Office des Routes : des agents dénoncent une mise à la retraite « humiliante » de plusieurs centaines de cadres et agents

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Par Obm Mushamalirwa

L’Office des routes vient de mettre à la retraite plusieurs centaines d’agents et cadres, 800 personnes au total selon un syndicaliste membre du SYNADOR (Syndicat National des agents de l’Office des routes), pas plus de 200, selon une source proche de la direction générale. Outre cette guerre des chiffres, c’est surtout les conditions de cette mise à la retraite qui constitue la véritable pomme de discorde entre ces agents et leur employeur.

En effet, ils sont priés de se retirer sans toucher leur décompte final (indemnité de sortie). Voilà qui donne à cette action un visage inhumain aux couleurs d’un « licenciement massif », à en croire ces agents qui ont rendu, plus de 40 ans durant, de bons et loyaux services à l’Office des Routes. Ils dénoncent aussi des intimidations, des humiliations et des harcèlements sous plusieurs formes de la part du Directeur général Herman Mutima.

PRÊTS À PARTIR, MAIS PAS N’IMPORTE COMMENT

Selon notre interlocuteur, ces agents et cadres arrivés à l’âge de la retraite sont prêts à partir dans les conditions humaines et le respect strict des textes légaux et conventionnels.
Mais tenant compte de l’incapacité de l’Employeur de payer les décomptes finals dans le délai légal et conventionnel, les concernés ont accueilli très favorablement la recommandation du Premier Ministre faite au Directeur Général, par le biais de la lettre N° CAB/PM/CJDHC/PPM-TSH/2019 du 25 juillet 2019 du Directeur de cabinet dont Congo Réformes est tombé sur une copie.
« Après examen minutieux de ce dossier, le Premier Ministre vous enjoint préalablement d’organiser une concertation regroupant l’Inspection Générale du travail (i), l’Intersyndical de l’Office des Routes (ii) et 5 délégués des candidats à la retraite (iii) pour un accommodement sur le paiement des décomptes finals dans les conditions édictées par la Loi et la Convention Collective de l’Office des Routes.
A ces réunions seront associés les représentants du Cabinet du Ministre d’Etat et Ministre du Travail et prévoyance sociale (iv), ainsi que ceux du Ministère des I.T.P.R. (v)», écrit le Directeur de cabinet du Chef du Gouvernement au nom de son patron.

Cependant, les Agents et Cadres de l’Office des Routes éligibles à la retraite disent constater le refus catégorique, par sa lettre n°OR/DG/1514/DAG/DRH/2019 du 06/09/2019, du Directeur Général de l’Office des Routes, Herman MUTIMA SAKRINI, d’exécuter la mesure salutaire du Premier Ministre au regard de la situation qui prévaut à l’Office des Routes.

Ils évoquent aussi des contre-vérités vérifiables, débitées par le Directeur Général dans la même lettre, sans doute pour convaincre, par l’interprétation erronée des textes légaux et conventionnels ; notamment l’article 100 du Code de Travail, la Loi 16/009 du 15 juillet 2016 sur la Sécurité sociale et l’Article 56.5 de la Convention collective de l’Office des Routes relatif au paiement du décompte final (Indemnité de fin de carrière) dont il fait allusion.

Le N°1 de l’O.R ferait croire aux agents que la BAD, Banque Africaine de Développement, pourrait payer les décomptes finals, « tout en sachant que les partenaires techniques et financiers ne financent pas les charges sociales des entreprises. Et la Caisse Nationale de Sécurité Sociale ‘’CNSS’’ ne peut prendre en charge que les travailleurs qui ont régulièrement versé leurs cotisations et après avoir été totalement libérés par leur employeurs. Ce qui est loin d’être le cas de l’O.R ».

DIALOGUER POUR SORTIR DE L’IMPASSE

Selon ces agents éligibles à la retraite, la solution devrait passer par la mise en application de l’injonction du Premier Ministre, reprise dans sa lettre pré-citée, de passer par une concertation d’un panel expressément et clairement identifié, et dont fait partie l’Intersyndicale de l’Office des Routes (et pas le Bureau national), pour trouver une solution apaisée de cette situation qui risque de déboucher sur un conflit professionnel qu’on peut éviter, avec toutes les conséquences qui pourraient s’en suivre. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on.

LE SYNDICAT AU BANC DES ACCUSÉS

Ces cadres et Agents de l’Office des Route accusent leur Bureau Syndical National de complicité et de jouer le jeu de l’Employeur moyennant certains avantages particuliers. Ce qui serait à la base de l’incapacité de ladite délégation syndicale à remplir sa mission de veiller sur les intérêts des travailleurs de l’Office des Routes. Devant une telle situation, ces agents se réservent le droit de manifester leur colère par d’autres moyens plus vigoureuses et n’excluent pas d’organiser des activités de grande envergure dans toutes les provinces.

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