RDC-Elections 2018 : Elise Muhimuzi appelle à « voter utile, voter pour une femme capable »

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La secrétaire générale de l’Ongd SYFEP (Synergie Femmes Paix et Développement Durable), professeur Elise Muhimuzi Kindja, appelle les électeurs de la République démocratique du Congo (RDC) – tous sexes confondus – à « voter utile » à la présidentielle et aux législatives du 23 décembre 2018 parce qu’il s’agit de « voter pour une femme capable ». Ce plaidoyer, mené au vu de « la représentation stagnante de la femme dans les instances de prise de décisions en RD Congo », vise à atteindre « une grande et générale mobilisation en faveur du VOTE UTILE aux  scrutins combinés ».

« Après plusieurs concertations et rencontres organisées par des Femmes et des
Hommes épris de justice et d’égalité de Genre en RD-Congo, ma modeste personne a reçu la lourde mission de partager avec vous leurs idées et considérations sur le Statut de la Femme congolaise, en général, et, particulièrement, concernant sa représentation dans les organes de prise décisions. En réservant cette première sortie aux Médias, 4ème pouvoir, où, manifestement, la Femme congolaise a su prendre des grades, ces personnes-ressources provenant de plusieurs horizons ont également voulu recueillir auprès, de vous tous, des remarques et suggestions sur leurs réflexions, qui, du reste, se poursuivent », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse jeudi 6 septembre 2018 à Kinshasa, ayant à ses côtés le président du conseil d’administration, Joseph Kakinda Mbwende.

En effet, pour « plus de pertinence et de formalisation de leurs idées », ces Femmes et ces Hommes ont décidé d’animer un espace de travail, inclusif et pro-actif, dénommé « Dynamique des Femmes pour un Vote Utile aux scrutins électoraux de 2018, 2019 et 2020 ».

Même si dans cette appellation, le concept « Femmes » est mis en relief, il
s’agit bien, selon Mme  Elise Muhimuzi, « d’un cadre ouvert également aux hommes » ;s précisant que « le terme +Femmes+ porte ici son autre et noble signification qui englobe aujourd’hui tous les groupes sociaux » dont les défavorisés, notamment dans la gestion directe de la chose publique, c’est-à-dire les Femmes, les Jeunes, les Personnes vivant avec handicap et les Peuples autochtones.

Les Femmes et Hommes épris de justice et d’égalité de Genre en RD-Congo ont, depuis plusieurs décennies, « engagé une lutte pacifique pour justement réclamer plus d’inclusion de ces groupes sociaux au sein des différentes sphères de prise de décisions ».

« Pertinence et légitimité du combat »

« Il y a quelques années, nous avons beaucoup cru à la pertinence et à la légitimité de ce combat, en pensant que les élections prévues par le calendrier électoral allaient susciter et créer plus d’espoir en amenant un grand nombre de personnes provenant de ces groupes sociaux marginalisés dans les instances de prise de décisions. Ces espoirs ont été déçus car les joutes électorales de 2015 (élections législatives provinciales) et de 2016 (élections présidentielle et législatives) n’ont pas été organisées », a-t-elle rappelé.

Cependant, cette flamme « s’est rallumée au début de cette année » (2018) avec tout le travail accompli par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

« Bien plus, depuis le 23 juin 2018, cette centrale électorale a convoqué l’électorat pour les échéances électorales stratégiques du 23 décembre 2018. Des structures associatives ont renforcé leur accompagnement des potentiels candidats provenant des groupes défavorisés susmentionnés. Une fois encore, tous les espoirs étaient permis. Mais, en ce début du mois de septembre 2018 et après la publication, d’une part, des listes définitives des candidats députés provinciaux et, de l’autre, des listes provisoires des candidats députés nationaux et des candidats au poste de Président de la République, bien de personnes ont constaté une répétition de la faible  représentation des Femmes congolaises », a-t-elle séploré.

En jetant « ensemble » un regard sur les différentes statistiques publiées par la CENI et diffusées par les Médias nationaux, concernant la représentation des Femmes congolaises sur les listes électorales, la SYFEP observe que, sur les listes définitives des candidats aux élections législatives et provinciales, il n’y a que 1.842 femmes sur un total de 19.640, soit 11% seulement.

Sur les lustes provisoires des candidats aux législatives nationales, il y a 1.827 femmes sur 15.222 inscrits, soit 12%. Et sur la liste provisoire des candidats au poste de président de la République, seule une femme y figure pour 21 postulants.Ce qui représente le taux dérisoire de 0,2%.

« Il faut noter, concernant la liste des candidats au poste de Président de la République, qu’avec le repêchage du dossier de Mme Marie-José IFOKU, ancienne Vice-gouverneur de la Province de la Tshopo, par la Cour constitutionnelle, une seule femme devrait figurer dans la compétition aux côtés de vingt (20) hommes. Tout cela nous laisse perplexes », se désole la secrétaire générale de la SYFEP.

En fait, la première réflexion serait d’avancer que la représentation de la Femme congolaise dans les sphères de prise de décisions ne connaîtrait point une amélioration notable et qu’il faut vivre avec ce triste sort. « Mais, les Femmes et les Hommes épris de justice et d’égalité de Genre en RD-Congo ont, au cours de leurs récentes rencontres, décidé de travailler avec cette dure réalité. Ils ont ainsi pris l’engagement de requalifier les stratégies de leur combat légitime et de le généraliser le plus tôt possible en donnant un appui spécialement aux Candidates retenues sur les listes électorales définitives », se console Mme Elise Muhimuzi Kindja.

Obstacles « connus et surmontables », pistes de sortie de « crise »

Les obstacles, souvent recensés pour justifier cette sous-représentation des Femmes congolaises, sont connus.

Il s’agit du « faible engagement, dans le chef des Femmes congolaises, à s’occuper de la politique active, de la gestion directe de la chose publique », de la « faible participation aux activités des partis politiques », de la « faible ouverture des chefs des partis politiques, souvent des hommes, pour inscrire des femmes en ordre utile sur les listes électorales », de la « sous-estimation des Femmes entre elles », du « manque de moyens financiers, essentiellement pour payer la caution et s’assurer un budget de campagne conséquent », des « conséquences de la question du nseuil de breprésentarité et celles liées à la manipulation de la machine à voter », des « coutumes rétrogrades et des stéréotypes » ainsi que des « faiblesses du cadre juridique ».

En guise  de pistes de sortie de « crise », ces Hommes et Femmes « épris de justice et d’égalité » ont de déployer un programme pluriannuel « très volontariste et très inclusif » dénommé « Dynamique des Femmes pour un VOTE UTILE aux scrutins de 2018, 2019 et 2020 ».

« Un travail est déjà en cours et vise à : renforcer la synergiè entre les groupes sociaux concernés par ce programme pour arriver à un VOTE UTILE lors des différents scrutins de 2018, 2019 et 2020 ; documenter les différentes faiblesses de l’arsenal juridique afin de développer des activités pertinentes de plaidoyer/lobbying vers les nouvelles instances de prise de décisions devant sortir des scrutins de 2018, 2019 et 2020 ; revisiter les coutumes rétrogrades et autres stéréotypes collés à la Femme congolaise; renforcer les relations avec tous les partenaires techniques et financiers, notamment les MEDIAS, 4è pouvoir, où la Femme congolaise a déjà ses marques; animer un Centre documentaire, possédant des ouvrages pertinents sur le management électoral, un +desk + de consultation Internet, un « desk » de lecture des journaux, un +desk+ de formation; animer des groupes de travail multisectoriels qui vont alimenter le carquois de stratégies déjà en place pour travailler sur des créneaux non encore approchés en RD Congo », a annoncé la secrétaire générale de SYFEP.

Ces créneaux sont le « système de quotas obligatoires » et le « système de cooptation, en plus des femmes régulièrement élues lors des scrutins législatifs, d’autres femmes comme il est fait pour les Chefs coutumiers, dans la proportion de 10% des élus, au niveau des partis politiques de la majorit é et de l’opposition, au regard de leurs poids politiques parlementaires, et de la Société civile ».

 

Angelo Mobateli

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