RDC: l’épidémie d’Ebola a déjà fait plus de 240 victimes

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Le nouveau bilan de l’épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la RDC depuis le 1er août 2018 s’élève à 241 morts, selon le ministère de la Santé. Dix-neuf personnes sont décédées en cinq jours la semaine dernière. Ces chiffres inquiètent les équipes de riposte, qui doivent déjà travailler dans des conditions difficiles.

La situation est inquiétante et l’épidémie ne semble pas près de s’arrêter dans le Nord-Kivu. D’autant que l’insécurité freine les efforts pour contenir Ebola, comme l’explique Tarik Yacharevitch (Jasarevic), porte-parole de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) : « C’est un contexte très difficile. Il y a eu un grand nombre d’incidents sécuritaires dans les dernières semaines, les derniers mois, qui ont ralenti notre travail. Mais nous sommes là. L’OMS a plus de 300 personnes sur le terrain et nous faisons de notre mieux pour mettre en place toutes les mesures de riposte. »

Dans un tel contexte, il est compliqué d’endiguer correctement la propagation du virus. Les équipes de riposte sont chargées de repérer toutes les personnes ayant été en contact avec un malade, mettre en place des quarantaines. Des mesures contraignantes, parfois envahissantes, qui peuvent susciter des résistances. Par exemple, les morts d’Ebola doivent être inhumés selon une procédure spéciale, « l’enterrement digne et sécurisé ».

Une procédure indispensable, mais compliquée pour les proches des victimes, selon Céline Degen, coordinatrice pour le CICR à Butembo : « Ce sont des gens qui sont habillés de la pointe des cheveux à la pointe des pieds en plastique et qui vaporisent du chlore sur votre proche, sur son cercueil, qui le mettent dans un sac. C’est extrêmement violent. C’est faire violence, en fait, à ces gens qui ont des habitudes et des rites très particuliers et que le virus vient complètement déstabiliser. Et donc, les gens, parfois, peuvent vouloir se cacher d’avoir été malades, vouloir enterrer leurs morts sans en prévenir les épidémiologistes et les médecins. »

Mais, malgré quelques résistances d’une population déjà meurtrie par les violences, la société civile se mobilise, avec des dizaines de volontaires qui sensibilisent aux bonnes pratiques contre Ebola.

L’Union européenne débloque 7,2 millions d’euros pour la lutte

L’Union européenne a alloué 7,2 millions d’euros supplémentaires afin d’intensifier la lutte contre le virus Ebola, qui a déjà fait au moins 153 morts depuis août en République démocratique du Congo.

« La Commission alloue 7,2 millions d’euros supplémentaires pour renforcer sa réponse face au virus Ebola, qui n’est pas encore sous contrôle, en République démocratique du Congo », a annoncé l’Union européenne, dans un communiqué publié le 22 octobre.

Le montant total de la réponse de l’UE face à cette crise s’élève actuellement à 12,83 millions d’euros en 2018. Au moins 153 personnes sont mortes depuis août en RDC, selon un nouveau bilan du ministère congolais de la Santé.

« Gagner la lutte »

« Nous devons gagner la lutte contre le virus Ebola en RDC (…) », a souligné Christos Stylianides, le commissaire de l’UE en charge de l’aide humanitaire et de la gestion de crises. Le soutien de l’UE comprend l’expertise technique, les services aériens humanitaires, le financement de la recherche et l’assistance humanitaire, a-t-il précisé. « Nous travaillons en étroit contact avec l’Organisation mondiale de la santé et les autorités nationales pour lutter contre l’épidémie. Nous ne baissons pas la garde et nous maintiendrons notre assistance aussi longtemps que nécessaire ».

Ce nouveau financement devrait aider les organisations partenaires sur place à déployer des capacités d’appoint dans les zones affectées. Il devrait également permettre d’améliorer la surveillance et les capacités de suivi des victimes d’Ebola, notamment les cas précoces. Le soutien de l’UE couvrira aussi la communication avec les communautés affectées et prévenir la propagation de l’épidémie, notamment en montrant les comportements à adopter. Un soutien psychosocial et une préparation pour des funérailles sûres et dignes sont également prévues dans cette aide de l’UE, note celle-ci.

16 200 vaccinés

Cette dixième épidémie d’Ebola sur le sol congolais a été déclarée le 1er août dernier à Mangina, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC. Depuis, l’épicentre de l’épidémie s’est déplacé à Beni, fief du groupe armé ADF (Allied Democratic Forces) qui multiplie les attaques contre des civils, compliquant la riposte sanitaire. Plus de 16 200 personnes ont déjà été vaccinées.

 

RFI/JA/CR

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