Affaire 15 millions : dépouiller le « Roi SHAKA » de son bouclier pour le poignarder? (Éditorial de Oscar BISIMWA)

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congoreformes.com

En République démocratique du Congo L’affaire de détournement présumé de 15 millions de dollars américains continue à défrayer la chronique. Elle fait le chou gras de tous les tabloïds, les quotidiens et les hebdos, elle fait la une des journaux radio-télévisés et pollue les nouveaux médias.

Cette affaire s’apparente aux circonstances de la mort, survenue en 1828, du Roi des Zoulous « Chaka kaSenzangakhona » aussi appelé Chaka Zoulou ou Shaka Zulu. Selon la légende, le Grand guerrier Chaka serait mort, poignardé par ses demi-frères Dingane et Mhlangane, victime d’un complot orchestré par ses frères et sa tante Mkabayi, avec l’aide d’un de ses hommes de confiance, Mbopa.

L’affaire des 15.000.000 USD n’est pas loin de ce complot qui a eu raison du tout puissant guerrier Sud-africain, après avoir mis loin de lui épée et bouclier.

SÉPARER FATSHI DE VK POUR MIEUX L’ASSOMMER

Comme dans la légende de la mort du Roi SHAKA, ce sont des frères et demi-frères du « Boss » qui sont à la manœuvre pour le poignarder. Le journal le baromètre qui est allé plus loin dans l’enquête cite plusieurs forces qui coalisent pour obtenir le divorce entre Félix Tshisekedi et son inconditionnel allié Vital Kamerhe à la faveur d’un montage au vitriol. Le confrère voit un complot concocté notamment par les officines du FCC mais aussi une main occulte du CACH pour réussir à mater le Président FATSHI, mais pas seulement. Une certaine fratrie qui voudrait contrôler à sa guise un Président qui prend de plus en plus des ailes voudrait d’abord lui voler le bouclier « VK », jugé trop encombrant. Kamerhe aurait construit un mur autour du Président de la République, rendant pratiquement invulnérable celui avec qui il est lié par l’accord de Nairobi, avec qui ils ont promis le changement au peuple congolais.

Pour y parvenir, quelques « demi-frères » se partagent les rôles de Dingane et Mhlangane pour exécuter le complot de la tante Mkabayi du Roi SHAKA. Originaire de la même province que FATSHI, François Muamba, ex collaborateur du président Kabila devenu allié de l’UDPS serait à la manœuvre, avec Marcellin Bilomba, conseiller principal du chef de l’État pour les affaires économiques et financières qui aurait supervisé l’enquête « dirigée » de l’IGF, sans en avoir reçu mandat de sa hiérarchie. Néhémie Mwilanya, Ex Directeur de cabinet de Joseph Kabila et actuel coordonnateur du Front commun pour le Congo est aussi cité par le confrère. Jouerait-il le rôle de la tante Mbakayi qui utiliserait des mains inconscientes contre le roi Shaka? D’autres « demi-frères » du président recrutés notamment au sein d’une société civile créée pour le besoin de la cause à l’image du « collectif des avocats de pacotille » sont mis à contribution pour obtenir le départ de Kamerhe afin de laisser un boulevard vers la cible finale, FATSHI.

LA COULEUR DU COMPLOT

Toutes les sources recoupées par CONGO RÉFORMES sur cette affaire penche vers la thèse du complot. Le noeud du problème c’est, en effet, le détournement présumé d’une somme de 15 millions de dollars américains. De l’argent public qui, selon l’Inspection générale des Finances, aurait dû être placé dans les caisses de l’État à la Banque centrale, mais a été viré en mai dernier – à la demande du ministre de l’Économie par intérim Henry Yav Mulang – sur un compte ouvert dans une banque privée, la Rawbank, au nom du Comité de suivi des prix des produits pétroliers, que préside le ministre.

Henry Yav Mulang, le ministre de l’Économie par intérim, est la personnalité qui, selon l’IGF, signe en date du 16 mai une lettre adressée à la Banque centrale demandant à ce que soit retenue cette décote de 15 % sur l’argent destiné aux pétroliers, et à ce que cet argent soit versé sur le compte du Comité de suivi des produits pétroliers, ouvert à la Rawbank. C’est cet ordre du Ministre qui est considéré par l’IGF comme un détournement.

D’où vient-il finalement que l’on s’acharne sur le Directeur de cabinet du Chef de l’État, lui qui n’est ni le gouvernement ni au gouvernement. Peut-être aurait-il prêté l’ancre de son stylo au Ministre Yav? Même dans ce cas, il ne serait pas auteur de la signature.

Curieusement, Georges Yamba Ngoie, conseiller chargé des questions financières au Cabinet du ministre de l’Économie, et Célestin Twite Yamwembo, secrétaire général à l’Économie nationale, les deux «mandataires » du compte du Comité de suivi des prix pétroliers, qui en principe, sont « comptables » selon l’IGF, de la justification de ces fonds ne sont pas inquiétés. Seul Kamerhe intéresse les missionnaires du complot.

La seule fois où le nom de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du chef de l’État Félix Tshisekedi apparaît dans le rapport c’est là où l’IGF cite sa lettre du 10 mai 2019, demandant à ce que l’argent de la décote soit transféré sur un compte du Comité de suivi du programme du président de la République, qu’il préside. Cette demande n’a jamais été exécutée à ce jour, le ministre ayant donné un ordre contraire, lequel a été exécuté.

Les analystes qui, hier, se perdaient en conjectures sur les raisons de l’acharnement dont est victime le Directeur de cabinet du chef de l’État, semblent désormais réaliser qu’il s’agit de l’exécution du plan de déstabilisation du Président Félix Antoine Tshisekedi, dont la première phase consiste à le séparer avec son allié et Dircab pour le rendre plus vulnérable. La conséquence serait entre autre de réduire l’assiette de légitimité du Chef, notamment en le soumettant à la méfiance de tous ceux qui se reconnaissent en Vital Kamerhe particulièrement sa base de l’Est du pays. En suite, l’imperturbable VK laisserait une porte ouverte dans l’antichambre de FATSHI pour le laisser atteindre par n’importe quel vent. Heureusement, le Chef de l’État et ses « vrais partisans » comprennent déjà mieux que quiconque la tactique de l’ennemi. Se laisseront-ils ébranler par les cris des charognards ? Il y a lieu de douter, car, selon les sources proches du Cap pour le changement, personne, mieux que le Président Tshisekedi, n’est conscient de l’apport du Président de l’UNC dans la conquête du pouvoir et de son rôle dans l’exercice dudit pouvoir pour la réalisation des promesses faites au peuple congolais.

CONGO RÉFORMES

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