En Équateur, le racisme à l’encontre des personnes d’ascendance africaine doit cesser (expert de l’ONU)

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La ville de Quito, capitale de l’Équateur.

Le Groupe de travail des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine a effectué une visite en Equateur, du 16 au 20 décembre 2019.

Droits de l’homme

Le gouvernement de l’Équateur doit intensifier ses efforts pour faire appliquer la loi et mettre en œuvre les plans pour mettre fin à la discrimination raciale dont sont victimes les Afro-Équatoriens et les personnes d’ascendance africaine, a conclu un groupe d’experts des droits de l’homme de l’ONU à l’issue d’une visite dans le pays d’Amérique du Sud.

« Les gens souffrent en particulier de leur capacité à accéder à la justice, à la sécurité, à la terre, à l’eau potable, à l’éducation, aux soins de santé, au logement et aux opportunités économiques », a déclaré le Président du Groupe de travail des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine, Ahmed Reid, dans une déclaration à la presse publiée lundi.

« Seuls 7,2% de la population sont afro-équatoriens, mais ils représentent 40% de ceux qui vivent dans la pauvreté. L’Équateur doit mettre en œuvre et appliquer les lois et politiques pour protéger leurs droits et mettre fin à la discrimination, à l’exclusion et à l’extrême pauvreté dont ils souffrent », a souligné M. Reid.

Au cours de sa visite en Equateur, du 16 au 20 décembre 2019, le Groupe de travail des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine s’est rendu dans la capitale Quito, ainsi qu’à San Lorenzo et Esmeraldas, deux villes sur la côte nord du pays.

Le Groupe de travail a tout particulièrement attiré l’attention sur la situation dans la province d’Esmeraldas, où près de 70% de la population a un héritage africain.

« Esmeraldas est l’une des provinces les plus pauvres de l’Équateur – 85% des personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, 23% n’ont accès qu’aux services les plus élémentaires et 15% sont analphabètes », a déploré M. Reid.

 « Nous nous félicitons des initiatives nationales prises par le gouvernement pour lutter contre le racisme, la discrimination, la xénophobie et l’intolérance auxquels sont confrontés les Afro-Équatoriens, mais il est clair qu’il reste beaucoup à faire pour cibler ces niveaux inacceptables d’exclusion et de pauvreté », a souligné le Président du Groupe de travail.

Les Équatoriens d’ascendance africaine sont également victimes d’un « racisme environnemental »

Selon M. Reid, les Équatoriens d’ascendance africaine sont également victimes d’un « racisme environnemental », avec une contamination systématique de leur approvisionnement en eau et de leur environnement, des intimidations de leurs communautés et une réponse insuffisante de l’État face à ces discriminations.

 « L’État ne doit pas rester indifférent aux abus et violations des droits de l’homme par les industries extractives et d’autres entreprises. Il doit mettre fin à l’impunité relative aux violations des droits de l’homme et au racisme environnemental »

La délégation du Groupe de travail, qui comprenait également l’expert des droits de l’homme, Ricardo Sunga, a salué les dispositions progressistes de l’Equateur et la reconnaissance des droits collectifs des personnes d’ascendance africaine. Le Groupe de travail présentera son rapport complet et ses recommandations au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies lors de sa session de septembre 2020 à Genève.

NOTE :

Le Groupe de travail d’experts sur les personnes d’ascendance africaine a été créé le 25 avril 2002 par la Commission des droits de l’homme des Nations Unies de l’époque, à la suite de la Conférence mondiale contre le racisme qui s’est tenue à Durban en 2001. Il est composé de cinq experts indépendants : M. Ahmed Reid (Jamaïque) Président-Rapporteur ; Mme Dominique Day (États-Unis) ; M. Sabelo Gumedze (Afrique du Sud), M. Ricardo A. Sunga III (Philippines) et M. Michal Balcerzak (Pologne).

 Le Groupe de travail fait partie de ce que l’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Les procédures spéciales, le plus grand groupe d’experts indépendants du système des droits de l’homme de l’ONU, représentent un ensemble de mécanismes d’enquête et de suivi indépendants établis par le Conseil des droits de l’homme et qui traitent soit de situations nationales spécifiques soit de questions thématiques au niveau mondial. Les experts des procédures spéciales travaillent sur la base du volontariat ; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisme et siègent à titre personnel.

Par CR/Canu

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