RDC-ONU : un financement urgent est nécessaire pour répondre aux énormes besoins humanitaires

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La République démocratique du Congo (RDC), qui est confrontée à l’une des crises humanitaires les plus importantes et les plus complexes au monde, a besoin d’un soutien financier rapide et durable pour venir en aide aux personnes vulnérables, ont déclaré jeudi 21 mars 2019 à Kinshasa la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore, et le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock. Le plan d’intervention humanitaire de 2019 pour la RDC nécessite 1,65 milliard dollars pour fournir une assistance à 9 millions de personnes.
« La transition politique relativement pacifique en République démocratique du Congo est une opportunité que nous devons saisir. Nous pouvons répondre à la crise humanitaire massive et prolongée. Mais, il est urgent que les bailleurs de fonds fournissent un financement supplémentaire généreux alors que les besoins continuent de dépasser les ressources », a dit dans un communiqué de presse conjoint M. Lowcock, qui est le Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies.
Mme Fore et M. Lowcock viennent d’effectuer cette semaine une visite en RDC pour évaluer les besoins humanitaires.

Au moins 13 millions de personnes confrontées à la faim en 2018
Alors que la RDC a fait des progrès ces dernières années dans certaines régions, notamment en réduisant le nombre d’enfants décédés avant l’âge de 5 ans et en scolarisant de plus en plus d’enfants, la situation humanitaire globale reste alarmante.
Le nombre de personnes confrontées à la faim est passé de 7,7 millions en 2017 à 13 millions en 2018. Au moins 4 millions d’enfants souffrent de malnutrition. Le choléra, la rougeole et Ebola continuent de faire de nombreuses victimes.
« La malnutrition aiguë sévère devrait toucher 1,4 million d’enfants de moins de cinq ans cette année et les exposer à un risque de décès imminent », a déclaré Mme Fore. « Dans les régions du pays touchées par un conflit, des enfants et des jeunes ont été recrutés en tant que combattants, agressés sexuellement et privés de services d’éducation, de santé et de protection. Ensemble, la communauté internationale et le nouveau gouvernement peuvent – et devraient – faire mieux pour les enfants ».
À Kinshasa, les deux dirigeants onusiens ont rencontré le Président congolais Félix Tshisekedi, à qui ils ont exprimé la solidarité de l’ONU avec le peuple congolais. Ils ont également rencontré le ministre de la Santé, Oly Ilunga, pour discuter de l’épidémie d’Ebola et d’autres maladies telles que la rougeole, le choléra et la poliomyélite qui affectent le pays.
À Goma, dans la province du Nord-Kivu, à l’est du pays, Mme Fore et M. Lowcock se sont rendus dans un centre fournissant des soins et une assistance aux femmes, y compris aux victimes de violences sexuelles et sexistes. Ils ont rencontré des victimes de viol bénéficiant d’une assistance médicale, psychosociale et juridique, avec le soutien de l’UNICEF et de ses partenaires.
À Bunia, dans la province de l’Ituri, ils ont visité un site pour personnes déplacées. La cheffe de l’UNICEF s’est également rendue à Beni et à Butembo, où elle a visité des installations de traitement du virus Ebola.
Les deux responsables ont convenu qu’une élimination réussie de l’épidémie d’Ebola actuelle nécessitait avant tout un engagement accru et efficace de la population. « Ce n’est que si les populations locales sont pleinement impliquées et consultées que l’épidémie pourra être vaincue », a déclaré M. Lowcock. « Cela signifie les impliquer activement dans la réponse, tout en essayant de mieux répondre à leurs besoins plus larges, sur la base des priorités exprimées par les populations locales. L’insécurité et les activités des groupes armés constituent un problème réel, mais il faut avant tout écouter et travailler avec les populations locales ».

Le CICR à la rescousse de plus de 15.000 personnes à Yumbi

Le Comité internationale de la Croix-Rouge (CICR) en collaboration avec la Croix-Rouge de la RDC a apporté, du 13 au 18 mars 2019, une aide composée des vivres et non vivres à la population de Yumbi, en proie aux violents affrontements communautaires qui ont fait des centaines de morts et des milliers de déplacés parmi les différentes communautés de ce territoire de la province du Maï-Ndombe en décembre 2018.
Selon des sources de cette organisation internationale qui ont livrées cette information vendredi à l’ACP, plus de 15.000 personnes ayant regagné le territoire trois mois après s’être refugiées au Congo voisin ou dans d’autres territoires de la RDC ont bénéficié de ce don.
Cependant, soulignent les sources, des milliers de familles sont encore sans toit et peinent à se nourrir au quotidien, étant donné que leurs maisons ont été détruites dans la violence et se trouvent à présent sans moyens de subsistance.
«Je passe toutes mes nuits à même le sol, sur une natte et à la belle étoile», a témoigné Mme Moseka qui a vu sa maison incendiée alors qu’elle s’y trouvait avec ses petits-enfants, dont trois sont décédés. Elle-même a été grièvement brûlée. Cette femme quinquagénaire, habite désormais chez son fils.
Si les victimes se montrent solidaires entre elles au point de partager leurs repas, les moyens de se procurer de la nourriture font défaut. Ces communautés riveraines du fleuve Congo qui vivent principalement de la pêche et de l’agriculture, ont perdu leurs pirogues et tout le matériel de pêche, tandis que les agriculteurs ont, quant à eux raté le début de la saison agricole qui a démarré en février dernier.
«Les ménages ont perdu presque toutes leurs sources de survie », a indiqué Calvin Mastaki, agronome du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), soulignant que la méfiance est toujours perceptible entre les communautés en conflit. Les agriculteurs et les pêcheurs, qui échangeaient leurs produits, ne se côtoient plus. Ainsi, l’accès à la nourriture devient difficile pour tous.
Face à cette situation préoccupante, le CICR demande aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour que les tensions entre communautés baissent de manière significative, d’assurer la protection de la population et de faciliter l’accès des organisations humanitaires dans la région.
Les violences intercommunautaires, qui ont eu lieu entre le 16 et le 18 décembre dernier à Yumbi, dans la province de Maï-Ndombe, ont causé d’énormes dégâts dans la région. L’ONU parle de plus 500 personnes tuées et 16.000 déplacés. Des centaines de maisons, des écoles et des centres de santé ont été détruits ou incendiés, rappelle-t-on.

 

Cannu

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