RDC : Bientôt un marché boursier des pierres précieuses à Goma

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Le vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu (est de RD Congo), Me Feller Lutayichirwa Mulwahale, a présidé jeudi 23 août 2018 à Goma la réunion consacrée à la création  d’un marché boursier des pierres précieuses en vue de permettre à leurs détenteurs de les écouler légalement.

Selon M. Dieudonné Mokili, délégué de la Banque Centrale du Congo qui pris part à cette séance de travail, « l’heure est à la sensibilisation afin d’accompagner les détenteurs des matières précieuses à mettre sur pied un mécanisme efficace et efficient ».

Quatre piliers vont sous-tendre ce mécanisme, à savoir : la syndication minière et financière  afin d’assurer plus de liquidités et une offre permanente, la mise en place de plus de recevabilité et une fiscalité incolore, la traçabilité des matières précieuses et la conception des contrats spots et ceux à terme.

La finalité, pour les requérants, est de bénéficier de la protection officielle en acquérant  un certificat ou titre utilisable dans la négociation d’un crédit bancaire, en attendant que les acheteurs en provenance  de tous les coins du monde puissent venir investir en RDC sans courir desrisques.

A la suite d’un allégement fiscal prévu pour réduire les tracasseries, les creuseurs (miniers artisanaux) seront encouragés à créer des coopératives censées leur permettre de se solidariser et de contracter éventuellement des prêts à la banque pour financer leurs activités.

D’après les initiateurs qui ont reçu un avis favorable du vice-gouverneur, la bourse minière va fonctionner  sous le partenariat public-privé avec la partie gouvernementale,  la Fédération des entrepreneurs du Congo (FEC) et la société civile.

 

Production mensuelle : environ un million de tonnes de minerais

 

Les autorités de la province et la société civile se sont engagées à lutter contre la fraude dans le secteur minier dans le Nord-Kivu. Elles ont lancé une campagne contre cette fraude fin 2017, révélant que 60 % de la production minière échappe au Trésor public de la province.

 

En 2017, le Nord-Kivu a produit plus de 26 millions de dollars dans le secteur minier. Il y en aurait eu plus s’il n’y avait pas de fraude entretenue par des civils, des militaires et des groupes armés. Le gouvernement provincial promet de frapper fort et la société civile réclame un procès public et exemplaire pour tous les présumés fraudeurs déjà arrêtés.

 

La province du Nord-Kivu produit environ un million de tonnes de minerais chaque année, notamment le coltan et la cassitérite. Mais les recettes sont minces à cause de la fraude. En décembre, six véhicules d’ONG ou de particuliers ont été interceptés par les services de sécurité en provenance de Masisi, une zone minière située à 80 kilomètres à l’ouest de la ville de Goma.

Pour le ministre provincial des mines, « c’est une perte énorme pour la province ».

 

« Nous avons attrapé plusieurs personnes en 2017, mais il y a des cas qui dépassent les entendements. Par exemple, cette camionnette interceptée à la frontière entre le Nord Kivu et le Rwanda, qui transporterait plus de 5 tonnes de nos minerais vers le Rwanda. C’est une perte énorme pour notre pays et notre province », explique Anselme Kitakya, ministres des mines.

 

Les présumés fraudeurs recourent à différentes stratégies pour faire sortir les minerais des zones d’extraction de Goma. Des femmes faufilent des colis dans leurs vêtements, des motos cyclistes versent des matières brutes dans les réservoirs de leurs motocyclettes, d’autres dans des bidons remplis de lait.

 

Le 13 décembre 2017, à bord d’une camionnette, plus de 300 kilos de coltan brut ont été saisis.

 

Début 2018, deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années ont été attrapés à la barrière entre Masisi et Goma. Depuis des années, des véhicules sont interceptés à la frontière entre la RDC et le Rwanda.

La Commission nationale de lutte contre la fraude minière promet de redoubler de vigilance malgré les difficultés auxquelles cette région trouble du Kivu est confrontée, promet Daniel Mbayo, son coordonnateur provincial. Il appelle les autorités politiques à soutenir cette lutte.

 

La société civile, elle, demande un procès exemplaire contre les présumés fraudeurs arrêtés. « Nous demandons aux autorités de la RDC de faire un procès exemplaire et rappelons à la communauté internationale qu’il y a crime économique ici et que toutes les personnes impliquées doivent répondre de leurs actes », a déclaré à VOA Afrique Etienne Kambale, rapporteur de la société civile.

 

Le gouverneur joue à l’apaisement pour tous ceux qui réclament un procès. Le numéro un de la province condamne aussi les pays voisins qui seraient impliqués de près ou de loin dans cette fraude de minerais depuis de décennies en finançant les multiples groupes armés au Nord-Kivu.

 

Il y a peu de comptoirs d’achat de minerais opérationnels à Goma et la frontière sur le lac Kivu n’est pas bien surveillée par manque des moyens suffisant pour la force navale congolaise.

 

Bienfait Muniyi./CR

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