’Union européenne ; réchauffer nos relations bilatérales avec l’Union européenne avec la Belgique; consolider nos rapports privilégiés avec la France ; établir des rapports économiques avec l’Allemagne, pays qui veut être le leader dans la fabrication de véhicules électriques et dont le cobalt et le lithium de la RDC constituent l’une des matières premières ».

GROSSE POLEMIQUE

Malgré la polémique que ses voyages ont suscitée dans l’opinion, particulièrement dans le camp de l’opposition, Félix Tshisekedi a pris donc la résolution de ne pas s’arrêter en si bon chemin.

Dans son discours sur l’état de la nation, il a d’ailleurs promis d’explorer d’autres pays comme le Royaume uni, la Chine, l’Inde.

« LE COUT DE MES VOYAGES N’A MEME PAS ATTEINT 50 MILLIONS USD »

A toutes les critiques, le chef de l’Etat répond via la diaspora congolaise réunie le 11 novembre dans la salle Dock Pullman de Paris en France.

« Le coût de mes voyages n’a même pas atteint $50 millions, mais j’ai déjà ramené 1 milliard 500 millions de dollars américains au pays. Je ne voyage pas pour le plaisir de voyager », avait-il répondu.Je me bats pour attirer les investisseurs et leurs capitaux au Congo ».

Ces différents voyages, avait-il souligné, sans constituer une partie de plaisir, sont en quelque sorte des épreuves car « il aimerait passer du temps avec sa famille ».

Déjà, fin mai 2019, le Trésor public accuse des dépenses de l’ordre de 15,7 millions de dollars américains en frais de mission et titres de voyage.

Comparé aux dépenses du mois d’avril 2019, il s’observe un taux d’accroissement d’environ 10%.Les titres de voyages de tous les personnels pris en charge par le Trésor public, y compris le président de la République, à l’intérieur du pays tout comme à l’étranger affichent un volume de dépenses de 7.674.991 de dollars américains.

MISSIONS DE SERVICES ET TITRES DE VOYAGES POUR 15,7 MILLIONS USD

Dans l’ensemble, les missions de services et les titres de voyages ont coûté, à fin mai 2019, 15,7 millions de dollars au Trésor public.

Au 31 mai 2019, la Présidence de la République avait déjà « consommé près de 98 % » de son budget 2019, selon le magazine Jeune Afrique citant un document du ministère du Budget, alors qu’il venait d’effectuer, durant ces six derniers mois, 17 voyages à l’étranger et 6 voyages à l’intérieur du pays.

DELEGATIONS PLETHORIQUES

Le Président de la République est aussi critiqué en raison de ses délégations jugées pléthoriques. Le mouvement citoyen « Lutte pour le changement » (Lucha) qui parlait du « président de la République itinérant Félix Tshisekedi « , l’a critiqué, début octobre, pour ses suites pléthoriques avançant le chiffre de 117 personnes, pour son dernier déplacement en Ouganda.

163.000 DOLLARS REMIS AU TRESOR PUBLIC

Le 16 février 2019, Félix Tshisekedi avait donné les gages de transparence et de bonne gestion en restituant au Trésor public 163.000 dollars américains, représentant « ses frais de représentation  » non utilisés lors de ses voyages en Angola, au Kenya, au Congo-Brazzaville et à Addis-Abeba en Ethiopie.

Un acte qui sortait de l’ordinaire et qui avait fait grand écho dans l’opinion nationale qui rêve de replonger dans l’ère Kasa-Vubu, le premier président de la RDC dont l’histoire exalte l’honnêteté lorsqu’il remettait au Trésor public le reste des frais de représentation. Cet acte de séduction ne sera malheureusement pas suivi d’autres.

AFRIQUE

Angola : mardi 5 février 2019 (pendant quelques heures), avec 27 personnes. Rencontre avec Joäo Lourenço. Il y a passé la nuit.

Kenya : (mercredi 6 février 2019) pour remercier Uhuru Kenyatta, le seul président à avoir été présent à la cérémonie de son investiture le 24 janvier 2019.

En plus, Uhuru Kenyatta a été le parrain de la signature de l’accord entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe fin novembre 2018 à Nairobi qui a accouché de la coalition « Cap pour le Changement » (CACH) ayant porté la candidature de Félix Tshisekedi à la présidentielle du 30 décembre 2018.

Congo-Brazzaville : jeudi 7 février 2019 pour rassurer le retour à Kinshasa vendredi 8 février 2019 dans l’après-midi par bateau. Il doit repartir dans quelques heures pour son premier sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba.

Ethiopie : du samedi 9 au lundi 11 février 2019 à Addis-Abeba pour prononcer, lors du 32ème sommet de l’Union africaine (UA), son discours en tant que Président nouvellement élu.

Namibie : Arrivé le mardi 26 février 2019, à Windhoek. Félix Tshisekedi avait déclaré: « Le président que je suis n’acceptera pas d’être juste un président qui règne mais qui ne gouverne « .

Ouganda : du samedi 9 au dimanche 10 novembre 2019 (en route pour la France et l’Allemagne).

Kenya : du 13 au 14 mars 2019 au « On Planet Sommit » à Nairobi, sommet destiné aux acteurs économiques qui s’engagent en faveur du développement durable. Il y a rencontré, pour la première fois, le président français, Emmanuel Macron.

Angola : samedi 23 mars 2019 pour participer à la commémoration du 31ème anniversaire de la guerre de Quito.

Ouganda : du vendredi 22 au samedi 23 mars 2019. Yoweri Museveni et Félix Tshisekedi avaient discuté du commerce, de la sécurité régionale et d’autres domaines présentant un intérêt bilatéral pour l’Ouganda et la RDC.

Angola : Sur le chemin de retour à Kinshasa après Kampala, le président de la République avait fait une escale à Luanda où il avait de nouveau rencontré Joao Lourenço.

Rwanda : du dimanche 24 au mardi 26 mars 2019 après-midi pour participer à la 7ème édition de  »Africa CEO Forum » tenu à Kigali du 25 au 26 mars 2019.

Maroc : Félix Tshisekedi s’était rendu au Maroc, entre le mercredi 27 et le samedi 30 mars 2019. Toutes les sources contactées à l’époque avaient évoqué des examens médicaux de routine. Le président congolais avait été victime d’un malaise alors qu’il prononçait son discours d’investiture, le 24 janvier 2019, à Kinshasa, forçant la RTNC à interrompre sa retransmission.

À la reprise de son discours, après plusieurs minutes, il s’était « excusé » pour « un petit moment de faiblesse ». Son entourage avait alors évoqué un « étouffement à cause de son gilet pare-balles », la forte chaleur qui a régné à Kinshasa ce jour mémorable et un probable surmenage dû à son intense activité et au stress accumulé.

Sénégal: Félix Antoine Tshisekedi était arrivé à Dakar dans la soirée du lundi 1er avril 2019 pour assister à la cérémonie d’investiture du deuxième mandat de Macky Sall à la tête du Sénégal.

Afrique du Sud: du 24 au 25 mai 2019, Félix Tshisekedi avait participé à la cérémonie d’investiture du président sud-africain, Cyril Ramaphosa, au stade Loftus Versfeld.

Gabon: 11 juin 2019. Félix Tshisekedi était allé réconforter Ali Bongo Ondimba en convalescence terrassé par un AVC, mais aussi pour réchauffer la coopération bilatérale entre le Gabon et la RDC.

Tanzanie: du 13 au 14 juin 2019, pour une visite d’État de 48 heures. Outre la séance de travail avec le président tanzanien, Félix Tshisekedi avait visité le port de Dar-es-Salaam et le projet du nouveau chemin de fer régional que la Tanzanie a lancé. Ce chemin de fer va relier 4 autres pays dont la Zambie, la RDC, le Rwanda et Burundi.

Burundi : le 14 juin 2019. Comme en Tanzanie, Félix Tshisekedi avait exprimé sa volonté de raffermir les liens de coopération bilatérale avec Bujumbura. Les entretiens des deux présidents avaient tourné également autour de la question d’éradication des groupes armés écumant l’Est de la RDC, dans le cadre de la CEPGL.

Zambie : du 27 au 28 juin 2019 pour une visite officielle. Le président de la République avait été invité à participer à la foire agricole de Ndola, ville minière zambienne. Ici, Félix Tshisekedi avait lancé un appel aux investisseurs à venir en RDC.

Niger: du 6 au 7 juillet 2019, pour participer à la réunion extraordinaire de l’Union africaine sur le lancement de la Zone de libre-échange économique continentale (ZLEC). Avec ses pairs africains, Félix Tshisekedi avait donc fait partie des pères fondateurs de la ZLEC.

Angola: le 12 juillet 2019. Aux côtés de ses homologues d’Angola, du Rwanda et de l’Ouganda, Félix Tshisekedi avait participé au sommet consacré à la brouille sécuritaire entre Kigali et Kampala.

Gabon : du mardi 17 au mercredi 18 décembre 2019 pour participer au sommet de la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale). Félix Tshisekedi et ses homologues de la sous-région avaient signé les textes préparés par leurs ministres respectifs, en vue de consacrer la réforme de la CEEAC, appelée à devenir une organisation régionale viable et solide.

EUROPE-AMERIQUE

Etats-Unis d’Amérique : pour une visite officielle du mardi 2 au vendredi 5 avril 2019 : sur invitation du gouvernement américain. A Washington, le président congolais avait demandé l’aide des Etats-Unis et affirmé sa volonté de « déboulonner le système dictatorial qui était en place » en RDC. Ces déclarations lui avaient valu un rappel à l’ordre de ses alliés pro-Kabila, qui avaient dénoncé des « attaques gratuites ».

Etats-Unis d’Amérique : du 21 au 23 septembre 2019 à New York où il s’était adressé le 26 septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU. Dans sa délégation, quatre gouverneurs de provinces les plus insécurisées de la RDC l’avaient accompagné par la suite à l’étape de New-York. Il s’agit de Jean Bamanisa Saidi de l’Ituri, Martin Kabuya du Kasaï Central, Théo Ngwabidje Kasi du Sud-Kivu et Carly Nzanzu du Nord-Kivu.

Japon : du 28 au 30 août 2019, au Sommet de la TICAD VII (Conférence internationale sur le développement de l’Afrique). A la tête d’une forte délégation de 200 personnes, Félix Tshisekedi a dû annuler un second voyage au Japon où il avait été invité à l’investiture de Naruhito, le 126ème empereur de l’Empire du Soleil levant, en raison de l’accident de circulation survenu à Mbanza-Ngungu, sur la Route nationale n°1 Kinshasa-Matadi ayant fait plusieurs dizaines de morts et de blessés.

Belgique : du mardi 17 au vendredi 20 septembre 2019 (4 jours). La Belgique est le tout premier pays européen que Félix Tshisekedi a visité après son avènement à la Magistrature suprême du pays. Plusieurs accords économiques y avaient été conclus à Anvers entre la Belgique et la RDC.

Italie: le samedi 05 octobre 2019 au Vatican où il a assisté à la cérémonie de création de Mgr Fridolin Ambongo, comme 4ème Cardinal de la RDC.

Etats-Unis d’Amérique: 16 octobre 2019 après-midi sur invitation du Programme Alimentaire Mondial (PAM).

Russie: du 22 au 24 octobre 2019 à Sotchi pour le sommet Russie-Afrique.

Serbie : du 24 au 25 octobre 2019. Le Félix Tshisekedi a eu un tête-à-tête avec son homologue serbe Aleksandar Vucic au palais présidentiel de Belgrade. La RDC entend réchauffer sa coopération multiforme, vieille des années 60, avec la Serbie.

France : du dimanche 10 au mercredi 13 novembre 2019, au Forum de Paris pour la paix. Réception de plusieurs ministres français, ainsi que des chefs d’entreprises.

Allemagne : du jeudi 14 au 16 novembre 2019 en visite officielle pour une offensive de charme à l’endroit des investisseurs allemands encore très frileux à l’idée de s’engager dans un pays au potentiel gigantesque maisen proie à l’insécurité en particulier dans sa partie Est.

 Par Kléber KUNGU (FDA)

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