Le changement climatique rend les canicules cinq fois plus probables

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Les températures record de la semaine dernière en France et dans d’autres pays d’Europe seront désormais au moins cinq fois plus probables – voire 100 fois plus. En cause : le changement climatique, selon des chercheurs du World Weather Attribution.

Des scientifiques se sont penchés sur la vague de chaleur de juin, en étudiant les températures moyennes sur trois jours à travers l’Europe et en France, où les températures les plus élevées ont été enregistrées.

Les chercheurs y concluent que le changement climatique rend les vagues de chaleur cinq fois plus probables, voire jusqu’à cent fois plus probables.

« Tant les observations que les modèles montrent une forte tendance vers des vagues de chaleur plus puissantes », indique Geert Jan van Oldenborgh, chercheur à l’Institut royal météorologique des Pays-Bas.

« Si la tendance observée des vagues de chaleur se poursuit, avec l’objectif de 2°C de l’accord de Paris, une vague de chaleur comme celle-ci sera la norme en juin.

« Les températures en France pourraient potentiellement atteindre les 50 °C ou plus d’ici à la fin du siècle », si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, craint Robert Vautard, chercheur au CNRS.

« Nous avons vécu une vague de chaleur qui pourrait devenir la norme à la moitié du siècle », affirme-t-il.

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Record de tous temps

La canicule de juin a battu plusieurs records historiques en France, en Suisse, en Autriche, en Italie, en Allemagne, en République tchèque et en Espagne, selon le groupe World Weather Attribution.

Le record de température de tous les temps en France a été battu le 28 juin, avec 45,9°C, contre 44,1°C le précédent record. En Suisse, de nouveaux records du mois de juin ont été atteints dans plus de 40 stations météorologiques, tandis qu’en Autriche et aux Pays-Bas, tout le mois de juin 2019 a été le plus chaud jamais enregistré.

Et la tendance n’est qu’à la hausse. « Chaque vague de chaleur qui se produit aujourd’hui en Europe est rendue plus probable et plus intense par le changement climatique provoqué par l’homme », résument les conclusions du groupe.

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L’étude montre également que les vagues de chaleur sont plus fréquentes et plus graves que ce que les modèles climatiques prédisaient jusqu’à présent.

« C’est encore une sonnette d’alarme : le changement climatique est en train d’arriver ici et maintenant. Ce n’est pas seulement un problème pour nos enfants », estime Friederike Otto, de l’Institut sur le changement environnemental, de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni.

Si la canicule de juin a été particulièrement intense, c’est aussi à cause de circonstances exceptionnelles. « De l’air est arrivé directement et rapidement depuis le Sahara jusqu’à l’Europe, une situation assez exceptionnelle qui n’est cependant pas due au changement climatique », a déclaré Robert Vautard.

L’analyse rapide effectuée par le groupe n’a pas encore fait l’objet d’un examen par les pairs, mais a été rédigée par des scientifiques expérimentés qui connaissent bien les conditions climatiques de la région étudiée.

L’impact complet de la canicule ne sera connu que dans quelques semaines, lorsque les chiffres de la mortalité auront été analysés.

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Par Frédéric Simon

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