RDC-L’ANC s’inquiète d’un possible « chaos » après une rencontre avec l’opposition congolaise

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Après Bruxelles, l’opposition congolaise s’était donné rendez-vous à Johannesburg mardi 18 septembre 2018. Seuls Moïse Katumbi et Adolphe Muzito ont pu faire le déplacement, les autres leaders étant représentés par de hauts cadres des différents partis. Ils ont échangé avec une délégation de l’ANC conduite par son Secrétaire Général Ace Magashule .

Le Congrès national africain (ANC) recevait ainsi pour la première fois l’opposition congolaise dans son siège à Johannesburg. Les opposants congolais ont pu rencontrer des responsables du parti au pouvoir en Afrique du Sud pour discuter de la situation en RDC et des élections à venir. Une rencontre à l’initiative des dirigeants congolais pour qui il s’agissait de solliciter l’expérience d’un des plus vieux partis de libération du continent.

L’ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud, s’est inquiété d’un possible « chaos » en République démocratique du Congo dans un communiqué co-signé, mardi 18 septembre 2018 à Johannesburg, avec six leaders de l’opposition congolaise à trois mois des élections.

« L’ANC a exprimé des inquiétudes sur la situation qui prévaut en République démocratique du Congo qui, si elle n’est pas maîtrisée en urgence, pourrait conduire au chaos, à l’instabilité et à la violence », écrit le Congrès national africain dans un communiqué publié par son secrétaire général Ace Magashule.

Le communiqué est co-signé par six leaders de l’opposition dont l’ex-rebelle et vice-président Jean-Pierre Bemba et l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, tous deux écartés de la présidentielle prévue le 23 décembre 2018.

« L’ANC soutient le principe d’élections libres, équitables, inclusives et pacifiques en RDC », ajoute son secrétaire général après une rencontre avec une délégation de ces six forces de l’opposition congolaise à Johannesburg.

L’ANC demande au gouvernement sud-africain « de s’engager avec le gouvernement de la RDC et la SADC (communauté pour le développement de l’Afrique australe) » au respect du protocole électoral de la SADC.

« Ces principaux objectifs consistent à promouvoir la tenue et l’observation d’élections démocratiques, fondées sur les principes et les valeurs partagés de la démocratie, la règle de la loi, et le respect des droits humains », ajoute le communiqué.

L’Afrique du Sud de retour sur le devant de la scène diplomatique ?

Depuis l’arrivée de Cyril Ramaphosa au pouvoir cette année, le parti voit d’un nouvel œil la crise congolaise. « Il était connu que l’ANC avait des relations un peu privilégiées avec le parti au pouvoir à Kinshasa, le PPRD ; tel n’est plus le cas puisque l’ANC se fonde sur des textes qui nous régissent tous, en l’occurrence le protocole de la SADC », souligne David Julinot Makelele, le représentant de l’UNC en l’absence de Vital Kamerhe.

Le protocole de la SADC auquel le gouvernement de Joseph Kabila a souscrit. Un moyen de pression, selon Gilbert Kankonde représentant de l’UDPS. « Cela permet justement aux pays de la SADC et à l’Afrique du Sud notamment de jouer un rôle plus actif parce qu’il y a des mécanismes juridiques auxquels notre pays a librement adhéré et qu’il doit absolument respectés », explique-t-il.

L’ANC de son côté a répété son souhait de voir des élections libres, justes et pacifiques se dérouler en décembre.

« Ils ont des clés d’action qu’ils peuvent actionner : ils peuvent demander au gouvernement de s’engager dans certaines directions d’action pour que la situation se décante en RDC et c’est cela que nous avons demandé précisément», précise Gilbert Kankonde.

Avec l’ANC comme facilitateur, l’opposition cherche à maintenir sa pression sur le gouvernement de Joseph Kabila.

Et pour l’Afrique du Sud, il s’agit d’un virage. Depuis son arrivée à la tête de l’ANC et du pays, Cyril Ramaphosa affiche en effet sa volonté de se démarquer de son prédécesseur.

Alors que l’ex-président Jacob Zuma était perçu comme soutenant coûte que coûte le président Joseph Kabila, allant jusqu’à fermer les yeux sur les multiples reports du calendrier électoral, Ramaphosa, lui, a pris une position plus ferme. Il s’est rendu à Kinshasa le mois dernier pour encourager son homologue congolais à ne pas briguer un troisième mandat.

A travers l’ANC, le président Ramaphosa souhaite remettre l’Afrique du Sud sur le devant de la scène. Alors que pendant près de dix ans elle a été absente de la résolution des conflits sur le continent, Pretoria s’est dite prête à s’engager pour que le processus électoral aboutisse en République démocratique du Congo.

L’Afrique du Sud ambitionne donc de retrouver son rôle de faiseur de paix. D’autant plus que le pays siègera au Conseil de sécurité de l’ONU à partir de janvier 2019.

COMMUNIQUE FINAL CONJOINT ENTRE L’ANC ET LA DELEGATION DES PARTIS DE L’OPPOSITION CONGOLAISE

La délégation de l’ANC conduite par son Secrétaire Général a rencontré ce 18 septembre 2018 la délégation des six partis et regroupements de l’Opposition Congolaise.

La délégation des partis et regroupements de l’Opposition congolaise a exposé à l’ANC la situation politique qui prévaut en RDCongo à la veille des élections générales. Elle a exprimé le voeu de voir l’ANC poursuivre son rôle dans la recherche de la paix et de la stabilité en RDCongo.

La délégation des partis et regroupements de l’Opposition voit l’ANC comme un acteur majeur étant donné son implication historique dans la résolution des problèmes de la Région. L’ANC a exprimé sa préoccupation sur la situation qui prévaut en RDCongo, qui si elle n’est pas résolue en urgence, peut conduire le pays au chaos, à l’instabilité et à la violence.

L’ANC se réjouit des bonnes relations qu’elle entretient avec le peuple et le gouvernement congolais et en vertu de cela, elle invite le gouvernement sud-africain à oeuvrer avec le Gouvernement Congolais et la SADC pour tenue des élections qui répondent aux prescrits du Protocole de la SADC sur les élections.

Le principal objectif du Protocole de la SADC consiste à promouvoir la tenue et l’observation d’élections basées sur les valeurs et principes partagés de Démocratie, d’Etat de Droit et de respect des Droits de l’Homme. L’ANC soutient le principe de la tenue des élections libres, transparentes, inclusives et apaisées en République Démocratique du Congo.

Pour l’ANC : Ace Magashule Secrétaire Général de l’ANC

Pour la délégation Congolaise :

Dynamique – Martin Fayulu

Ensemble – Moise Katumbi

MLC – Jean-Pierre Bemba

Nouvel Elan – Adolphe Muzito

UDPS – Félix Tshisekedi

UNC – Vital Kamerhe

 

AFP/CR

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