2e forum national du CCNSC: Elisée Munembwe devoile les attentes du Gouvernement vis-à-vis de la Société Civile

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Par Oscar BISIMWA

« En tant qu’un pays post-conflits, il est difficile pour le Gouvernement de promouvoir un développement durable en République démocratique du Congo sans la participation citoyenne à la base et sans l’engagement de différents partenaires dont les organisations de la sociéte civile » a dit Madame le Vice-Vice-premier ministre, ministre du Plan dans son speech au deuxième forum national du cadre de concertation national de la société civile, ce mercredi 27 novembre au chapiteau du Pullman Grand Hôtel Kinshasa.

Elisée Munembwe a ensuite précisé les trois principaux rôles que les organisations de la Société Civile sont appelés à jouer dans la politique de développement à savoir: Participer à la conception, à l’élaboration et à la mise en oeuvre, au suivi et évaluation des plans, programmes et projets de développement, participer au dialogue social et faire le contrôle citoyen pour servir de catalyseur à l’amélioration de la gouvernance.

« La Société Civile doit fonder son existence et son action sur un ensemble de valeurs qui inspirent et justifient son action, en insistant particulièrement sur les principes et les valeurs universelles. Il s’agit de la liberté, droits et devoirs, la pratique civique et le fonctionnement démocratique, l’éthique l’Action non-violente, la tolérance et le Respect des Différences et de la diversité, le respect de la loi.
Les organisations de la Société Civile ne doivent pas être au service des hommes politiques mais plutôt de la population, mettant l’État en face de ses responsabilités.
La Société Civile est appelée à s’organiser pour défendre les droits et libertés de tous, surtout les plus faibles, militer pour la pleine participation de tous les Citoyens à la vie publique, consolider la démocratie et ses attributs, servir de cadre d’expression libre, promouvoir le pluralisme et la diversité, former et informer la population à la base en tant que cadre pratique d’éducation civique, améliorer la gouvernance dans les organisations et dans la Communauté nationale, appuyer la mise en œuvre et l’évaluation des projets communautaires. Bref le rôle de la Société Civile se situe dans la recherche des Solutions concrètes aux problèmes de la société et développer des mécanismes d’accompagnement des actions et projets d’intérêt communautaire et de développement »
, a-t-elle renchérit.

COLLABORATION GOUVERNEMENTSOCIÉTÉ CIVILE

La femme la plus hautement placée au gouvernement de la République depuis plus de 30 ans a procédé aussi à une analyse critique dans la Collaboration gouvernementsociété civile.
Au plan politique, Elisée Munembwe note que le pouvoir public a fait participer la société civile dans la résolution de plusieurs crises politiques, tels que la conférence nationale souveraine, l’accord de Sun city, l’accord de Kampala, l’accord de la saint-sylvestre etc.

Concernant le processus de développement, le Vice-premier ministre, ministre du plan évoque la participation des organisations de la Société Civile à la confection de la vision et l’élaboration du Document de Stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté, l’élaboration de l’étude nationale prospective et du plan national stratégique de développement en cours d’harmonisation et qui sera validée dans les semaines qui viennent par le gouvernement, et aussi dans l’élaboration des plans provinciaux qui sont en cours d’élaboration, la participation à la production des rapports nationaux et enquêtes notamment le rapport sur le développement humain, le cycle de l’enquête du partenariat Mondial, la priorisation des Objectifs du développement Durable, le profil de la pauvreté, le rapport sur le new deal et la fragilité en République démocratique du Congo, le rapport sur la perception de la pauvreté et les inégalités, la participation aux discussions sur les évaluations des politiques, Aux conférences budgétaires annielles, l’élaboration du budget participatif etc.

HALTE A LA POLITISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

Dans son intervention magistrale, l’ancienne Questeur de l’assemblée nationale a passé en revue les forces et les faiblesses de la société civile.

Comme force, elle note l’existence d’un cadre de concertation de la société civile, une société civile organisée en groupes thématiques et bien organisée dans le pays, la mise en place de groupes thématiques sectoriels du gouvernement comme cadre du dialogue des parties prenantes sur les politiques publiques, l’existence d’une législation sur les enjeux, le développement 7de compétence avérée au sein des organisations de la société civile, l’appuie technique et financier des activités des organisations de la société civile par les partenaires au développement, la facilitation et octroi de certains avantages par le Gouvernement, l’intervention des organisations de la société civile dans tous les domaines.

Au chapitre des faiblesses, Elisée Munembwe a fustigé la politisation des organisations de la société civile, la recherche du lucre plutôt que l’intérêt de la population, la manipulation de la classe politique abandonnant la mission de porte voix de la population à la base, de contrôle citoyen et participation au processus de développement, les abus dans les avantages et facilitations accordée par le gouvernement. La VPM au plan en veut pour preuve les exonérations accordées aux actions de la société civile par le Gouvernement, lesquelles exonérations sont malheureusement détournées.

Autres faiblesses de la Société civile à en croire Elisée Munembwe, la mauvaise gestion des financements reçus des partenaires techniques et financiers et l’absence de la gouvernance démocratique et transformation des organisations de la société civile en boutiques privées où l’alternance n’est pronée que pour l’Etat, existence d’intérêts trop divergents même pour les organisations opérant dans le même domaine.

PERSPECTIVES D’AVENIR

En bonne enseignante (elle en fut une, jusqu’à la fonction de préfet des études avant d’embrasser la carrière politique), le Vice-premier Ministre, ministre du plan ne s’est pas limité à la critique. Elle a
aussi souligné les perspectives, s’inscrivant véritablement dans le thème de ce forum à savoir: « repenser les rôles de la société civile ».

Elisée Munembwe entrevoit notamment l’amélioration de la collaboration entre le Gouvernement et les organisations de la Société Civile. « Il s’agit de renforcer le dialogue avec les différents partenaires en matière de développement, contribuer efficacement à l’analyse, élaboration, la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation des politiques de développement en République démocratique du Congo, mettre en place des mécanismes de contrôle citoyen permanents et de participation communautaire au développement, rendre le cadre de Concertation plus efficace en favorisant le dialogue démocratique, l’alternance et le développement participatif, renforcer l’implication de la Société Civile dans le fonctionnement des groupes thématiques sectoriels, renforcer leécanisme de dialogue entre les organisations de la Société Civile et les institutions publiques au niveau national, au niveau provincial et au niveau Local, capitaliser l’expertise de la Société Civile pour l’avancement des politiques de développement« .

En ce deuxième jour de travaux, le ministre du développement rural, s’est aussi exprimé, par le biais de non Directeur de cabinet, sur son approche de collaboration avec la société civile dans la conduite de la politique de développement des entités territoriales décentralisées.

Les travaux du deuxième forum national du cadre de concertation national de la société civile vont se poursuivre jusqu’au samedi 29 novembre, jour de sa clôture.

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