Minembwe: IMASKI appelle le Gouvernement à stopper le désastre humanitaire en cours et à enclencher le dialogue inter-communautaire

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Par la Rédaction

Dans une déclaration lue devant la presse par son Président Désiré Kashemwa, à l’issue d’une importante réunion tenue le 1er novembre au restaurant « les Auspices » dans la commune de la Gombe, l’Inter-Mutuelles et Associations du Sud-Kivu (IMASKI en sigle) déplore la recrudescence de la situation sécuritaire et humanitaire consécutive aux hostilités récurrentes, perpétrées par les groupes armés locaux et étrangers dans les Hauts et Moyens Plateaux des territoires de Fizi ( à Minembwe), de Mwenga ( à Itombwe) et d’Uvira ( à Bijombo et dans la plaine de la Ruzizi) et dont les victimes collatérales ne sont autres que leurs populations innocentes, toutes tendances confondues.
L’IMASKI regrette la décision prise par les deux communautés sœurs à savoir les BABEMBE et les BANYAMULENGE de suspendre leur participation au processus du dialogue entamé ensemble, « lesquelles déclarations risquent malheureusement de compromettre les efforts combien louables déjà consentis dans la recherche de la paix dans cette partie de notre province ».

Les communautés du Sud-Kivu réunies au sein de l’IMASKI invitent leurs deux mutuelles sœurs précitées à reconsidérer leurs positions et revenir sur la voie du dialogue.

L’IMASKI demande au Gouvernement de la République de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’arrêt immédiat des hostilités en vue de stopper le désastre humanitaire en cours ; et de mettre rapidement en œuvre, le mécanisme déclencheur du dialogue tant attendu dont les documents de travail lui ont déjà été remis par l’équipe de médiation, depuis le 19 octobre 2019 et ce, en vue de répondre avec diligence, aux préoccupations de 13 communautés du Sud Kivu en particulier et de la nation en général.
Les mutuelles du Sud-Kivu recommandent aussi à l’exécutif national de s’opposer catégoriquement à l’entrée des troupes armées étrangères sur le territoire congolais, sous prétexte de venir traquer leurs groupes armés qui sèment, depuis de décennies, la désolation dans cette partie du territoire national.

Ci-dessous l’intégralité de la déclaration de l’IMASKI:

DECLARATION DE L’INTER MUTUELLES ET ASSOCIATIONS DU SUD KIVU (IMASKI) A LA SUITE DE LA RECRUDESCENCE DE LA SITUATION SECURITAIRE ET HUMANITAIRE DANS LES HAUTS ET MOYENS PLATEAUX DES TERRITOIRES DE FIZI, MWENGA ET UVIRA DANS LA PROVINCE DU SUD KIVU

Nous, Membres de l’Inter-Mutuelles et Associations du Sud-Kivu (IMASKI en sigle), réunies en date du 1er novembre 2019, au restaurant « les Auspices » situé dans l’enceinte de l’Athénée de la Gombe, à Kinshasa, en vue d’évaluer le processus du dialogue inter communautaire du Sud Kivu, en cours de préparation par les 13 communautés du Sud Kivu, en collaboration avec le caucus des députés nationaux et sénateurs du Sud Kivu, sous l’impulsion du Gouvernement de la République:
Manifestons nos vives préoccupations par la recrudescence de la situation sécuritaire et humanitaire consécutive aux hostilités récurrentes, perpétrées par les groupes armés locaux et étrangers dans les Hauts et Moyens Plateaux des territoires de Fizi ( à Minembwe), de Mwenga ( à Itombwe) et d’Uvira ( à Bijombo et dans la plaine de la Ruzizi) et dont les victimes collatérales ne sont autres que nos populations innocentes, toutes tendances confondues ;
Avions suivi avec regret et consternation, les déclarations de deux communautés sœurs des BABEMBE et des BANYAMULENGE, portant essentiellement sur leur suspension au processus du dialogue susmentionné et entamé ensemble , lesquelles déclarations risquent malheureusement de compromettre les efforts combien louables déjà consentis dans la recherche de la paix dans cette partie de notre province ;
Considérant que leur participation dans ces travaux a été non seulement parmi les éléments déclencheurs et déterminants de ce processus de dialogue mais aussi, elle a été librement consentie par tous ;
Considérant que les raisons évoquées par ces deux communautés pour suspendre leur participation au processus du dialogue sont de nature à exacerber davantage les violences ;
Considérant que les conditions sine qua non posées par elles de reprise du dialogue sont déjà clairement inscrites dans les 13 recommandations qui feront partie de l’ordre du jour du dialogue proprement dit telles que transmises au Gouvernement ;
Préoccupés à ce jour par les assassinats et crimes odieux ciblés dont sont victimes pour l’instant, les membres de la communauté des Bashi qui ont choisi d’élire domicile dans cette contrée, à la recherche de la survie. A ce jour, nous avons enregistré plus de 160 membres de cette communauté sauvagement, atrocement et lâchement tués en l’espace d’un mois;
Considérant enfin que, la récusation du médiateur, l’honorable Norbert BASENGEZI KATINTIMA, par la communauté des BABEMBE, n’a à ce stade, aucun fondement justifié, étant donné que c’est nous tous qui l’avions librement désigné vu son expérience en la matière et sa disponibilité, et que de surcroit nous l’avions porté ensuite au perchoir du pré-dialogue qu’il a conduit à juste titre avec dextérité ;
Soucieux d’aspirer à la paix durable dont le dialogue tant attendu, constitue notre dernière chance pour y parvenir ;
Recommandons ce qui suit :
Aux 13 communautés du Sud Kivu :
D’éviter les déclarations incendiaires dans les médias et réseaux sociaux, de nature à attiser davantage la haine et la stigmatisation entre différentes communautés, lesquelles déclarations sont aussi à la base des assassinats et crimes ciblés ;
De sensibiliser chacune, sa population à la base et dans tous les coins et recoins de la République et de la planète, à la culture de la cohabitation pacifique et de l’inviter à plus de solidarité et d’entraide pendant cette période très difficile.

Aux communautés sœurs des BANYAMULENGE et des BABEMBE :
De reconsidérer leurs positions réfractaires et dangereuses de suspendre leur participation sans aucune raison valable, à la suite du processus du dialogue en cours ;
De retourner à la table de négociations car nous sommes tous convaincus que c’est finalement par ce dialogue que nous souhaitons sincères et sans tabou, où tout le monde est impliqué de près ou de loin, que les préoccupations des uns et des autres, trouveront des solutions idoines ;
Que la communauté des BABEMBE continue à soutenir la médiation confiée librement à l’honorable Norbert BASENGEZI KATINTIMA par les 13 communautés du Sud Kivu pour la poursuite idoine de la conduite du dialogue.
Par la même occasion, nous réitérons notre confiance en sa personne en vue de parachever ce processus du dialogue que nous prévoyons se tenir à Uvira.

Au Gouvernement de la République :
De prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’arrêt immédiat des hostilités en vue de stopper le désastre humanitaire en cours ;
De mettre rapidement en œuvre, le mécanisme déclencheur du dialogue tant attendu dont les documents de travail lui ont déjà été remis par l’équipe de médiation, depuis le 19 octobre 2019 et ce, en vue de répondre avec diligence, aux préoccupations de 13 communautés du Sud Kivu en particulier et de la nation en général;
De s’opposer catégoriquement à l’entrée des troupes armées étrangères dans notre pays, sous prétexte de venir traquer leurs groupes armés qui sèment, depuis de décennies, la désolation dans cette partie du territoire national. La RDC ne doit plus jamais, servir de base arrière des pays voisins en conflits pour venir se régler des comptes dans notre pays.
De doter nos forces armées des moyens tant financiers, matériels, logistiques qu’humains conséquents, en vue de défendre efficacement la patrie en danger ;

A la communauté internationale, par le biais de la MONUSCO :
De s’impliquer davantage et sans parti pris dans la résolution de ces conflits armés qui ont tant duré, et ce, en collaboration avec les FARDC, conformément à la mission qui lui est dévolue par sa hiérarchie ;

Aux organisations internationales humanitaires et de droit de l’homme:
D’apporter assistance urgente et sans distinction aucune, à tous les déplacés de guerre en errance partout où ils sont réfugiés ;
D’accompagner le processus de dialogue en l’appuyant par leur expertise en la matière ;
De se saisir des plaintes des victimes des crimes qui s’avéreraient de génocide, de guerre et contre l’humanité pour que les présumés auteurs soient éventuellement traduits en justice.

Fait à Kinshasa, le 1er novembre 2019

Pour l’Inter-mutuelles et Associations du Sud-Kivu (IMASKI)

Désiré KASHEMWA
Président

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