Le climat menace l’alimentation de 7 milliards de personnes

0
19

Selon une étude publiée dans Science Advances, 90 % de la population mondiale devrait être exposée à des baisses de productivité dans l’agriculture et la pêche d’ici à 2100. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Voici l’une des rares études à prendre en compte les effets du changement climatique à la fois sur l’agriculture et la pêche. Et les perdants sur les deux tableaux sont, de très loin, les plus nombreux. Résultat : 90 % de la future population mondiale (7,2 milliards de personnes) devrait subir une perte de production alimentaire dans les deux secteurs, d’ici à 2100, selon un scénario business as usual (RCP 8.5).

Ce chiffre grimpe à 97 % lorsqu’on observe les pertes dans l’un ou l’autre des secteurs seulement. Dans ce cas de figure pessimiste, les gains prévus à la fois dans la pêche et l’agriculture toucheraient quant à eux moins de 3 % des Terriens.

 Jusqu’à 240 pays étudiés

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs français du CNRS et des universités d’Hawaï, de Colombie-Britannique et de Lancaster ont comparé l’évolution de la productivité de l’agriculture (maïs, riz, soja et blé) dans 240 pays et de la pêche commerciale dans 194 États par rapport aux pratiques actuelles, selon deux scénarios (RCP 8.5 et RCP 2.6).

La fin de la surpêche en Europe n’aura pas lieu en 2020

Parmi les totaux admissibles de capture (TAC) dans l’Atlantique du Nord-est et la mer du Nord présentés le 24 octobre, l’UE propose de réduire fortement les prises de cabillaud en 2020. Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Ils ont pris en compte leur dépendance vis-à-vis de ces productions, leur degré de vulnérabilité au changement climatique ainsi que leur capacité de réaction. Ils ont laissé de côté l’aquaculture, la pêche en douce et l’élevage par manque de travaux scientifiques prévisionnels.

 Tempête sur les tropiques

Les pays les plus impactés par une baisse de productivité, à la fois sur l’agriculture et la pêche, se trouvent dans les zones tropicales. En particulier en Amérique latine, Afrique centrale, Afrique du Sud et Asie du Sud-Est. L’étude montre que les pays les plus dépendants de la production alimentaire sont aussi ceux qui présentent la capacité d’adaptation la plus faible.

Plus au Nord, les pertes devraient être moins importantes, tandis que des gains de productivités pourraient même être enregistrés en Russie et au Canada, dans l’hypothèse d’une gestion plus durable de la pêche et d’une diversification des cultures.

Un scénario ambitieux

Cette étude montre aussi l’ampleur des bénéfices d’une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans l’hypothèse d’un réchauffement respectant l’Accord de Paris (RCP 2.6), les pertes cumulées de productivité seraient réduites d’un tiers. 60 % de la population mondiale y serait exposée.

Hausse d’un tiers également pour les gains simultanés dans les deux secteurs. Soit 5 % de la population au total. Les plus fortes améliorations devraient par ailleurs se produire en Afrique (toute culture et pêche), en Asie (surtout la pêche et le blé), en Amérique latine (blé et soja), en Europe (pêche) et en Amérique du Nord (blé). Un argument supplémentaire en faveur d’une politique climatique volontariste.

Par Stéphanie Senet (Journal de l’environnement)

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here